Seul survit le don
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ? Quelle somme pourrait-il verser en échange de sa vie ?
« Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. » Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance. »
voir aussi : Qui perd gagne
Ce que nous gardons pour nous disparaîtra avec nous. Il nous faut exercer notre devoir d'inventaire face à un texte comme celui d'aujourd'hui : Jésus n'avait jamais pensé qu'il serait censé revenir un jour après sa mort, et il n'incitait personne à se donner à lui, mais à Dieu seul. Mais ce fond-là reste, évident, trop évident sans doute pour être compris de beaucoup : ce qui n'est pas donné n'est même pas né dans le monde.
Il ne s'agit pas non plus de donner sans discernement. Il y a des dons qui, avec la meilleure volonté du monde, sont des cadeaux empoisonnés. Il y a des dons qui sont une manière d'emprisonner l'autre dans son monde à soi au lieu que de lui permettre de construire sa façon à lui d'y grandir. Il y a aussi des dons qui sont trop généreux, qui déstabilisent et font perdre ses repères à l'autre, qui ne respectent pas son rythme. Il y a enfin des dons, mais c'est le moins grave qui puisse arriver, qui ne touchent personne, qui tombent dans l'oreille du sourd, à fonds perdus, apparemment du moins.
Mais quand le don est juste, qu'il produit du fruit, et qu'il devient réciproque, alors quel bonheur, sur terre comme au ciel !


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