Partage d'évangile quotidien
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Dernière chance

Lun. 18 Novembre 2013

Luc 18, 35-43 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Or, comme il est proche de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin, à quémander. Il entend une foule passer, et s'enquiert : « Qu'est-ce que c'est ? »  Ils lui annoncent : « Jésus le Nazôréen passe à côté ! » 

Il crie en disant : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Ceux qui précèdent le rabrouent pour qu'il garde le silence. Mais combien plus il crie : « Fils de David, aie pitié de moi ! » 

Jésus s'arrête. Il ordonne de le lui amener. Quand il est proche, il l'interroge : «  Pour toi que veux-tu que je fasse ? » Il dit : « Seigneur ! Que je re-voie ! »  Et Jésus lui dit : « Re-vois ! ta foi t'a sauvé ! » 

Soudain il re-voit, et il le suit en glorifiant Dieu. Tout le peuple, ayant vu, donne louange à Dieu. 

 

 

Josué sonne la trompette, par He-Qi

 

 

voir aussi : Quand la caravane passe, Trompettes de la renommée, Aveugle mais pas sourd, Aveugles

Ce n'est pas le seul récit de guérison qui nous soit rapporté par les évangiles ! mais c'est le dernier. Chez les trois synoptiques, la guérison de l'aveugle (les deux aveugles, pour Matthieu) de Jéricho est le dernier signe que Dieu rétablit l'homme dans son intégrité. Chez Luc, c'est même le dernier signe tout court, puisqu'il n'a pas voulu conserver l'histoire du figuier maudit. C'est un récit très symbolique par deux aspects au moins. Le lieu : Jéricho, une des dernières étapes avant l'entrée à Jérusalem, pour nous dire que la fin arrive, avec le rejet définitif de Jésus par les autorités. C'est le thème de Jérusalem qui tue les prophètes, Jésus encore reconnu dans sa mission jusqu'aux portes de la ville, mais pas dedans. Mais Jéricho est aussi la première ville qui fut prise par les hébreux aux cananéens lorsqu'ils entreprirent la conquête de la terre promise. C'est une annonce voilée, qu'au-delà de l'échec apparent de la mort, la résurrection viendra faire s'écrouler les murailles derrière lesquelles les autorités religieuses avaient prétendu s'abriter. Enfin, bien sûr, que ce soit un aveugle qui soit guéri signifie que ces autorités sont les véritables aveugles de l'histoire, celles qui n'ont pas su voir qui était Jésus.

Nous pouvons difficilement douter que le ministère de Jésus fut réellement jalonné de tels signes de guérison. C'est ce qui le différencie principalement de son ancien maître, Jean Baptiste, et qui explique qu'avec un discours initialement le même, Jésus ait marqué les esprits de ses compatriotes. On ne peut guère comprendre que Jésus ait provoqué dans ses débuts galiléens un tel engouement, au point de susciter l'inquiétude tant de Hérode que du sanhédrin de Jérusalem, sans ces 'miracles' de guérison. Ceci dit, nous pouvons tout aussi difficilement les accepter de la manière dont ils sont présentés et utilisés dans les évangiles. Leur présentation, d'abord : on nous dit qu'ils résultaient d'une volonté de Jésus, on nous montre Jésus décidant de la guérison de telle ou telle personne, ceci est impossible, ce n'est jamais ainsi que de tels événements peuvent se produire. Les 'miracles' existent, mais personne ne peut les décider, on ne peut que les constater, et les accepter. Et Jésus, le premier, a eu à les accepter, et à "faire avec". Car si, bien sûr, ce sont ces signes qui lui ont permis d'avoir l'audience qu'on sait, ce sont eux aussi qui ont empêché les gens d'entendre l'essentiel de ce qu'il avait à dire, jusque y compris donc les évangélistes dans leur manière de les utiliser.

Ils ne le font pas exprès, bien sûr, ils sont seulement encore aveuglés, comme les foules galiléennes. De Jésus auteur des signes, on passe alors inévitablement et progressivement à l'homme Dieu, surtout en tenant compte de cet événement exceptionnel survenu après sa mort, la volatilisation de son corps. Nous ne pouvons pas leur jeter la pierre ! il est certain que nous en aurions fait autant, ou pire, à leur place, en fait nous devons même leur être reconnaissants de nous avoir transmis de lui autre chose que la statue, tout l'enseignement sur l'intériorisation de la relation à Dieu, la présence de Dieu en chacun de nous, et ce qui en découle, l'amour du prochain, jusqu'à l'amour des ennemis. C'est là l'essentiel de ce que nous avons à savoir de Jésus, et de ce que nous avons à voir, c'est-à-dire à faire nous aussi, entrer nous aussi dans une telle relation d'intimité à Dieu comme il l'a vécue. Heureux êtes-vous si vous entendez ce que je dis "et le mettez en œuvre" ! Serons-nous donc comme le sanhédrin, qui le rejette, comme les foules, qui l'adulent un jour parce qu'elles ont vu des merveilles et l'abandonnent le lendemain, ou le suivrons-nous sur le même chemin ?

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