Une femme
Il est certain qu'un homme ne peut pas comprendre comme une femme ce que c'est que d'avoir porté un enfant pendant neuf mois et de l'avoir mis au monde. Les deux, cependant, peuvent se rejoindre dans l'étonnement, l'émerveillement, devant cette petite chose : comment est-ce possible que ceci soit sorti de nous, il y a bien là, dès les origines, quelque chose qui nous dépasse, cela vient de bien plus loin que nous, cela a eu besoin de nous mais a son origine et sa finalité au-delà de nous. Nous prêtons juste notre concours à des desseins, auxquels nous pouvons refuser de prendre part, ou choisir d'y concourir, à nous de voir.
Un enfant est né, et comme tous les enfants il vient de cet au-delà, il vient de Dieu. Celui-ci, peut-être plus particulièrement ? un certain nombre d'événements, de circonstances, ont pu entourer sa conception — des anges, des messagers et leurs messages, en ont prévenu les heureux parents —, ainsi que sa naissance ; alors tous ceux qui ne sont guère que des spectateurs de ces faits s'étonnent, s'émerveillent, sont ébahis, stupéfaits, mais en resterons vraisemblablement là (parce qu'ils ne sont pas directement et personnellement concernés), tandis que la principale intéressée, celle qui y a concouru au plus près, ne le peux pas ; elle ne peux pas oublier tout cela, tout ce qu'elle a vécu jusqu'au plus intime de sa chair et de son être. Elle ne comprend pas tout ? elle ne le rejette pas pour autant, cela reste là en elle, et le restera toujours.
Dans son cœur : quand l'extraordinaire touche nos vies, deux tentations se présentent. La première, c'est de ne pas y croire, de se dire (malgré les évidences) que ce n'est pas possible, et vite enfouir tout ceci aux oubliettes ; en général, on commence alors à aller de plus en plus mal, psychiquement ou physiquement, sans pouvoir comprendre pourquoi, et cela ne pourra qu'empirer toujours plus, si on ne revient pas dessus ce refus de voir l'évidence. La seconde tentation est de nous en attribuer le mérite, n'est-ce pas : si cela nous est arrivé, c'est forcément parce que cela nous était dû, d'une certaine façon, même si nous n'avons aucune idée de ce qui nous vaudrait une telle distinction...
Marie, elle, médite ; elle ne renie pas ce qui se passe, elle ne s'en considère pas non plus l'origine, elle constate et accepte, sans orgueil ni fausse modestie.
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et les bergers sont venus en hâte
et ils ont trouvé et Marie et Joseph,
et le nouveau-né couché dans la mangeoire
alors, ayant vu, ils ont fait savoir
les paroles qui leur ont été dites au sujet de cet enfant
et tous, en les entendant, furent stupéfaits
de ce qui leur était dit par les bergers
mais Marie conservait toutes ces paroles
les méditant dans son cœur
et les bergers s'en retournèrent
glorifiant et louant Dieu
pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu
conformément à ce qui leur avait été dit
et quand furent accomplis les huit jours
pour le circoncire
il fut appelé de son nom, Jésus,
dont il avait été appelé par l'ange
avant qu'il ait été conçu dans le ventre
(Luc 2, 16-21)

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