Partage d'évangile quotidien
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Je suis comme je suis ?

Lun. 22 Janvier 2024

Exister, en quelque sorte, c'est tenir son être d'un autre qui nous l'a donné, ou peut-être seulement prêté ? Il n'est pas obligatoire de nommer cet autre, celui-ci qui est l'être en soi, Dieu, l'univers...

"exister", étymologiquement signifie "être placé hors de". Exister, c'est donc se trouver en-dehors. En-dehors de quoi ? en-dehors de ce dont nous avons reçu l'existence, de ce qui nous l'a donnée. Exister, en quelque sorte, c'est tenir son être d'un autre qui nous l'a donné, ou peut-être seulement prêté ? Il n'est pas obligatoire de nommer cet autre, celui-ci qui est l'être en soi. On peut bien sûr y reconnaître le concept de Dieu, notamment quand on pense à son nom dans la tradition hébraïque (YHWH : je suis le je suis), mais on peut aussi bien l'identifier comme étant la nature, l'univers, cela qui est indubitablement, même avant le big-bang...

Le péché, fondamentalement, c'est d'ignorer cela. Vivre comme si nous étions la seule mesure de notre existence, la seule norme, donc comme si nous étions notre propre source, comme si nous nous étions donnés à nous-même notre existence. En ce sens, nous naissons dans le péché, c'est d'une certaine manière notre condition originelle, à la fois terriblement dépendants de ceux qui nous ont "transmis" (plutôt que "donné") la vie, et n'ayant qu'un seul objectif, devenir indépendants, ce que nous confondons avec n'exister que par soi-même et pour soi-même. Ce n'est pas notre faute, c'est inévitable : exister, c'est être hors de.

Il ne s'agit cependant pas d'en rester à s'en désoler ...et de continuer sans rien y changer. La vieille maxime le dit "errare humanum est, sed perseverare diabolicum". L'erreur est humaine, c'est la condition dans laquelle nous venons au monde, nous croyons être notre propre origine, ceci est évidemment pardonnable puisque nous n'y sommes pour rien ; ce qui ne l'est plus, c'est d'en rester là, et sur ce coup-là, nous ne pouvons ne nous en prendre qu'à nous, si nous choisissons de ne rien faire, si nous refusons d'évoluer, si nous prétendons continuer indéfiniment à ne compter que sur nous-même.

C'est ça, le blasphème contre l'Esprit : refuser de m'ouvrir à ce qui m'a donné l'existence, et si c'est irrémissible, c'est simplement parce que moi seul puis le faire...

 

 

et les scribes, ceux qui étaient descendus de Jérusalem,
    disaient
« il a Béelzeboul »
et « c'est par le chef des démons
    qu'il jette dehors les démons »
alors les ayant appelés à lui il leur disait en comparaisons

« comment peut-il satan jeter dehors satan ?
car si un royaume est divisé contre lui-même
    ce royaume ne peut tenir
et si une maison est divisée contre elle-même
    cette maison ne pourra tenir
et si le satan s'est levé contre lui-même et a été divisé
    il ne peut tenir, mais il est fini
    
or personne ne peut, étant entré dans la maison du fort,
    piller ses biens
s'il n'a d'abord lié le fort
et alors il pillera sa maison
    
amen je vous dis
que tout sera remis aux fils des hommes
    les péchés et les blasphèmes autant qu'ils auront blasphémé
mais qui aura blasphémé contre l'esprit saint
    n'a pas de rémission pour l'éternité
car il est pris d'un péché éternel »

    c'est qu'ils disaient
« il a un esprit impur »

(Marc 3, 22-30)

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