Partage d'évangile quotidien
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Mission de confiance

Jeu. 6 Février 2014

Marc 6, 7-13 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il appelle à lui les douze et commence à les envoyer deux par deux : il leur donne autorité sur les esprits, les impurs. 

Il leur enjoint de ne rien prendre en chemin, qu'un bâton seulement : ni pain, ni besace, ni billon à la ceinture, mais chaussés de sandales, et : « Ne mettez pas deux tuniques. » 

Il leur dit : « Où que vous entriez dans une maison, là, restez, jusqu'à ce que vous sortiez de là. Si un lieu ne vous accueillait pas, s'ils ne vous entendaient pas, partez de là, secouez la poudre de dessous vos pieds, en témoignage sur eux. » 

Ils sortent : ils clament pour qu'ils se convertissent. Ils jettent dehors de nombreux démons. Ils oignent d'huile de nombreux invalides. Ils guérissent. 

 

 

La route d'Emmaüs, par He-Qi

 

 

voir aussi : Le temps de la mission, Délégation de pouvoir, Fondés de pouvoir, Vade-mecum

Il n'est pas certain que les disciples aient eu les capacités de guérir et exorciser du vivant de Jésus, comme il est prétendu ici. Et s'ils les ont eues, cela n'a pas duré, comme on le voit dans la suite du récit, notamment lorsque Jésus redescend de la montagne où il a été transfiguré. Et puis, il faut être sérieux, comment des gens qui se sont mis à ne penser qu'à se partager les meilleures places du futur gouvernement d'Israël, auraient-ils eu en même temps l'état d'esprit nécessaire pour que des signes se produisent par eux ? C'est une impossibilité, ou cela devient de la magie noire, mais nous ne pensons pas qu'ils en soient arrivés jusque là. Donc, il est possible que pour une courte période, ils ne s'étaient pas encore laissés contaminer par le virus politique, mais c'est justement ce qui va les dévoyer : prenant conscience de ce qu'ils se sont mis à faire, ils se rendent compte que le mouvement Jésus peut prendre une toute autre ampleur qu'ils ne l'avaient imaginé jusque là. Et, confondant grâce de Dieu avec pouvoir personnel, ils se mettent à rêver de révolution temporelle, renverser le sanhédrin dans un premier temps, et chasser ensuite les romains.

Dans ce projet, ils ne vont pas agir seuls. D'autres ont déjà bien repéré le potentiel de l'engouement provoqué par Jésus, ce sont les zélotes, ces partisans de la résistance armée à l'occupant. Des contacts se nouent assez aisément, certains des disciples avaient plus ou moins flirté avec ces mouvements avant de rencontrer Jésus. Et on se met à construire un plan de campagne, on va rassembler tous les sympathisants dans un lieu désert, et on montera à l'assaut de la capitale. C'est le fameux meeting des cinq mille, où Jésus donnera peut-être à manger à tout ce petit monde, mais alors plutôt une nourriture spirituelle, et où surtout il va être obligé de se fâcher pour remettre les pendules à l'heure : non, il ne veut pas être leur roi, non, il ne court pas après une aventure politique, qu'on ne compte pas sur lui pour tremper de quelque façon que ce soit dans cette soupe-là. Mais nous y reviendrons bientôt.

Pour l'instant, donc, nous somme dans l'étape précédente. D'un côté, l'ampleur du mouvement suscité par Jésus, seul, n'a pas atteint encore la taille critique qui permettrait de penser sérieusement à une révolution politique, mais pour sa part, il souhaite élargir son champ d'action, et c'est là qu'il pense à utiliser les disciples. Jésus ne prévoit pas le moins du monde ce qui va se passer, il ne pensait pas que les disciples allaient se mettre à prendre la grosse tête, d'une part du fait de leur participation personnelle plus active, et d'autre part à cause de l'ampleur que cette étape fait franchir au mouvement. Ces conséquences sont donc intimement liées, la taille du mouvement et l'évolution des disciples, c'était presque inévitable. On pourra se dire : quand même, il aurait bien dû prévoir ça, Jésus. Oui, si on croit au Jésus surhomme, au Jésus omniscient dès sa conception de tout ce qui se passerait, effectivement. Mais ce n'est pas le cas. Jésus a dû apprendre à tirer les leçons de ses échecs. Même si ce n'est pas vraiment lui qui a failli, mais les disciples, il lui a fallu prendre en compte ce rêve dans lequel ils s'étaient enfermés, et dont ils ne sortiront d'ailleurs pas vraiment avant la venue de l'Esprit. Mais nous y reviendrons aussi.

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