Partage d'évangile quotidien
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Bien mesurer

Lun. 17 Mars 2014

Luc 6, 36-38 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Soyez pleins de compassion comme votre père est plein de compassion. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. Ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Déliez, et vous serez déliés. Donnez, et il vous sera donné. Une mesure belle, tassée, secouée, superdébordante sera donnée dans votre sein. Car de la mesure dont vous mesurez, il sera pour vous mesuré en retour. » 

 

 

La femme surprise en adultère, par He-Qi

 

 

voir aussi : En instance de jugement, Comme en un miroir, Double mesure, Corne d'abondance

La psychologie moderne nous dit que, ce que nous ne supportons pas chez les autres, ce sont les défauts dont nous sommes nous-mêmes affublés sans en être conscients. Lorsque nous étions enfants, nous avions une formule à l'emporte pièce pour dire exactement la même chose : "celui qui dit c'est lui qu'y est". Nous ne sommes donc plus tout-à-fait dans le même registre que samedi, où il nous était demandé "d'aimer jusqu'à nos ennemis, pour être parfaits comme le Père". Ici, ce n'est plus pour des raisons de morale, de vertu, extérieures, d'idéal un peu arbitraire, mais pour des raisons qui nous concernent beaucoup plus directement. Si nous nous laissons toujours entraîner par nos sentiments instinctifs, nous n'apprendrons jamais à nous connaître, nous continuerons à nous promener dans la vie, jusqu'à notre mort, avec nos certitudes qui ne sont en réalité que des œillères.

Évidemment, ceci suppose qu'on ait quelque intérêt pour ce qu'on pourrait appeler la vérité, en soi. On peut très bien refuser d'entendre quoi que ce soit de cet ordre, considérer que tout ce qui nous intéresse est d'avoir notre place au soleil, qu'on y a droit indépendamment de la manière de l'obtenir, et s'en tenir à cette seule règle de conduite dans la manière de mener sa barque. Nous connaissons tous à quelles extrémités cette position peut en mener certains, véritables prédateurs qui n'en ont jamais assez, même s'ils ont tout et plus encore, jusqu'à des milliers de milliers de fois ce dont ils peuvent réellement faire usage dans leur vie. Mais ils ne sont que des cas extrêmes, et malheureusement nous vivons dans un monde où c'est en fait la règle générale, chacun à son échelle, chacun selon ses possibilités. Telle est la loi du monde, la loi de la jungle, une société où la guerre est permanente, que ce soit par les armes, ou par cette manière déguisée de faire la guerre qu'on appelle le commerce, et sa forme dérivée, la finance.

C'est ça, le monde. Ce n'est pas nouveau ! ça a toujours été comme ça. C'est le monde dans lequel nous naissons, et, si nous ne voulons pas nous en contenter, ça ne se fera pas tout seul. Si nous sommes quelque peu sensibles à la notion de vérité, nous aurons à nous battre non seulement contre nous-mêmes, parce que le travail qui nous amène à découvrir en nous ce dont nous sommes inconscients demande de résister à notre nature, mais nous aurons en plus à nous battre contre le monde, parce que ce travail n'est pas dans sa logique ni son intérêt. On ne parle pas ici de complot ! même si ça peut y ressembler parfois, et être vrai en partie. Mais qu'il y ait complot, ou pas, ne change strictement rien à l'affaire. Il faut prendre les choses comme elles sont, et se déterminer pour soi : qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? Est-ce que je veux suivre la pente naturelle et le troupeau de tous ceux qui errent dans leur vie sans y trouver de sens, y compris et surtout dans l'accumulation sans limites de biens de consommation, ou est-ce que je veux pouvoir dire un jour, comme Jésus : j'ai vaincu le monde ?

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