Le mystère de l'autre
Assis ou debout ? installés ou en route ? ce monde-ci me convient, ou j'aspire à autre chose ? accepter de me laisser interroger, de remettre en cause mon cadre de pensée, parce que au final, la question n'est pas celle d'un système de pensée, aussi subtilement et suprêmement intelligent qu'il puisse être.
Assis ou debout ? installés ou en route ? ce monde-ci me convient, ou j'aspire à autre chose ? telle est la question finale posée par ce discours "eschatologique", et qui signifie fondamentalement : on ne peut pas enfermer Dieu, on ne peut même pas prétendre s'asseoir sur au moins un minimum qu'on saurait de lui, on ne peut ainsi d'aucune manière se l'approprier.
Si quelqu'un devait posséder l'autre, ce serait lui qui devrait le faire, nous serions sa propriété, ses enfants adoptifs ou pourquoi pas même naturels, et nous aurions alors à négocier avec lui sa bienveillance à notre égard, pour qu'il nous accorde ses faveurs, en échange évidemment de devoirs que nous aurions à lui rendre. Mais il n'est pas comme ça, lui. Lui, ne demande rien, n'exige rien, de personne, pour donner à tous en surabondance.
Et on dira que la religion est l'opium du peuple ? oui, c'est vrai, la religion, parce que précisément toute religion est basée sur une telle prétention à définir, à apprivoiser, ce qui nous échappera toujours. Toute religion prétend jeter des bases, un socle, minimaux, auxquels Dieu serait censé se soumettre : il nous a choisis parmi toutes les nations, il est trois en un, il a parlé à nos prophètes, et tout ceci n'est pourtant pas faux, mais est loin d'épuiser le mystère.
Mais c'est fatiguant de rester toujours face à l'inconnu, alors on sacralise, on fige, on s'arrête là, on se ménage une petite marge d'incertitude, quand même : est-ce que je donne assez aux bonnes œuvres ? est-ce que je vais assez souvent aux offices ? mais pas question que je sorte de mes rails bien tracés, de mes dogmes "vérités éternelles". Il existe pourtant d'autres traditions religieuses, et il ne s'agit pas que je quitte l'une pour adopter l'autre, avec tout autant d'aveuglement.
Mais accepter de me laisser interroger, de remettre en cause mon cadre de pensée, parce que au final, la question de Dieu n'est pas celle d'un système de pensée, aussi subtilement et suprêmement intelligent qu'il puisse être, mais celle d'une rencontre et d'une relation, personnelle, une expérience vivante, et ça, on n'en a jamais fini, on ne peut jamais se dire : ça y est, j'en ai fait le tour, mais au contraire, plus on avance dans la connaissance de l'autre, plus son mystère s'agrandit.
Debout les morts ! levez-vous ! réveillez-vous !
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faites donc attention à vous-mêmes !
de peur que vos cœurs ne soient alourdis
par la gueule de bois ou l'ébriété ou les soucis de la vie,
et ce jour-là tomberait sur vous soudainement
comme un filet,
car il surviendra sur tous ceux qui restent assis
sur la face de toute la terre
mais soyez éveillés en tout temps
en priant,
afin que vous ayez la force
d'échapper à toutes ces choses qui vont arriver
et de vous tenir debout
devant le fils de l'homme
(Luc 21, 34-36)

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