Partage d'évangile quotidien
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S'il n'en reste qu'un

Mer. 28 Novembre 2012

Luc 21, 12-19 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l"on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage. 

« Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. 

« Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. 

« C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. » 

 

 

Élie endormi, par He-Qi

 

 

voir aussi : Temps incertains, Comme l'or par le feu, Vérité qui libère

C'est un discours qui n'a plus aucun rapport avec Jésus. Les premières communautés ont effectivement souffert la persécution, ont été en butte à l'hostilité de la synagogue, jeté en prison, etc... Mais Jésus ne l'avait pas prévu. Il ne savait déjà pas ce qui se passerait pour lui une fois qu'il serait mort, à plus forte raison ne pouvait-il prédire ce qui se passerait pour ses disciples. Et il avait d'autres chats à fouetter, pourrait-on dire.

S'imaginer que Jésus ait pu prévoir sa résurrection, sous la forme que l'on connaît, c'est minimiser le sens de sa mort. C'est dire que, d'une certaine façon, il n'en a été en partie que spectateur, qu'il savait que ce ne serait qu'un mauvais moment à passer, qu'il pouvait se raccrocher à ce qui allait suivre pour supporter l'épreuve temporaire. Jésus espérait effectivement, il voulait garder confiance en son Père, mais il n'en avait aucune certitude. Ce fut pour lui aussi un acte de foi. Confiance sur le fond, mais aucune idée sur la forme que cela pourrait prendre. Le cri sur la croix n'était pas une allégorie, il a vraiment douté, sinon désespéré.

L'histoire des premiers chrétiens les a donc fait passer par ces périodes d'adversité difficiles, ces témoignages qu'ils ont rendu dans le sang. Nous pouvons les admirer pour cela, pour nous avoir transmis la flamme dans de telles conditions. Nous devrions cependant prendre garde à une fascination morbide qui peut naître de cette période. Qu'ils aient pu avoir besoin, eux, d'aller jusque là, ne signifie pas que la valeur du témoignage se mesure à l'aune des épreuves subies. Donner sa vie ne rime pas nécessairement avec fin tragique ! Il y a de nombreuses façon de se déposséder, et nulle nécessité que quiconque le sache. Le don le plus parfait est peut-être encore celui dont personne ne se doute...

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