Loi d'exception
Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre.
Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Premier miracle rapporté par Matthieu. Jésus s'applique à lui-même la recommandation qu'il a faite à la fin de son discours : ne pas se contenter de la théorie, mettre en pratique. Ce miracle a donc valeur exemplaire dans le projet de l'évangéliste.
De fait, la partie du miracle proprement dit est épurée à l'extrême, schématique presque : expression de la demande, et de la foi, du demandeur ("Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier") ; geste ("Jésus le toucha") et parole de Jésus ("Je le veux, sois purifié") ; et résultat ("Aussitôt, il fut purifié"). Mais ce qui suit est plus spécifique et tire toute sa signification du fait qu'il s'agit du premier miracle.
Matthieu, le légaliste, veut établir fermement dans l'esprit de ses lecteurs que les apparentes exceptions à la loi naturelle, que représentent les signes accomplis par Jésus, ne signifient d'aucune façon que la loi reçue au Sinaï soit caduque. L'examen par le prêtre établira dans les règles que l'ancien lépreux est guéri, et l'offrande témoignera que Jésus opère bien au nom du même Dieu, celui de l'Alliance.
La recommandation de ne parler à personne n'est pas du même ordre que le thème du secret de Marc. Il s'agit seulement de ne rien dire tant que la guérison n'est pas officiellement légalisée, de peur d'accréditer l'idée que la loi pourrait n'être qu'une option parmi d'autres.


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