Eveil paradoxal
Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de coeur :le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise ! Heureux ceux qui pleurent :ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux :ils obtiendront miséricorde ! Heureux les coeurs purs :ils verront Dieu ! Heureux les artisans de paix :ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :le Royaume des cieux est à eux !
« Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »
Redoutable texte sur lequel des kilomètres d'écriture ont été publiés, je n'aurai pas la prétention d'en renouveler l'exégèse ! Je me contenterai de dire que, à mon avis, on ne doit pas oublier la perspective de Jésus au moment où il le prononce : le royaume est imminent, il est déjà là en partie, et sa venue définitive et complète va se produire de son vivant, nous sommes dans le très court terme.
Autrement dit, ce ne sont pas les pauvres à venir au long des siècles qui sont dits heureux, ce n'est pas un appel à se résigner à la pauvreté, mais l'annonce que la pauvreté ne sera plus, incessamment, qu'un mauvais souvenir.
Mais comment ? Suffit-il aux pauvres d'attendre béatement que ça leur tombe tout cuit dans la bouche ? Si nous examinons la façon dont le royaume s'inaugure du temps de Jésus et par Jésus, c'est-à-dire les signes qu'il accomplit, nous voyons qu'ils ne se produisent jamais à l'insu du bénéficiaire. Au contraire, ce dernier a toujours une démarche à effectuer. Aide-toi, le ciel t'aidera, en quelque sorte.


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