Partage d'évangile quotidien
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Ouverture

Lun. 2 Décembre 2013

Matthieu 8, 5-11 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il entrait dans Capharnaüm. Un chef de cent s'approche de lui, il le supplie en disant : « Seigneur, mon garçon gît dans ma maison, paralytique et terriblement tourmenté. »  Il lui dit : « Moi, je viens le guérir. » 

Le chef de cent répond et dit : « Seigneur, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit. Mais dis ! seulement une parole, et mon garçon sera rétabli. Car moi qui suis un homme sous une autorité, j'ai sous moi des soldats. Je dis à l'un : “Va”, — et il va. À un autre : “Viens”, — et il vient. Et à mon serviteur : “Fais ceci”, — et il fait. » 

Jésus entend et il admire. Il dit à ceux qui le suivent : « Amen, je vous dis, chez pesonne en Israël, une telle foi je n'ai trouvée ! Je vous dis : beaucoup de l'Orient et de l'Occident viendront s'installer à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux. » 

 

 

Abraham et les trois anges, par He-Qi

 

 

voir aussi : Dépannage à distance, Discipline exemplaire, Efficacité militaire, Sans aucun doute

Il ne faudrait pas qu'on l'ignore, le premier passage d'évangile en semaine que nous donne à lire la liturgie catholique, en cette période de préparation à Noël, met les points sur les 'i' : Jésus n'est pas venu que pour les juifs. J'en suis aussi personnellement convaincu, et je dirais même plus : il n'est pas venu que pour les chrétiens. Ceci dit, il n'y avait pas tant de choix que ça dans tous les évangiles pour soutenir cette affirmation ! au point que certains vont jusqu'à contester l'authenticité des quelques épisodes en question. Une telle position est cependant excessive. Il est vrai que Jésus n'a pas considéré que sa mission était d'aller vers les nations. Il y a pourtant pensé à un moment, après la déception de la multiplication des pains, et avant qu'il ne prenne la ferme résolution de monter à Jérusalem, où on le voit se rendre dans les pays limitrophes, mais ce n'est pas l'option qu'il a finalement retenue. Disons simplement qu'au cours de son ministère, Jésus n'a pas rejeté les païens qui venaient à lui, mais qu'il ne les a pas cherchés non plus.

Mais je dis qu'il n'est même pas venu que pour les chrétiens. J'entends par là que les chrétiens ne sont pas propriétaires de Jésus et qu'ils devraient accepter que l'interprétation qu'ils ont donnée de son histoire, de sa vie, de sa mission, de son rôle, ne sont pas nécessairement la seule manière de recevoir le salut qu'il nous a apporté. Jésus peut parler aux hommes, être pour eux un maître incomparable, un ami à toute épreuve, un frère idéal, la voie qui les mène au Père, et sans forcément passer par la case 'Église' ! Le problème pour que les chrétiens l'admettent, c'est que cela signifie qu'ils n'ont vraisemblablement pas tout compris. Et s'ils acceptent généralement, en théorie, d'une part le principe qu'il reste des zones d'ombre – ce qu'ils appellent le 'mystère' –, et d'autre part le fait qu'ils ne peuvent pas vivre la perfection de l'idéal qu'ils proclament, ils n'en restent pas moins, en pratique, d'autant plus acharnés à défendre bec et ongles un 'noyau' sans lequel, pensent-ils, tout leur édifice s'écroulerait.

Cette notion de noyau est d'ailleurs à géométrie très variable. Pour les plus extrémistes, cela comprend jusqu'au rituel liturgique du concile de Trente et le port de la soutane :-) Grosso modo, moins on prend en compte la dimension humaine de Jésus – c'est-à-dire plus on valorise sa dimension divine séparée de son humanité –, plus on a tendance à sacraliser la moindre vétille absolument accessoire. Le nœud de la question est là, dans la manière de comprendre ce qu'est la divinité de Jésus, et plus précisément dans la manière de comprendre l'unicité de cette nature divine. Est-ce que ce qui fait que Jésus est unique, c'est purement et simplement le fait qu'il avait cette nature divine, ce qui sous-entend que nous autres, tous les autres hommes de la terre depuis ses origines et jusqu'à la fin des temps, nous ne l'avons pas, et nous ne l'aurons jamais ? Mais dans ce cas, en quoi peut-on encore soutenir qu'il était vraiment humain, puisque radicalement différent de nous ? Je crois, sincèrement, que la notion de "Fils unique de Dieu", prise en ce sens, ne tient pas la route et doit être résolument abandonnée.

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