Délivrances
Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
voir aussi : Au nom du miséricordieux, Double délivrance
Curieusement, Marie venue rendre visite à sa 'cousine' au sixième mois de sa grossesse, et restée auprès d'elle 'environ' trois mois, serait repartie juste à la veille de l'accouchement ! Perso, j'ai du mal à comprendre le pourquoi du comment ... Sans doute la vierge qui n'a pas encore enfanté n'aurait-elle pas pu grand chose pour assister Élisabeth lors de sa délivrance, mais ne serait-ce que comme soutien moral, signe d'amitié et d'affection ? D'un autre côté, Luc ne peut pas montrer de relations trop suivies entre les deux mères, sinon on ne comprendrait pas comment il se faisait que les deux 'cousins' ne se connaissaient pas lors du baptême de Jésus par Jean ...
Exit donc l'attendrissement de la visitation, les relations de parentèle, et les trois mois partagés entre deux cousines enceintes aux deux extrémités les plus extrêmes des âges pour engendrer. C'est maintenant le tour du voisinage, du village, enfin fier de la maternité d'une de ses ancêtres. Ajoutons ce mystérieux mutisme du père depuis la conception, et cette histoire incroyable d'un prénom venu de nulle part : tous les ingrédients sont en place pour lancer le mythe du héros.
Les premiers chrétien ont eu du mal à se débarrasser du passé de leur maître comme disciple de Jean. Dans leur programme visant à construire à Jésus une stature surhumaine, l'évocation de liens familiaux entre les deux personnages sous-entend que c'est pas affection et respect de son cousin aîné que Jésus l'aurait fréquenté. C'est toujours cette même erreur qui oublie qu'en désincarnant Jésus, en gommant tout ce qui le rattache à notre condition commune, on le ravale au même rang que tous les autres panthéons dont l'histoire des civilisations est remplie. Jésus fut disciple avant de prendre son essor comme maître. Comme tout le monde, il n'eut pas la science infuse. Il a cherché sa voie, et c'est ainsi qu'il nous touche.


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