Partage d'évangile quotidien
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Jeu. 13 Mars 2014

Matthieu 7, 7-12 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Demandez, et il vous sera donné. Cherchez, et vous trouverez. Toquez, et il vous sera ouvert. Car tout demandeur reçoit. Qui cherche trouve. À qui toque il sera ouvert. 

« Y a-t-il parmi vous un homme à qui son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre ? Ou encore, il demandera un poisson, est-ce qu'il lui remettra un serpent ? Si donc vous, — mauvais que vous êtes ! — vous savez donner des dons qui soient bons à vos enfants, combien plus votre père dans les cieux en donnera de bons à ceux qui lui demandent ! 

« Donc : tout ce que vous voulez que vous fassent les hommes, vous-mêmes, faites-le pour eux : cela, oui, c'est la loi et les prophètes ! » 

 

 

Moïse bénit Israël, par He-Qi

 

 

voir aussi : La voie du silence, Programme commun, Mandez donc !, Que du nanan !

Dit comme ça, ça a l'air si simple ! On se demande alors pourquoi, depuis tant de siècles de christianisme, on n'a pas le sentiment que les choses aient tellement bougé ? ce qui est d'ailleurs une fausse impression, car il y a eu quand même de nombreux progrès, si on est capable de se rendre compte comment c'était il y deux mille ans, et qu'on a un minimum d'honnêteté. Mais d'abord, de quoi s'agit-il exactement ? Je peux demander que Dieu me débarrasse de mon voisin parce qu'il a une tête qui ne me revient pas ? Je peux lui demander de me faire tomber des alouettes rôties directement dans la bouche parce que j'ai un petit poil dans la main ? Évidemment non ! N'oublions pas le contexte, la grande affaire de l'époque, ce après quoi la très grande majorité aspirait avec un sentiment de plus en plus exacerbé : il s'agit, bien sûr, du Royaume. Demandez à entrer dans le Royaume, il vous sera donné. Cherchez-le, vous le trouverez. Frappez à sa porte, on vous ouvrira. Tout demandeur reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvre.

Un tel optimisme s'enracine donc certainement dans la première période du ministère de Jésus. C'est la période des béatitudes "bienheureux vous les pauvres..." C'est la période où, effectivement, tout semble possible, y compris les espoirs les plus fous, y compris le Royaume comme on l'imagine à l'époque, le Messie qui prend les rênes du gouvernement d'Israël, à Jérusalem, dans un pays redevenu souverain. C'est dans ce contexte que ces mots ont été prononcés, or, par la suite, la notion de Royaume a évolué, pour Jésus au moins. C'est d'ailleurs un terme qu'il a préféré éviter d'utiliser dans la seconde période de son ministère, parce qu'il comprenait bien que le terme était piégé, comme celui de Messie. Mais pour autant, l'affirmation est-elle devenue caduque ? Le Royaume intérieur, le Royaume qui n'est plus une affaire de géographie ni de politique, mais d'état d'esprit, de manière d'être présent dans sa vie et au monde, obéit-il à d'autres règles, ou se laisse-t-il toujours trouver aussi 'aisément' ? Qu'a pu en dire Jésus lui-même, quand il se rendait de plus en plus compte que son message ne passait pas, que les gens restaient coincés sur la case Royaume terrestre, et qu'il s'est acheminé vers sa fin, seul et abandonné de tous ?

Nous ne pouvons guère répondre à cette dernière question. Il semble qu'il ait eu un moment de doute, sur la croix, c'est ce qui nous montre d'ailleurs qu'il était bien homme, et il s'en est alors remis, en confiance, à son Père. Le Royaume, lui, il y vivait, mais il devait bien admettre qu'il s'y trouvait un peu seul... Sa mission n'était pas nécessairement un échec, mais, comme Moïse, qui ne put pénétrer dans la terre promise, Jésus dut quitter cette vie sans avoir vu un seul fruit de ses efforts. En rendant son esprit au Père, ce n'était pas seulement son devenir propre qu'il lui confiait, mais bien plus celui de tous ces hommes et ces femmes qu'il avait côtoyés, qui l'avaient d'abord pris avec enthousiasme pour maître, avant de faire machine arrière, ne le suivant plus que du bout des pieds et des lèvres, à contre-cœur. La suite, nous la savons : la révélation qui se fait jour, peu à peu, ou soudainement, plus ou moins profondément selon les uns ou les autres, mais certainement quelque chose qui s'est passé, et qu'ils ont appelée la venue de l'Esprit. Oui, ils avaient cherché, et ils avaient fini par trouver, mais pas exactement ce qu'ils avaient imaginé !:-)

Alors voilà ! la question n'est pas tellement du côté du Royaume. Ce n'est pas lui qui se cache, il est là et bien là, "au milieu de nous". La question, c'est nous : que cherchons-nous ? si nous ne trouvons pas, c'est certainement que ce n'est pas lui que nous cherchons vraiment. C'est aussi simple que ça, et ça nous donne les moyens pour corriger le tir, si nous savons l'accepter. Et nous ne devrions pas nous décourager. Plus on étudie les évangiles, plus on se rend compte à quel point les disciples étaient complètement à la masse, lourds, bouchés, et pourtant ils ont fini par être touchés par la grâce, par être convertis. Tous les espoirs nous sont donc permis...

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