Partage d'évangile quotidien
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Solution de facilité

Mer. 12 Décembre 2012

Matthieu 11, 28-30 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 

 

 

Élie endormi, par He-Qi

 

 

voir aussi : Aime, et fais ce que tu veux, Union libre, Vie facile, Remise de peine, Offre alléchante, À qui irons-nous ?

C'est une excellente opération de com, qui est menée là. Jésus a raison, c'est un de ses atoûts forts par rapport à ses concurrents les plus directs, les pharisiens. Eux prônent l'observance de plus de six cent commandements, pour Jésus il n'y en a qu'un seul : aimer Dieu, aimer son prochain, c'est la même chose, et c'est tout, cela suffit. Présenté ainsi, il n'y a pas photo, et on comprend, rien que pour ça, que Jésus ait pu avoir du succès dans son ministère.

Maintenant, il faudrait quand même regarder, non pas où est le piège – comme on s'y attend avec toute opération publicitaire –, mais ce que cela signifie plus profondément. Certes Jésus a eu du succès, un certain temps, et puis ce qui semblait simple, trop simple sans doute, s'est fini dans la solitude sur une croix. Tout seul devant sa mort, tout seul à avoir vécu ce qu'il enseignait. Et nous en sommes encore un peu là aujourd'hui : nous sentons qu'il a raison, mais nous peinons à le suivre.

C'est que, d'abord, il s'agit d'un changement qui va bien au-delà d'une simplification administrative, comme ma présentation peut le laisser croire. En fait, il ne s'agit plus de commandements du tout. Les commandements, ce sont des choses à faire, et, à la limite, cela peut être automatique : on fait les choses, ok, on est bons ; on ne les fait pas, c'est pas bon. Ça reste tout dans les apparences, on peut accomplir ses obligations en faisant la gueule, en maudissant intérieurement et Dieu et son prochain, peu importe, on est dans les clous ! Les commandements, c'est juste une question de volonté.

La voie de Jésus, c'est très différent. Il ne s'agit pas de faire, d'abord, il s'agit d'être. Être en relation, ce qui veut dire commencer par recevoir, être à l'écoute, avant d'agir. Se recevoir soi, en premier, d'un Autre en nous qui nous crée, nous forme, nous connaît mieux que nous-même. C'est cette relation première, avec celui qu'il appelait ainsi son Père, qui fonde toute son action et tout son enseignement. Tout est là, tout en découle, et enlevez-lui ça, il ne reste plus qu'un philosophe, un réformateur, un sage, aussi grand, aussi élevé, que vous voudrez, mais ce n'est plus Jésus.

Et c'est là, juste là, qu'est notre difficulté depuis deux millénaires. Suivre Jésus, que l'on peut en ce sens appeler fils de Dieu, c'est devenir nous aussi flls de Dieu. Jusqu'à lui, la religion juive considérait que ce genre de relation à Dieu était réservée à quelques élus par-ci par-là, ceux qu'elle appelait prophètes. Ces hommes, entrés en relation avec Dieu, étaient chargés de faire l'intermédiaire avec le roi, les prêtres, le peuple. C'est l'expérience qu'a vécue Jésus lorsqu'il était disciple de Jean le baptiste, il était choisi, il était l'élu. Mais lui, le message dont il a été chargé, sa mission, c'est de nous révéler que nous sommes tous appelés, tous élus, tous prophètes, tous messiés – oints, bénis –, tous fils, de, Dieu.

Ah ! Oui ? Oui !

Mais, comment on fait ? "cherchez, vous trouverez, frappez, on vous ouvrira, demandez, on vous donnera..." Oui, mais encore ? "il est plus difficile à un riche d'entrer dans le royaume qu'à un câble de passer par le chas d'un aiguille..." et "comment pourrais-tu enlever la paille de l'œil de ton frère quand tu as une poutre dans le tien..." et "c'est comme la plus petite des graines qui devient grande comme un arbre..." etc... Il n'y a pas de réponse unique, universelle, à cette question. On n'est pas dans le faire, mais dans l'être. Il y a des 'faire' à éviter : tous les "tu ne..." (tueras pas, voleras pas, etc...) Il y a des 'faire' qui peuvent aider (jeûne, prière, aumône, etc...), mais à condition que ce ne soit pas automatique justement.

Au final, il n'y a pas de recette. Il n'y a que chacun qui puisse trouver Dieu, chacun selon ce qu'il est, au plus profond de lui-même. Souhaitons-le nous, chacun, chacune, les uns, les autres.

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