Fondement de l'autorité
Une discussion s'éleva entre les disciples pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Mais Jésus, connaissant la discussion qui occupait leur pensée, prit un enfant, le plaça à côté de lui
et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille accueille aussi celui qui m'a envoyé. Et celui d'entre vous tous qui est le plus petit, c'est celui-là qui est grand. »
Jean, l'un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser les esprits mauvais en ton nom, et nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas avec nous pour te suivre. »
Jésus lui répondit : « Ne l'empêchez pas : celui qui n'est pas contre vous est pour vous. »
"Celui qui n'est pas contre vous est pour vous" : n'est-ce pas évident ? Mais on se demande alors comment on a pu inventer des "hors de l'église, point de salut", et toute la pensée qui va avec, laquelle prend aussi ses racines dans les évangiles. Dès le départ, plusieurs tendances cohabitent : être chrétien, n'est-ce pas faire partie d'une élite, de ceux qui connaissent la vraie vérité, le nouveau peuple élu ?
Et si nous laissions Dieu en décider ? Bien sûr, nous avons envie de partager cette amitié que nous vivons avec cet homme unique qui s'appelait Jésus, nous avons envie que d'autres découvrent ce visage qu'il nous a révélé de Dieu. Mais qui dit partage dit aussi recevoir, accepter que nous ne soyons pas propriétaires, légataires universels, de l'Esprit. La révélation n'est pas close, elle continue, et elle ne peut précisément se féconder encore que par la rencontre de l'autre.
Et voilà bien où nous avons besoin de l'esprit d'enfance, de l'ouverture de ceux qui savent qu'ils ne savent pas.


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