Partage d'évangile quotidien
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Vade-mecum

Jeu. 8 Juillet 2010

Matthieu 10, 7-15 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. 

« Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture. 

« Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu'à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l'habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. 

« Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. » 

 

 

La route d'Emmaüs, par He-Qi

 

 

Donner gratuitement : ceci concerne les guérisons, réanimations, purifications et exorcismes. Ce détail est propre à Matthieu. C'est Dieu qui guérit, réanime, purifie et exorcise, les disciples n'en sont que les intermédiaires. Pas question de se faire du blé sur le dos de Dieu ! C'est net et impératif. Nos églises historiques auraient dû s'en rappeler en de nombreuses occasions, et certaines des églises actuelles plus récentes (dans la mouvance protestante anglo-saxonne, notamment) semblent ne pas connaître ce passage ...

Pour autant, il faut bien que les disciples mangent et dorment. Ils devront donc, sans honte, accepter, voire solliciter, l'hospitalité et la charité de ceux qu'ils rencontreront. Sans honte : il ne s'agit pas de mendicité, mais du salaire de leurs bons offices d'intermédiaires. Cette seconde affirmation doit rester bien située dans son contexte : une mission à durée limitée. Dans ce cadre, effectivement, on peut envisager de faire confiance à la providence pour que se trouvent sur le chemin de bonnes âmes.

Mais s'il s'agit de généraliser à un clergé institutionnalisé, on tombe sur un gros problème : la providence finit par faire défaut, et, au nom de cette parole de Jésus, détournée, on finit par mettre en place un denier du clergé, ou tout autre système, contraire, me semble-t-il, à l'esprit de l'enseignement de Jésus. Ici au moins, Paul, qui s'enorgueillissait de subsister de son seul métier, exercé en parallèle à ses activités missionnaires, me semble avoir été le plus fidèle, alors qu'il n'avait pas connu Jésus de son vivant.

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