Paroles et paroles
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
« Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.'
« Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !'
« Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
voir aussi : Les plus courtes ..., Dans le secret des coeurs
Où l'on peut comparer les mérites de la prière parlée et de la prière silencieuse. Dans la première, le pharisien est rempli de lui-même, parce que parler, c'est toujours parler de soi, dire qui on est, ce qu'on espère, veut, attend. Même lorsqu'on 'intercède', même lorsqu'on loue, rend grâces, s'émerveille. Celui-ci, en quittant le Temple, n'aura rien reçu, sera toujours le même, égal à lui-même.
De l'autre côté, le publicain ne se tait pas vraiment, mais sa répétition continuelle est ce qu'il y avait de plus proche, à l'époque de Jésus, d'une prière silencieuse. C'est une sorte de degré zéro de la parole, très utile encore de nos jours pour entrer progressivement dans le vrai silence, complet, où l'on ne pense plus, n'agit plus, et laisse le vide s'installer. Celui-ci, en quitant le Temple, aura été rempli de Dieu.


Commenter cet évangile