Y a-t-il quelqu'un de vivant ici ?
Comme des sépulcres, mais on ne sait pas que ce sont des sépulcres. Tout dans les apparences, tout dans l'extériorisation, rien à l'intérieur, rien de vivant, que du mort. Ils sont en règle avec le règlement, ils paient leur tribut jusque sur le moindre brin d'herbe, mais pour ce qui est du "premier" commandement, l'amour de Dieu et l'amour du prochain (la justice), rien, ils ne savent même pas ce que ça veut dire. Tout dans les apparences, dans le faire-valoir, se faire mousser en société, s'asseoir aux premiers rangs, être reconnus de tout un chacun dès qu'ils sortent dans la rue, mais tout ceci n'est que du vent, que du flan. Et cela ne les empêche pas, au contraire, de discuter et pinailler sur le moindre minuscule obscur point de détail de ces apparences, puisque ce n'est que par cela qu'ils tiennent — mais en fait usurpent — leur position sociale.
Dedans, c'est mort, et le malheur, c'est que cette mort est contagieuse. Par leur exemple, ils entraînent dans leur mort ceux qui se sont fait prendre à leur bonne mine, ceux qui ont cru en eux, ceux qui n'ont jamais imaginé que tout cela n'était qu'un décor. Par contamination, par mimétisme, ils déshumanisent les innocents, les purs, les naïfs, les benêts, qui sont incapables de soupçonner ne serait-ce que la possibilité d'une telle duplicité. À leur décharge, il est vrai, ils ignorent souvent eux-même cette duplicité qui est en eux, ils ne savent pas... "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font". Aveugles qui prétendent guider les aveugles, le plus grand, le pire des péchés, celui qui provoque le plus de mal dans le monde, pourrait bien être celui de l'ignorance : je ne savais pas, nous ne savions pas.
Que faire, alors ? continuer ? s'agiter comme des marionnettes qui ne savent pas quel est le programme qui les mène par le bout du nez ? rester des fantômes, mus par des envies, par l'imitation, par la mode, par les mirages de l'argent et du pouvoir ? par nos "instincts" de vie comme de mort, par les seules nécessités, par toutes les idéologies que nos imaginations fertiles ne sont jamais en peine d'inventer ?
Non ? mais quoi d'autre alors ? ou peut-être que la vraie question est : qui ? pour qui sommes-nous prêts à vivre, vraiment, comme des êtres humains ?
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« Mais honte à vous les pharisiens !
parce que vous payez la dîme sur la menthe et la rue et toute plante,
et vous passez à côté
de la justice et de l'amour de Dieu,
et c'est ceci qu'il fallait faire,
sans négliger cela.
Honte à vous les pharisiens !
parce que vous aimez les premières stalles dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques,
honte à vous ! parce que vous êtes comme des sépulcres
qu'on ne voit pas
et les hommes marchent dessus sans le savoir. »
Répondant alors, un des hommes de loi lui dit :
«Maître, en disant cela, c'est nous aussi que tu insultes ! »,
alors il dit :
« À vous aussi les hommes de loi, honte !
parce que vous chargez les hommes
de charges accablantes,
et vous, même d'un seul de vos doigts
vous ne touchez pas ces charges ! »
(Luc 11, 42-46)

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