Partage d'évangile quotidien
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Plus que parfait

Sam. 15 Mars 2014

Matthieu 5, 43-48 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Vous avez entendu qu'il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.” Or moi je vous dis : Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs,  afin d'être fils de votre père dans les cieux. Car il fait lever son soleil sur mauvais et bons, pleuvoir sur justes et injustes. 

« Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quel salaire avez-vous ? Même les taxateurs n'en font-ils pas autant ? Si vous saluez vos frères seulement, que faites-vous en surplus ? Même les païens n'en font-ils pas autant ? 

« Vous, donc, soyez parfaits comme votre père du ciel est parfait. » 

 

 

Le paradis perdu, par He-Qi

 

 

voir aussi : Mon meilleur ennemi, Au centre du monde, L'amour fou, Tous frères (et sœurs), La prière de la pluie, Hauteur de vues, Amour sans tabous, Météo

Je me garderais bien de prendre au pied de la lettre la phrase qui conclut ce passage. Comme le dit l'adage, qui veut faire l'ange fait la bête. Nous ne pouvons pas prétendre devenir un jour "parfaits comme notre père du ciel". Même dans notre mort et la vie d'après, nous ne serons jamais Dieu. Ce qui, au passage, signifie que nous aurons toujours un chemin à parcourir devant nous, même dans notre mort et la vie d'après. Nous ne sommes pas Dieu, et nous ne le serons jamais. Mais nous venons de lui, et nous nous efforçons de manifester au mieux cette origine, en lui ressemblant, donc. C'est une direction qui nous est donnée, un objectif, mais pas comme les objectifs commerciaux : ceux-là peuvent être remplis, pas celui-ci.

C'est évident, vous dites-vous ? Par définition, la créature ne peut devenir l'égale de son créateur, ils ne sont pas de même nature ? En êtes-vous si certain, que nous ne soyons pas de nature divine ? Comment, sinon, l'idée de Dieu pourrait-elle nous parler, si nous étions vraiment si radicalement étrangers ? Non, la question n'est pas celle de la nature, nous participons bien de celle de Dieu, c'est d'elle que nous tenons notre existence. Mais nous ne sommes pas, à nous seul, et ne serons jamais, la totalité de Dieu. Et puis, pour quoi faire ? Pour nous fondre, pour nous dissoudre, pour disparaître dans le grand tout indifférencié ? Ce serait une curieuse conception, qui considèrerait l'existence de l'univers comme une expérience arbitraire et sans aucun intérêt en soi, si notre idéal est de retourner à la non existence. Car au fond, quelle différence y a-t-il entre un seul être, unique, indifférencié, et pas d'être du tout ? aucune...

Alors voilà le deal : ou bien nous estimons que le néant aurait été préférable, qu'il aurait mieux valu que nous ne naissions pas, que nous n'existions pas, et effectivement nous pouvons choisir le suicide, ou supporter patiemment notre épreuve jusqu'à ce que la mort vienne nous prendre, en espérant que l'une ou l'autre de ces solutions mettra fin à nos tourments. Ou bien, alors, nous ne pouvons pas raisonnablement revendiquer d'avoir plus de droits à l'existence que n'importe qui d'autre, ni mériter plus d'agréments, ni de meilleures conditions de vie, ni d'égards, ni de considération. Nous sommes tous frères (et sœurs), tous enfants du même père, tous engagés dans exactement la même aventure. C'est notre intérêt à tous, et à chacun, que tous, et chacun, progressent sur ce seul et même chemin. Nous pouvons nous débarrasser définitivement des vieilles béquilles de l'enfer et du paradis, de rétribution et de punition : à l'échelle de l'aventure cosmique de Dieu, nous sommes à la fois rien, et tout.

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