Faites ce que je dis
Alors Jésus déclara à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ; ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
« Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé. »
voir aussi : Nivellement par le haut, Déshonorés, L'honneur et les honneurs, Yo-yo
Toute l'ambition du christianisme naissant se trouve résumée dans ce parallèle entre les pharisiens et les chrétiens. Les premiers sont dits disciples de Moïse, Moïse est leur maître, puisqu'ils enseignent dans sa chaire. Les seconds ne renient pas Moïse, mais ils considèrent comme encore plus grand leur maître à eux, le Christ. En réalité, le parallèle va plus loin que les seules deux figures tutélaires. C'est aussi la façon de se situer par rapport à leur enseignement qui est en cause.
Les pharisiens écoutent Moïse, discutent de ses lois, argumentent, pèsent le pour et le contre, mais ne mettent pas en pratique. C'est aussi la forme du legs de Moïse qui le veut. Paul le soulignera à n'en plus finir, la loi ne peut suffire à sauver. Au mieux elle oriente sur la bonne voie, au pire elle y devient un obstacle.
C'est en ce sens que le christianisme peut prétendre à l'héritage de Moïse tout en s'en démarquant. La loi n'est pas l'horizon indépassable de la démarche spirituelle que Jésus est venu semer. Elle en est un préliminaire, une base indispensable, un minimum vital. Mais la vie, ce n'est pas seulement ne pas mourir de faim, Dieu merci. La vie est infiniment plus riche que la seule satisfaction des besoins vitaux. Et ce qui est vrai dans le domaine matériel, l'est aussi dans le spirituel.


Commenter cet évangile