Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Petit, c'est beau

Sam. 21 Juillet 2012

Matthieu 12, 9-21 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il partit de là pour aller à la synagogue des Juifs. Or il s'y trouvait un homme qui avait une main paralysée. Et l'on demanda à Jésus : « Est-il permis de faire une guérison le jour du sabbat ? » (C'était afin de pouvoir l'accuser.) 

Mais il leur dit : « Si l'un d'entre vous possède une seule brebis, et qu'elle tombe dans un trou le jour du sabbat, ne va-t-il pas la saisir et la faire remonter ? Or, un homme vaut tellement plus qu'une brebis ! Il est donc permis de faire le bien le jour du sabbat. » 

Alors Jésus dit à l'homme : « Étends ta main. » L'homme l'étendit, et elle redevint normale et saine comme l'autre. 

Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : 

Voici mon serviteur que j'ai choisi,mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie.Je ferai reposer sur lui mon Esprit,aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas,on n'entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n'écrasera pas le roseau froissé,il n'éteindra pas la mèche qui faiblit,jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom. 

 

 

Le bon berger, par He-Qi

 

 

voir aussi : L'éternel sabbat, Qui est qui ?

Dans cette prophétie reprise d'Isaïe, on remarque une tension entre la notion de jugement et l'attitude du bien-aimé. Il est dit d'une part que ce bien-aimé est celui qui fera connaître et triompher le jugement. Mais d'autre part, tout ce qui est dit de son comportement, de ses actions, nous semble à priori contradictoire avec l'image que nous nous faisons de ce qu'est un jugement.

Spontanément, la notion de jugement signifie, pour nous, une sentence qui est prononcée, une décision qui est prise, par une personne au sujet d'une autre, et qui s'impose à cette dernière. Or, c'est tout le contraire du comportement du bien-aimé. Le bien-aimé ne tonitrue pas, ne crie pas, ne parle même pas, il n'a pas d'enseignement, de parole publique, à transmettre. Ce n'est pas un législateur, pas même un prosélyte.

Quant à ses actions, elles ne consistent certes pas à ajouter au malheur de ceux qui sont déjà faibles. Le pécher est une manifestation de faiblesse, de la condition humaine sujette à l'erreur, et qu'on n'attende pas du bien-aimé de venir achever celui qui a failli. Il ne fera rien qui puisse écraser le roseau déjà froissé, il n'éteindra pas la mèche qui a faibli.

Tel est donc le jugement selon le point de vue de Dieu ? Nous sommes bien loin des images traditionnelles que nous avons dans nos têtes ! Où se trouvent donc ici l'enfer et le paradis, ou les brebis à droite et les chèvres à gauche ? C'est pourtant le même Matthieu, le seul des quatre évangélistes, qui rapporte à la fois ce tri lors du 'jugement dernier' (Matthieu 25, 31-46) et le texte d'aujourd'hui.

Commenter cet évangile