Partage d'évangile quotidien
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Trois petites péricopes

Sam. 21 Octobre 2023

Les voies qui mènent à Dieu sont multiples, il n'y en a aucune qui soit exclusive.

Trois petites péricopes, qu'on retrouve chez les trois évangélistes synoptiques, et même souvent en double (en deux endroits différents) chez l'un ou l'autre : c'est dire leur ancienneté, et qu'elles étaient importantes, pour qu'elles soient utilisées dans différents contextes. Il existe d'autres péricopes que celles-ci qui ont ces mêmes caractéristiques, d'ancienneté et d'usage multiple. Luc est le seul a avoir rassemblé ces trois-là à la suite l'une de l'autre. Nous essaierons de trouver un sens à ce rapprochement, même s'il n'est pas forcément évident à première vue.

Dans la première péricope, il est important de remarquer que la symétrie n'est pas complète entre les deux membres de l'alternative : approuver ou repousser Jésus devant les hommes. Pour ceux qui l'approuvent, Jésus témoignera alors en leur faveur devant Dieu. Mais pour ceux qui le repoussent, il n'est pas dit que, lui, témoignera contre eux devant Dieu. Ce serait contradictoire avec le "Père, pardonne-leur" qu'il lance sur la croix au sujet de ceux qui l'ont repoussé de la manière la plus extrême possible. Non, ce n'est pas lui qui viendra s'interposer entre Dieu et ceux qui le rejettent, lui Jésus : ce sont simplement eux-mêmes.

Vient donc ensuite la deuxième péricope, qui nous apporte peut-être quelque lueur sur le sort de ces derniers, ceux qui auront repoussé Jésus : cela leur sera remis ! Ils seront repoussés devant Dieu, mais non définitivement. Cette péricope a toutes les chances d'être authentique, si on se rappelle le critère scientifique le plus fort d'historicité : le christianisme a très vite placé Jésus très haut sur un piédestal, c'est son héros. Et dans la foulée, il est devenu la seule source du salut : nul ne pourrait aller à Dieu sinon en passant par lui, Jésus. Or ici, dans cette péricope, il nous est dit que le vrai porche qui mène à Dieu, c'est l'Esprit saint, l'Esprit de Dieu.

Sans aller jusqu'à dire du mal de Jésus, on peut donc parfaitement, simplement, ne pas nécessairement adhérer à lui, on a le droit de ne pas être sensible à son charisme, qu'il ne nous parle pas vraiment. Rien ne nous y oblige ! Les voies qui mènent à Dieu sont multiples, il n'y en a aucune qui soit exclusive. Pas plus le judaïsme que le christianisme, d'ailleurs. Pas plus le monothéisme que le "polythéisme". Pas plus la religion que l'incroyance... L'Esprit saint, l'Esprit de Dieu, c'est Dieu lui-même, en tant que présent en tout ce qui est. Au commencement, c'est lui qui plane sur les eaux, c'est-à-dire sur le néant, au contact du néant, et c'est lui qui continue toujours d'agir, de l'intérieur, l'être même de tout ce qui est, qui fait exister tout ce qui existe.

Peut-on réellement médire de l'Esprit saint ? personnellement je ne vois pas comment ce serait possible. On peut ignorer complètement son existence, sa réalité, et comment pourrait-on alors en dire quoi que ce soit, ni en bien ni en mal ? ce ne serait que parole en l'air sans aucun fondement. Et si je le connais, alors il m'est impossible d'en dire du mal, car il n'est en aucun cas responsable du mal que, moi, ni qui que ce soit, puisse avoir commis ou commettre. Quand je le connais, il n'y a qu'à moi-même que je puisse m'en prendre de mes choix, et regretter éventuellement de ne pas l'avoir suffisamment écouté ?

Quoi qu'il en soit, nous voici donc au cœur de la troisième péricope du jour : oui, en toute circonstance, si nous savons l'écouter, il n'y a que l'Esprit saint qui puisse nous inspirer la parole, l'attitude, qui conviennent à la situation, puisque c'est lui-même, le seul, qui est présent en même temps en tout ce qui est, en tous et chacun. Qui donc, alors, pourrait être mieux placé que lui pour nous conseiller quoi dire, que faire ?

 

 

    « Aussi je vous dis,
quiconque m'aura approuvé
    devant les hommes,
le fils de l'homme aussi l'approuvera
    devant les anges de Dieu,
mais qui m'aura repoussé
    en face des hommes
sera repoussé
    en face des anges de Dieu ;
    
et quiconque dira une parole contre le fils de l'homme,
    cela lui sera remis,
mais qui aura médit contre l'Esprit saint,
    cela ne sera pas remis :
    
alors quand ils vous feront entrer
    devant les assemblées et les pouvoirs et les autorités,
ne vous inquiétez pas
    de comment ou par quoi vous défendre ou de que dire,
car l'Esprit saint vous apprendra
    à cette heure même ce qu'il faut dire. »

(Luc 12, 8-12)

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