Partage d'évangile quotidien
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Ne craignez pas !

Sam. 13 Juillet 2024

Rien de voilé qui ne sera dévoilé, ni rien de caché qui ne sera connu ; ce que je vous dis dans les ténèbres, parlez-en dans la lumière ! et ce qu'à l'oreille vous entendez, clamez-le sur les toits !

Ne craignez pas ceux qui tuent ..."seulement" le corps ; ne craignez pas de mourir : qui peut comprendre cela, qui peut l'envisager sereinement ? peut-être parmi celles et ceux qui en sont passés très près ? ou du moins qui, à cette occasion, ont bénéficié d'une expérience "mystique" ? peut-être est-ce d'ailleurs ce dernier point qui compte, puisqu'il semble que, selon leurs témoignages (cf. par exemple le très intéressant "La mystique sauvage - Aux antipodes de l'esprit" de Michel Hulin), c'est une des caractéristiques les mieux partagées, quel que soit le type précis d'expérience vécu, que la mort ne leur fait plus autant peur, qu'une sorte d'assurance ou de pacte s'est lié avec la vie ou avec l'univers comme quoi cette vie a un sens, a du bon, en soi, quelle qu'en soit l'issue. Quelle qu'en soit l'issue : qu'il y ait ou non quelque chose de mon être actuel qui me survive, autrement dit qui survive à la mort de ce corps auquel je suis forcément plus ou moins identifié dans cette vie-ci.

Dans l'anthropologie biblique, la question ne se posait pas vraiment : l'être humain est "âme vivante", ce qui signifie âme incarnée, âme animante ; le corps n'existe pas par lui-même, et quand l'âme cesse de lui donner la vie, il ne mérite même plus le nom de corps, mais seulement celui de cadavre, ce n'est plus que de la matière, de la poussière, qui retourne à la poussière. Mais l'âme, elle, ne meurt pas. La suite n'est pas forcément très claire. Il peut être question du shéol, le séjour des morts, où l'âme subsisterait comme une ombre, en attendant sa résurrection. Jésus, lui, parle de Abraham, Isaac et Jacob (et pourquoi pas tous les morts "méritants") comme vivants, d'une manière qui semble toute autre que cette seule survie en suspens dans le shéol, mais sans plus de précisions.

Il y a une ambiguïté, ici, sur "qui est capable d'anéantir et âme et corps". Ce "qui" est au singulier, par opposition aux "ceux" qui peuvent tuer le corps seul. Certains en ont conclu que ce "qui" désigne Dieu. Effectivement, il n'y a guère que celui qui a créé les âmes qui puisse les détruire, au final. Mais on voit mal qu'il veuille vraiment le faire, comme s'il était possible qu'il n'y ait strictement rien qui puisse en être sauvé, comme s'il était possible qu'une personne soit entièrement pervertie dès sa conception : cela signifierait qu'elle aurait été conçue ainsi, et il faudrait alors en incriminer ...celui qui l'a créée ! Cette interprétation ne tient donc pas la route, on a plutôt affaire ici à une mise en garde contre un "qui" générique (on pourrait dire "quiconque") désignant ceux ou celles qui pervertiraient les âmes.

Mais qu'est-ce exactement qui me survivrait, qui survivrait à la mort de ce corps ? ce principe de vie qui l'a animé, comment puis-je me le représenter ? est-ce que ce serait un peu comme si mon psychisme, tel que je le connais et le vis actuellement, perdurerait au-delà de la mort du corps ? et tout particulièrement au sein, au cœur, de ce psychisme, mon "moi", ce "je" auquel je m'identifie ?

Certes, si j'envisage dans cette vie-ci la disparition de ce "je" ou ce "moi", j'ai l'impression qu'il ne reste alors absolument plus rien de "moi", précisément...

Et pourtant, n'est-ce pas si j'arrive à passer au-delà de cette impression, que j'atteins enfin à une vraie liberté, totale, absolue ?

 

 

un disciple n'est pas
    au-dessus du maître
ni un serviteur
    au-dessus de son seigneur
il suffit au disciple
    qu'il devienne comme son maître
et au serviteur
    comme son seigneur
s'ils ont appelé le maître de la maison Béelzéboul
    combien plus ceux de sa maison...
donc ne les craignez pas !

aussi rien de voilé
    qui ne sera dévoilé
ni rien de caché
    qui ne sera connu
ce que je vous dis dans les ténèbres
    parlez-en dans la lumière !
et ce qu'à l'oreille vous entendez
    clamez-le sur les toits !

et ne craignez pas ceux qui tuent le corps !
    mais ne sont pas capables de tuer l'âme
mais craignez plutôt qui est capable
    d'anéantir et âme et corps dans la géhenne !
est-ce que deux moineaux ne sont pas vendus un sou ?
    et pas un d'eux ne tombe sur la terre
    à l'insu de votre père
eh bien de même les cheveux de votre tête
    sont tous dénombrés
donc ne craignez pas !
    vous êtes plus précieux
    que beaucoup de moineaux

aussi quiconque se prononcera pour moi
    devant les hommes
je me prononcerai moi aussi pour lui
    devant mon père qui est dans les cieux
mais qui me reniera
    devant les hommes
je le renierai moi aussi
    devant mon père qui est dans les cieux

(Matthieu 10, 24-33)

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