Partage d'évangile quotidien
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Et mène au tombeau

Mer. 29 Août 2012

Matthieu 23, 27-32 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, mais à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. 

« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites : 'Si nous avions vécu à l'époque de nos pères, nous n'aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.' Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Eh bien, vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé ! » 

 

 

Le tombeau vide, par He-Qi

 

 

voir aussi : Suicide assisté ?, Appel au meurtre

Rien de nouveau sous le soleil ! Nous pouvons appliquer ces reproches sans problème à nos églises. Tous les grands réformateurs ont eu à subir persécution de leurs autorités écclésiastiques avant de finir canonisés. Oui, bien sûr, il n'a pas toujours fallu qu'ils attendent leur mort pour commencer à être réhabilités, mais, inévitablement, leur rentrée en grâce suppose aussi compromissions avec leurs intuitions initiales. Mais c'est normal, il ne peut pas en être autrement avec une institution, fut-elle soi-disant divine. Et pareil pour les apparences trompeuses, les églises ne sont composées que d'hommes, imparfaits, faillibles, par définition.

Je suis convaincu que les pharisiens n'étaient pas pires, ni meilleurs, que nous, et l'institution juive pas plus boiteuse que les chrétiennes. Nous, chrétiens, avons fait glisser le sens de ces reproches. Notre séparation du tronc commun du judaïsme nous permet, à bon compte, de nous soustraire de tels avertissements, comme s'ils ne concernaient que l'ancienne alliance. Mais ce n'est pas ainsi que Jésus les a donnés. Il s'adressait à ses coreligionnaires, et d'une manière générale, à toute personne qui se situe dans une démarche religieuse. C'est encore et toujours le même message : attention, ne confondez pas la forme, les rites, les règles, les écritures, avec la réalité vivante de votre relation à Dieu.

Je me répète, mais comment faire autrement ? Jésus avait une relation intime et personnelle avec celui qu'il appelait son Père, et il ne considérait certainement pas que cela lui fut réservé à lui seul. Au contraire, il était convaincu que quiconque peut aussi faire cette même expérience, et que cela seul compte. Si notre religion ne nous y amène pas, alors notre religion est vaine. Si la messe, les sacrements, et que sais-je encore de tout l'attirail chrétien, ne m'amène pas à faire cette expérience intérieure et personnelle du Père, cette expérience fondatrice et durable, permanente, d'une présence en moi qui me dépasse tout en m'étant plus intime que celui que je crois être, alors, ma religion est vaine.

À chacun, donc, de voir. L'appel est là, inchangé au travers des siècles, des époques et des lieux, des cultures, des langues, des organisations politiques, sociales, religieuses. Jésus n'est pas le seul à l'avoir lancé. Avant lui, un Gautama par exemple, le bouddha, ne disait pas autre chose. Et tout près de nous, un Krishnamurti aussi, comme autre exemple, a passé sa vie à refuser tous les titres et les honneurs, pour inviter à entrer dans cette démarche. Tous les authentiques maîtres spirituels se rejoignent étonnamment sur cette même base : fais ta propre expérience, ne crois en rien, ne renonce à rien, en-dehors de ce seul critère, que ce soit bien ta réalité propre de Dieu, que cela t'y mène et la fasse grandir.

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