Partage d'évangile quotidien
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Atteindre à l'universel

Sam. 23 Mars 2024

Que faisons-nous ? car cet homme fait beaucoup de signes ; si nous le laissons continuer ainsi tous croiront en lui et les Romains viendront et ils nous détruiront : et le lieu, et la nation !

Voici donc la raison pour laquelle Jésus est mort : pas pour des questions religieuses, en tout cas pas directement. Certes il se comportait comme un véritable poil à gratter pour tous les tenants d'une religion qui n'en resterait qu'à des pratiques extérieures, et cela ne pouvait donc qu'irriter la hiérarchie, les chefs, grands prêtres ou pharisiens, dont le pouvoir, et éventuellement les richesses aussi, dépendaient d'une telle conception du religieux. Mais s'il n'y avait eu que ça...

Certes aussi il y avait le fait que ce Jésus avait su s'attirer les sympathies d'une foule nombreuse, il faut dire qu'avec ses dons de guérisseur c'était joué d'avance, mais en soi cela encore importait peu, il s'agissait essentiellement de petites gens, qui n'avaient donc aucun pouvoir, sauf bien sûr à ce qu'ils se mettent à avoir des idées d'insurrection. Or, c'est le même évangéliste, Jean, qui le dit : lors de la multiplication des pains, la foule était prête à marcher sur Jérusalem en emmenant de force Jésus pour le faire roi...

Et si ces notables n'ont évidemment aucune intention de se laisser dépouiller de leur sinécure, il y a une autre raison qu'ils invoquent ici : qu'un mouvement insurrectionnel ne pourrait qu'entraîner une répression féroce, violente, de Rome : c'est Rome qui décide de qui détient le pouvoir civil dans tout son empire, pas les peuples qu'il a soumis ! d'autant qu'en voulant porter Jésus au pouvoir, pour le peuple l'objectif était évidemment qu'il chasse les romains d'Israël, comme si cela aurait été possible...

De ce point de vue, le sanhédrin avait donc raison, pour protéger non seulement le Temple ("le lieu") mais encore le pays dans son ensemble, y compris ce peuple contre lui-même, il fallait impérativement mettre fin à ce péril Jésus, il fallait que cette espérance messianique qui s'était emparée du peuple cesse, il fallait que meure le supposé messie, et pour cela il suffisait, après l'avoir arrêté, de le remettre à l'autorité romaine laquelle, s'agissant d'un illustre inconnu, le mettrait simplement à mort, et fin du problème...

Jésus comprenait certainement tous les tenants et aboutissants de cette situation, alors que lui-même ne s'inscrivait sûrement pas dans une telle lecture de sa propre religion : il parlait, lui, d'une relation personnelle avec celui qu'il appelait le Père, lequel résidait donc en chaque personne et non dans un bâtiment aussi extraordinaire pusse-t-il être. Croyait-il à une certaine préférence de ce Père pour le peuple dont il était, lui, issu, ce n'est même pas certain ; mais c'était à ce peuple qu'il se devait de témoigner jusqu'au bout en acceptant de mourir pour lui. Pour qu'ainsi ce peuple puisse accéder à ce dépassement de lui-même, atteindre à l'universel au-delà de tout particularisme, de tout chauvinisme, qu'il soit géographique, "racial", religieux, ou quoi que ce soit d'autre encore.

 

 

alors beaucoup des Judéens qui étaient venus auprès de Marie
    et avaient vu ce qu'il avait fait [réanimer Lazare]
crurent en lui
mais certains d'entre eux s'en allèrent vers les pharisiens
    et leur dirent ce qu'avait fait Jésus
aussi les grands prêtres et les pharisiens
    réunirent-ils un sanhédrin et ils disaient
« que faisons-nous ?
    car cet homme fait beaucoup de signes
si nous le laissons continuer ainsi tous croiront en lui
    et les Romains viendront
    et ils nous détruiront et le lieu et la nation »

cependant l'un d'entre eux, Caïphe
    qui était le grand prêtre cette année-là, leur dit :
« Vous n'y connaissez rien, vous ne comprenez pas
qu'il est préférable pour nous
    qu'un seul homme meure pour le peuple
    plutôt que la nation entière périsse ? »
or ceci ce n'est pas de lui-même qu'il l'a dit
    mais étant grand prêtre cette année-là, il a prophétisé
que Jésus allait mourir
    pour la nation
    et pas seulement pour la nation
    mais aussi afin que, les enfants de Dieu dispersés
il les rassemble dans l'unité

ainsi de ce jour-là
    ils ont été déterminés à le tuer
Jésus donc ne marchait plus en public
    parmi les Judéens
mais s'en alla de là dans la région proche du désert
    dans une ville appelée Ephraïm
et là il demeura avec les disciples

ensuite elle était proche la Pâque des Judéens
et beaucoup montèrent de la région à Jérusalem
    avant la Pâque pour se purifier
et ils cherchaient Jésus
    et se disaient les uns aux autres en se tenant dans l'enceinte du temple
« qu'en pensez-vous
    qu'il ne viendra certainement pas à la fête ? »
car les grands prêtres et les pharisiens
    avaient donné un ordre
si quelqu'un savait où il était, qu'il le fasse savoir
    pour qu'ils l'arrêtent

(Jean 11, 45-57)

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