Partage d'évangile quotidien
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Et tout sera pur pour vous

Mar. 17 Octobre 2023

N'est-ce pas celui qui a fait le dehors qui a fait aussi le dedans ?

Matthieu (15, 2) comme Marc (7, 5) nous décrivent, dans un épisode dont Luc n'a pas de parallèle, des pharisiens reprochant aux disciples de Jésus de ne pas se laver les mains avant de manger, et Luc seul, dans ce passage dont ni Matthieu ni Marc n'ont de parallèle, nous décrit ce même reproche, mais adressé à Jésus. Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas d'hygiène, dans ces ablutions rituelles, mais de démarcation entre le pur et l'impur, entre le sacré et le profane. Marc (7, 3-4), dont l'évangile s'adresse à des romains, qui ne connaissent pas le judaïsme, explique que ces pratiques rituelles comportent d'autres "lavages", notamment de "coupes, pots et vases" ; que nous retrouvions ici mention de "la coupe et le plat", peut nous faire soupçonner que Luc s'est quand même bien inspiré du passage en question qu'ont Matthieu et Marc, mais en le changeant de contexte...

Car ici, il y a comme un hiatus dans l'opposition entre un dehors qui serait une coupe et un plat, et un dedans qui est le cœur plein de rapacité et de méchanceté ! d'autant que l'affaire débute par le non-lavage des mains. Mais quoi qu'il en soit, l'essentiel du message est clair, c'est d'un rejet pur et simple de toute notion de pureté rituelle qu'il semble s'agir, et on peut difficilement s'en étonner : Jésus rejetait déjà le principe des sacrifices dans le Temple — lesquels pouvaient pourtant se justifier de la Torah écrite (la "Bible" juive) —, alors pour ces pratiques rituelles qui n'avaient pour fondement que la Torah orale (la "tradition des anciens"), des coutumes qui se transmettaient un peu comme une jurisprudence...

Comme opposé à toutes ces pratiques externes, il m'est donc plutôt proposé de me purifier intérieurement, et assez radicalement : cet intérieur, il me faut le donner, il me faut y renoncer, l'offrir, sortir de mon égocentrisme, de ce sentiment inné que j'ai d'être ma propre origine, de m'être fait moi-même, d'être ma propre source. Il ne s'agit pas de m'immoler, de me suicider, de m'écraser, mais seulement de me recevoir, de me vivre comme un don qui m'est fait, de tout temps et pour toujours, dans la vie comme dans la mort.

J'admets volontiers que ce n'est pas moi qui me suis donné à moi-même mon corps ; je peux le soigner et l'entretenir, ou le négliger et le laisser se détériorer, mais je l'ai reçu. Pourquoi n'ai-je pas la même attitude avec mon intériorité, mon psychisme, ma conscience ? N'est-ce pas celui qui a fait le dehors qui a fait aussi le dedans ?

 

 

Alors, comme il parlait,
    un pharisien le convia à déjeuner avec lui,
alors il entra et s'allongea,
    mais le pharisien s'étonna, ayant vu
qu'il n'avait pas d'abord fait d'ablutions
    avant le déjeuner,
    alors le Seigneur lui dit :

« C'est bien vous, les pharisiens !
le dehors de la coupe et du plat,
    vous le purifiez,
mais votre dedans
    est plein de rapacité et de méchanceté ;
insensés ! celui qui a fait le dehors
    n'a-t-il pas fait aussi le dedans ?
l'intérieur, donnez-le seulement en offrande,
    et voici : tout est pur pour vous ! »

(Luc 11, 37-41)

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