Exulter de joie !
Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! car beaucoup ont voulu contempler ce que vous voyez et n'ont pas contemplé et entendre ce que vous entendez et n'ont pas entendu
C'est maintenant le moment, c'est maintenant le temps, où l'attente depuis des millénaires prend fin. C'est maintenant le moment, le temps, c'était resté caché jusqu'à présent, mais voilà, on y est, ça commence aujourd'hui. Ça y est ! quoi ? le royaume, le nirvana, le moksha, la fin des temps, le paradis, le grand soir... Vous ne le voyez pas ? vous n'y croyez pas ? c'est qu'il faut savoir regarder où il faut regarder, et ce n'est pas donné à tout le monde, effectivement. Les rois et les prophètes du temps passé auraient bien voulu voir ça, mais ils n'en ont pas été capables, et ce sont quelques malheureux pêcheurs, ou autres gens de rien, va-nu-pieds, crève-la-dalle, qui ont ce privilège !
Oui, ce n'est pas donné à tout le monde. C'est caché "à des savants et des intelligents" et révélé "à des simples". Ce n'est quand même pas caché à "tous" les savants et les intelligents, ni révélé à "tous" les simples. On peut être savant ou intelligent ou même les deux et y accéder "quand même", mais ce sera "quand même", ce sera "malgré" ces connaissances ou cette intelligence, car ce n'est pas une question d'intellect, de tête bien pleine, c'est une question de cœur, et que le plus souvent, quand on est une tête, comme on dit, on en est tellement fier qu'on s'y complaît et s'en satisfait, alors on ne voit même pas qu'on manque de l'essentiel, de ce qui est le plus important, l'amour.
Et inversement, s'il est vrai que le plus souvent, quand on n'est pas une grosse tête, on a un cœur qui, lui, est "gros comme ça", ce n'est pas non plus toujours le cas, on peut être aigri par l'adversité de la vie, parce qu'on se fait sans cesse marcher sur les pieds, écraser, humilier, par la société, par les autres, par le système, et on se ferme, on ne voit plus que ça, on accumule de la rancœur, on entre dans la détresse, il n'y a plus de place en nous pour rien au monde que nous-même, malheureusement.
Et deux mille ans plus tard, nous en sommes toujours là ! le royaume est là, le nirvana, le moksha, la fin des temps, le paradis, le grand soir. C'est à nous de le voir, si nous le voulons, si nous le pouvons. Ah ! oui, ce n'est pas quelque chose d'extérieur, ce n'est pas un événement universel qui s'imposerait à tous, et d'ailleurs quel "tous" cela pourrait-il concerner : tous les êtres humains de cette planète considérée comme le centre absolu de l'univers ? non, c'est d'un changement intérieur qu'il s'agit, un retournement, une ouverture, et qui ne sera jamais finie, mais peu importe où nous mène le chemin, du moment que nous l'avons au moins trouvé et commencé de le parcourir, nous sommes déjà dans la joie !
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à cette même heure, il exulta de joie dans l'Esprit saint
et il dit :
« Je te rends grâces, père,
Seigneur du ciel et de la terre !
de ce que tu aies caché ces choses
à des savants et des intelligents
et que tu les aies révélées à des simples :
oui, père !
car c'est ce qui paraissait bon à tes yeux ;
tout m'a été transmis par mon père
et nul ne connaît qui est le fils
sinon le père,
et qui est le père
sinon le fils,
et à qui le fils veut le révéler »
et il se tourna vers ses disciples, à part, et il dit :
« Heureux les yeux
qui voient ce que vous voyez !
car je vous dis
que de nombreux prophètes et rois
ont voulu contempler ce que vous voyez
et n'ont pas contemplé
et entendre ce que vous entendez
et n'ont pas entendu »
(Luc 10, 21-24)

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