Qu'ils soient un
On n'a pas besoin de la transcendance, pour comprendre, ressentir, et vivre, l'amour à l'égard de tous les êtres humains, et même à l'égard de tout ce qui peuple l'univers dans le respect de la nature
Afin qu'ils soient un, comme nous : comme nous sommes un. On se souvient (Jean 10, 30) que Jésus avait revendiqué pour son compte cette unité dans une formule — moi et le Père sommes un — qui aurait pu lui valoir la lapidation. On lui reprochait alors de s'identifier par là à Dieu, mais ce n'était pas le cas, il n'avait pas dit "je suis Dieu" mais qu'ils étaient unis, tout en restant deux, distincts. Et c'est exactement ce dont parle le "dogme" des deux natures en Jésus : son humanité est unie à sa divinité, sans séparation (il n'y a qu'un Jésus), mais sans confusion (son humanité n'est pas la même chose que sa divinité, et réciproquement).
Comment comprendre alors ce souhait : que ses disciples soient un "comme nous". On comprend généralement cela de manière assez équivalente à l'appel à l'amour fraternel, aimez-vous les uns les autres. Qu'ils soient un signifierait cela, qu'ils forment une unité fraternelle, une communauté ou mieux une communion, et pour beaucoup le christianisme se résume à cela, à cet idéal de fraternité, et sororité..., universelles. Le thème est effectivement assez omniprésent dans les évangiles, pour qu'on lui accorde une place centrale, voire exclusive. Être chrétien, ce serait cela, aimer les autres, en commençant surtout par les plus pauvres, les plus petits.
Oui, mais, a-t-on vraiment besoin de croire en Dieu pour ça ? j'en doute... C'est bien sûr un idéal admirable, et à conserver dans tous les cas, mais il ne faut pas s'étonner après ça de la désaffection à l'égard des religions, car si elles se réduisent à cela seul, alors elles ne sont effectivement plus utiles. On n'a pas besoin de l'hypothèse Dieu, on n'a pas besoin de la transcendance, pour comprendre, ressentir, et vivre, l'amour à l'égard de tous les êtres humains, et même à l'égard de tout ce qui peuple l'univers dans le respect de la nature ; l'immanence ici suffit, nous provenons tous de la même source, nous avons tous la même origine, plus ou moins lointaine...
L'autre façon de comprendre "qu'ils soient un comme nous" peut alors être : que chacune et chacun d'entre eux soient un avec toi, Père, comme nous sommes un, moi et toi. C'est pratiquement la même chose, au fond, avec peut-être quand même une petite nuance, non ?
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et je ne suis plus dans le monde
mais eux sont dans le monde
et moi je viens à toi
Père saint
garde-les dans ton nom, ceux que tu m'as donnés
afin qu'ils soient un
comme nous
quand j'étais avec eux
moi je les gardais dans ton nom, ceux que tu m'as donnés
et j'ai veillé et aucun d'eux ne s'est perdu
— sinon le fils de la perdition
afin que l'Écrit soit accompli —
mais maintenant je viens à toi
et je dis ceci dans le monde
afin qu'ils aient ma joie
en plénitude en eux
moi je leur ai donné ta parole
et le monde les a haïs
parce qu'ils ne sont pas du monde
comme moi je ne suis pas du monde
je ne te demande pas de les enlever du monde
mais que tu les gardes du méchant
ils ne sont pas du monde
comme moi je ne suis pas du monde
sanctifie-les dans la vérité
(ta parole est vérité)
comme tu m'as envoyé dans le monde
moi aussi je les ai envoyés dans le monde
et pour eux je me sanctifie
afin qu'ils soient eux aussi
sanctifiés dans la vérité
(Jean 17, 11-19)

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