Partage d'évangile quotidien
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Hommage au précurseur

Ven. 2 Février 2024

Quel que soit le type d'expérience de la transcendance dont on peut être bénéficiaire, il est nécessaire qu'elle soit authentifiée par un autre qui en a une lui aussi ; tel a été le rôle fondamental du Baptiste pour Jésus.

On peut se demander ce que vient faire cette histoire quelque peu libidineuse et grand-guignolesque dans les évangiles. Le moins qu'on puisse dire est qu'elle détonne ! Matthieu, pourtant, la rapporte lui aussi. Luc, pour sa part, mentionne seulement l'arrestation du Baptiste parce qu'il reprochait à Hérode son mariage avec la femme de son frère. Jean l'évangéliste n'en dit rien, mais on peut comprendre dans tout ça que le Baptiste a sûrement été très important, au moins aux origines du mouvement des adeptes de Jésus.

De fait, il ne fait guère de doutes que les tout premiers disciples de Jésus avaient été auparavant disciples du Baptiste, que c'est ce dernier qui a désigné Jésus comme étant celui dont il avait été chargé de préparer la venue, mais que l'évolution du style du ministère de Jésus par la suite a décontenancé le Baptiste, au point que certains de ses disciples, qui avaient hésité à suivre Jésus, s'en sont trouvés confortés dans leur choix, voire peut-être même que d'autres qui l'avaient laissé sont revenus ensuite à lui.

On sait, en tout cas, que le clan des adeptes du Batiste était loin d'être négligeable après la mort de Jésus, et qu'il a même survécu jusqu'à nos jours encore... Il y avait donc une certaine concurrence, mais si Marc comme Matthieu ont tenu à rapporter ce qui n'est peut-être même qu'une légende sur les circonstances exactes de la mort de Jean, c'est sans doute plutôt comme hommage, en reconnaissance pour le rôle qu'il a eu en lançant, en quelque sorte, Jésus, comme celui qui avait donc été le maître de leur maître.

Reste peut-être à comprendre ce qu'ils avaient en commun et ce qui les différenciait au point que le premier ait pu finir par douter, se demandant s'il ne s'était pas trompé. La raison en semble alors dans les types d'expérience de la transcendance de l'un et de l'autre. Jean, vraisemblablement, a plutôt bénéficié de ce genre d'expérience qui est ponctuelle, comme une grande révélation à un moment de la vie, qui la bouleverse du tout au tout, et qui va rester dans la mémoire et orienter et alimenter toute la vie ultérieure.

L'autre type d'expérience est, elle, plutôt continue. Il n'y a pas de grand bouleversement ponctuel, même s'il y a quand même un commencement, mais ce n'est justement qu'un commencement, fragile, sans guère de signification claire, avec juste cette intuition que ce début est destiné à comporter une suite, et il s'avère ultérieurement que c'est le cas. Dans ce type-là, l'expérience progresse seulement pas à pas, s'approfondit au fur et à mesure, mûrissant lentement mais sûrement.

C'est sans doute de ce type-là qu'était celle de Jésus. Même son baptême n'a pas nécessairement été cette expérience forte qu'en font les synoptiques, du moins pas pour lui-même, et si on en croit plutôt l'évangile de Jean, qui ne parle pas de théophanie publique, mais dit que c'est le Baptiste seul qui a vu l'Esprit descendre du ciel sur lui comme une colombe... Jésus n'a découvert que progressivement où le menait cette histoire, quand Jean savait dès le début ce que, lui, avait à faire.

Mais quel que soit le type d'expérience de la transcendance dont on peut être bénéficiaire, il est nécessaire qu'elle soit authentifiée par un autre qui en a une lui aussi, même de type différent. Tel a été le rôle fondamental du Baptiste pour Jésus.

 

 

et le roi Hérode a entendu
    car son nom est devenu fameux
    et ils disaient
« Jean, celui qui baptise,
    s'est réveillé d'entre les morts
c'est pour cela que les puissances opèrent en lui »
    mais d'autres disaient
« c'est Élie »
    d'autres encore disaient
« un prophète comme l'un des prophètes »
    et ayant entendu Hérode disait
« Celui que moi j'ai décapité
    Jean
c'est lui qui a été réveillé »
    
car c'était lui, Hérode,
    qui a envoyé et a saisi Jean
et l'a lié en prison
    à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère
parce qu'il l'avait épousée
    et Jean disait à Hérode
« il ne t'est pas permis
    d'avoir la femme de ton frère »
aussi Hérodiade le haïssait-elle et voulait le tuer
    mais elle ne le pouvait pas
car Hérode craignait Jean
    le sachant homme juste et saint ; et il le protégeait
et quand il l'entendait il était très perplexe
    et volontiers il l'entendait
    
mais arriva un jour d'opportunité
quand Hérode à son anniversaire
fit un banquet pour ses princes
    et les officiers et les premiers de Galilée
et qu'étant entrée la fille de cette Hérodiade et ayant dansé
    elle plut à Hérode et aux convives
    et que le roi dit à la jeune fille
« demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai »
    et qu'il lui jura
« quoi que tu me demandes je te le donnerai
jusqu'à la moitié de mon royaume »
    alors étant sortie elle dit à sa mère
« que demander ? »
    et elle dit
« la tête de Jean, celui qui baptise »

et étant aussitôt entrée en hâte auprès du roi
    elle demanda en disant
« je veux que tout de suite
    tu me donnes sur un plateau
la tête de Jean le baptiseur »
et étant devenu profondément affligé
mais à cause des serments et des convives
    il ne voulut pas la trahir
et ayant aussitôt envoyé un bourreau
    le roi commanda d'apporter sa tête
et étant parti il le décapita dans la prison
et apporta sa tête sur un plateau
    et la donna à la jeune fille
et la jeune fille la donna à sa mère

et ayant entendu
ses disciples vinrent et prirent son cadavre
    et le mirent dans un sépulcre

(Marc 6, 14-29)

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