Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Kebabs de poisson ?

Mar. 5 Janvier 2010

Marc 6, 34-44 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement. 

Déjà l'heure était avancée ; ses disciples s'étaient approchés et lui disaient : « L'endroit est désert et il est déjà tard. Renvoie-les, qu'ils aillent dans les fermes et les villages des environs s'acheter de quoi manger. » Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Allons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter du pain et leur donner à manger ? » Jésus leur demande : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. » S'étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. » Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte. 

Ils s'assirent en rond par groupes de cent et de cinquante. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction, rompit les pains, et il les donnait aux disciples pour qu'ils les distribuent. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous. Tous mangèrent à leur faim. Et l'on ramassa douze paniers pleins de morceaux de pain et de poisson. 

Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes. 

 

 

Le bon berger, par He-Qi

 

 

Que de nombres, un vrai cours de mathématiques. Deux cent journées de salaire, cinq pains, deux poissons, des groupes de cent, ou de cinquante, douze paniers, cinq mille hommes, et un sauveur. Un raz de marée, qui prend tout le monde par surprise.

Les apôtres reviennent de leur première mission. Ils ont parlé, accompli des signes, et le résultat en est cette foule, qui les presse à leur retour auprès de Jésus, au point qu'ils n'ont même pas le temps de manger, tout juste ont-ils pu lui rendre des comptes sommaires de leurs pérégrinations. Ils auraient pourtant bien besoin de se ressourcer avec lui, de se restaurer et se reposer, aussi Jésus les fait-il monter dans une barque et se dirigent-ils vers un lieu désert. Las ! Les foules ont suivi la manoeuvre, et sont déjà là à les attendre lorsqu'ils débarquent.

Jésus, comme on pouvait s'y attendre, a pitié d'elles, et, bon gré mal gré, les disciples doivent encore patienter pour leur repas, et leur repos, et leur ressourcement. Cette fois, ils comptent bien avoir enfin Jésus pour eux seuls ; las ! c'est Jésus qui s'y met maintenant : qu'aviez-vous prévu pour manger ? cinq pains et deux poissons ? eh bien, partagez-les. Quand la demande est telle, il n'est plus temps de circuits hiérarchisés en étapes bien distinctes : enseignements séparés du corps restreint et des foules.

Et Jésus se met à leur donner cette nourriture qu'ils redistribuent aussitôt, et tout le monde mangea à sa faim.

Commenter cet évangile

A
<br /> Et j'ajouterai, l'empruntant au "Pravoslave irénique" :<br /> <br /> <br /> Les<br /> questions insidieuses du monde<br /> <br /> <br /> Ne<br /> prouvent pas que les réponses<br /> <br /> <br /> De la foi<br /> humble et pure<br /> <br /> <br /> Soient<br /> inutiles et vaines<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> http://orthodoxologie.blogspot.com/2010/01/hesychie-23.html<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> Parler de ce texte ? Vous prenez un risque...<br /> Comme je trouve votre blog intéressant, j'ai donc pris du temps pour vous.<br /> Mais rassurez-vous, cela me demande trop de temps pour que je puisse le faire régulièrement. Voici donc, en quelques<br /> lignes.<br /> <br /> Un des traits caractéristiques de l'exégèse moderne est de regarder avec une forte dose de suspicion tout ce qui touche au "miracle", par crainte – sans doute – de la part de ces exégètes, de<br /> passer pour des naïfs.<br /> <br /> <br /> Et ce texte n'y coupe pas, qui est devenu, sous la plume de tel interprète, un "miracle de la générosité" : tous les auditeurs de Jésus ayant des provisions qu'ils auraient dissimulé de crainte<br /> de devoir partager ; le geste de l'enfant déclenchant un mouvement de honte, puis de partage…<br /> <br /> <br /> Cependant, une telle lecture nous place devant une alternative étrange :<br /> <br /> <br /> - soit les apôtres (qui ont inclus cet épisode dans leur prédication avant que celle-ci soit rédigée en Evangile) sont de cyniques faussaires qui transforment un simple "repas partagé" en un<br /> "miracle divin" (mais cette hypothèse des faussaires se heurte, sur le plan psychologique à l'argument pascalien : "je crois volontiers les histoires dont les témoins se font égorger")<br /> <br /> <br /> - soit ils sont de doux illuminés un peu stupides, de véritables victimes de secte, qui n'ont pas été capables de voir ce qui se passait devant leur nez, et que l'Interprète moderne discerne avec<br /> une déconcertante facilité.<br /> <br /> <br /> Dans un cas comme dans l'autre, on peut s'interroger sur la pertinence de lire de telles billevesées.<br /> <br /> <br /> Cependant, une telle lecture est en fait d'une grande naïveté, en ce qu'elle méconnaît le fait fondamental des structure d'approches :<br /> <br /> <br /> Notre connaissance du Christ repose en premier lieu sur le témoignage des apôtres, et nous en sommes réduits à lire et comprendre ces textes en fonction de notre arrière-plan intellectuel.<br /> <br /> <br /> Si cet arrière plan est dominé par une sorte de rationalisme diffus (comme c'est généralement le cas dans notre société) nous pouvons être amenés à croire "malgré les miracles".<br /> <br /> <br /> Il n'en a pas été de même pour les apôtres : ils avaient le Christ devant leurs yeux, le côtoyaient au quotidien et s'ils ont inclus – dans leur prédication post pascale – ce récit de la<br /> multiplication des pains, c'est précisément parce que ce jour là, devant eux (et ils en ont été en partie acteurs) s'est passé quelque chose de stupéfiant, de significatif. Il n'est pas faux de<br /> dire que (comme c'est le cas pour les "Noces de Cana") ils ont cru "à cause du miracle".<br /> <br /> <br /> Le témoignage des apôtres a-t-il été exposé avec toutes le garanties théoriques que nous pourrions exiger d'un rapporteur moderne ? Question inepte, bien sûr.<br /> <br /> <br /> Ils ont, à leur époque, dans leur contexte, témoigné honnêtement de ce que – ce jour particulier – s'est passé autre chose qu'un "repas partagé", devant leurs yeux probablement incrédules.<br /> <br /> <br /> Le miracle n'est, par définition, pas "monnaie courante". Est-on pour autant en droit d'en déduire qu'il est impossible ? L'existence de saints thaumaturges éclairant tous les âges de l'Eglise<br /> atteste au contraire de sa possibilité. Peut-être faut-il avoir expérimenté quelque chose de la présence de Dieu pour saisir qu'il s'agit de bien autre chose que d'un langage symbolique…<br /> <br /> <br /> Mais aborder la question de la présence de Dieu au monde de manière uniquement cérébrale, c'est commettre une erreur de méthodologie, comme le note Virgil Gheorghiu dans "Dieu ne reçoit que le<br /> dimanche": "Il y a des choses que l'on ne peut pas expliquer scientifiquement. Je ne conteste pas la science, la raison, la logique et les mathématiques. Je<br /> ne conteste pas le mètre. C'est un très bon instrument de mesure. Avec le mètre on peut mesurer les longueurs, les largeurs et les profondeurs. Mais le mètre est inadéquat pour mesurer les<br /> liquides. Le mètre ne peut pas non plus mesurer les poids. La science est bonne pour expliquer les choses de la terre et les faits quotidiens. Mais il y a des choses et des faits qui dépassent la<br /> matière."<br /> <br /> <br /> Autrement dit, l'Evangile n'est pas uniquement un texte à lire et comprendre : c'est une vie à vivre.<br /> <br /> <br /> Et ce texte est, pour moi, un des plus jubilatoires de l'Evangile !<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> Excellent, le titre !<br /> <br /> <br />
Répondre
A
Merci Albocicade !<br /> Et le texte lui-même ?<br /> Vous êtes dans la tradition orthodoxe, je crois. Même si les textes de évangile &amp; partage sont ceux du lectionnaire catholique, vous pourriez nous enrichir de vos méditations.<br /> En tant que gérant la publication des textes, je ne serais d'ailleurs pas contre de tenir compte du lectionnaire orthodoxe, si vous pouviez m'indiquer où le trouver sur internet.
D
<br /> <br /> " donnez-leur vous-même à manger "<br /> <br /> <br /> cette parole a traversé les siècles ; elle nous est parvenue intacte de pureté et ainsi en sera-t-il jusqu'à la fin des temps<br /> <br /> <br /> Car Jésus nous met en face de nos responsabilités !<br /> <br /> <br /> Nous devons prendre une décision et ce rapidement !<br /> <br /> <br /> "renvoie-les !il est tard ! L'endroit est désert ! Il faut qu'ils aient le temps …….."<br /> <br /> <br /> Et puis allons-nous dépender l'argent péniblement gagné pour nourrir des gens que nous ne connaissons pas ! Et puis ces finances ne couvriraient pas les besoins de la foule ! Et puis ! Et puis !<br /> <br /> <br /> Réflexions qui n'ont pas changé depuis deux mille ans ! Pragmatisme ! Réalités des situations vécues ! …<br /> <br /> <br /> La petitesse de l'individu se révèle !<br /> <br /> <br /> "comment nourrir les foules ? Où trouver l'argent ? Qui fera le service ? Comment organiser cette distribution ?<br /> <br /> <br /> Mais s'ils étaient partis seraient-ils revenus ? Que de temps perdu alors que Jésus enseignait et que la Parole divine ne doit pas se perdre . Chaque instant à écouter Jésus est précieux car il<br /> ne reviendra jamais .<br /> <br /> <br /> Car c'est bien de cela qu'il s'agit !<br /> <br /> <br /> Jésus eut pitié !<br /> <br /> <br /> Jésus a pitié !<br /> <br /> <br /> De ces foules sans bergers !<br /> <br /> <br /> Le manque de nourriture ne se fait pas sentir dans nos sociétés occidentales ! Chacun serait parti "avec le repas tiré du sac " ; chacun est prévoyant car chacun a les moyens de sa prévoyance .<br /> <br /> <br /> Mais Jésus nous demande un abandon total ! Nous en remettre à Lui ! Désirer cette nourriture divine qui nous manque tant ; les foules actuelles, même si elles sont physiquement repues sont encore<br /> plus affamées de Vérité que celles décrites dans l'Evangile .<br /> <br /> <br /> Jésus nous rappelle qu'Il a pitié de ces foules qui traversent ce siècle sans berger !<br /> <br /> <br /> Qu'Il détient tout pouvoir !<br /> <br /> <br /> Que sa nourriture est abondante , qu'elle se multiplie , qu'elle est offerte à tous ;<br /> <br /> <br /> alors à nous de nous en nourrir ! À nous de la distribuer ! Comment ? À la façon décrite dans cet Évangile<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre