Partage d'évangile quotidien
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Promesse tenue

Mar. 3 Décembre 2013

Luc 10, 21-24 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

À cette heure même il exulte dans l'Esprit saint. Il dit : « Je te célèbre, père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu caches bien des choses à des sages et des sagaces et que tu les révèle à des tout petits. Oui, père : tel est le choix de ton amour. 

« Tout m'a été livré par mon père : nul ne connaît qui est le fils, sinon le père, et qui est le père, sinon le fils, et à qui le fils a dessein de le révéler. » 

Se tournant vers ses disciples, à part, il dit : « Heureux les yeux qui regardent ce que vous regardez ! Car je vous dis : de nombreux prophètes, des rois ont voulu voir ce que vous, vous regardez, et n'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et n'ont pas entendu ! » 

 

 

Regarde dans le ciel, par He-Qi

 

 

voir aussi : Privilégiés, Dévoilements, Révélations, Habitants des cieux

Après l'affirmation, hier, que le salut apporté par Jésus s'adresse à toute l'humanité, bien au-delà du seul peuple juif, la liturgie catholique, que nous suivons sur ce blog, tient aujourd'hui à souligner qu'en même temps ce salut est bien celui qui avait été promis. Nous ne sommes pas dans une rupture, mais un élargissement : ce salut est celui que "de nombreux (pour ne pas dire tous les) prophètes ou rois (d'Israël) attendaient". Et, les premiers qui ont la chance de le découvrir, ce ne sont pas ces grandes figures, ces chefs et ces guides, mais ces 'petits', les disciples, le peuple qui suit Jésus.

Alors il faut quand même que nous tenions compte du contexte dans lequel ces paroles nous sont rapportées, pour mieux comprendre ce qu'elles disent exactement. On est dans la période galiléenne, dans l'enthousiasme et l'effervescence à cause des signes qui s'accomplissent par Jésus. Ces signes, interprétés dans l'espérance messianique telle que comprise par tous à cette époque, disent que le Royaume est en train de se manifester. Le Royaume, en effet, c'est la fin de la mort, et de ce qui y mène, les maladies, les esprits mauvais. Or voici que les malades guérissent, les possédés sont exorcisés, peut-être même que des morts, ou considérés comme tels, reviennent à la vie ! C'est normal que tout ce petit peuple de Galilée qui suit Jésus y croie, et vraisemblablement Jésus aussi, au moins dans un premier temps.

À ce moment-là, donc, effectivement le ministère de Jésus peut être dit répondre aux attentes et espérances du peuple juif : c'est à ce Royaume-là qu'eux-mêmes s'attendent. Les disciples vont rester coincés sur cette attente, y compris après les événements de la résurrection, mais pas Jésus. Lui va évoluer, et si nous ne pouvons pas dire comment exactement il se le représentait, il y a au moins des paroles qui nous permettent de comprendre qu'il ne le concevait plus comme un événement collectif, qui surviendrait pour tous, en même temps, à un moment donné, mais plutôt comme une manière d'être dans le monde, accessible à chacun, à tout moment, de tout temps. Et c'est là qu'il peut devenir tendancieux d'affirmer, sans plus de précautions, que le salut apporté par Jésus est celui de la promesse faite à Abraham, Isaac et Jacob ! C'est notre interprétation de chrétiens, mais on peut comprendre que les juifs se sentent spoliés par une telle prétention.

Jésus est né juif et a certainement considéré que le Dieu et le Royaume qu'il a prêché, jusqu'à sa mort, étaient le Dieu de ses pères et le Royaume qui leur avait été promis. Il en est allé de même, dans un premier temps, pour la très grande majorité de ceux qui ont poursuivi l'aventure qu'il avait initiée : c'étaient des juifs qui ne pensaient pas avoir changé de fidélité. Mais on peut douter qu'à cette époque là, encore, ils avaient compris la notion du Royaume déjà présent, à preuve leur attente du "retour de Jésus". On peut d'ailleurs remarquer que, même dans le christianisme d'aujourd'hui, plus de deux mille ans après, certains (beaucoup ?) croient encore à ce grand jour à venir ! Et puis, dans le fond, la question est-elle si importante ? L'essentiel n'est-il pas de vivre cette relation au Père ?

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