Partage d'évangile quotidien
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Chaîne de joie

Jeu. 6 Mai 2010

Jean 15, 9-11 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 

« Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. » 

 

 

Les dix commandements, par He-Qi

 

 

Ce texte est bien court. Il se comprend mieux, à mon avis, en tenant compte de sa suite, prévue pour demain, où Jésus explicite quel est son commandement : "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis".

Et de même, ce que Jean entend ici par 'joie' (χαρά), il va le développer un peu plus loin par l'image de la femme qui accouche et qui "lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu'un homme soit venu au monde". On pourrait transposer ce qu'il disait de la paix : je vous donne ma joie, mais pas comme le monde la donne ...

On est bien dans une logique de dépassement, de désaisissement, et, nous dit Jésus, là réside le secret de la vraie joie. N'est-on pas ici très proche du bouddhisme ?

Commenter cet évangile

S
<br /> Bien sûr,il existe des traits communs,aux grandes religions du monde. Ceci étant,nous avons: - Judaîsme et Islam,grande verticalité. - Boudhisme,grande horizontalité. - Christianisme,verticalité et<br /> horizontalité. La verticalité,c'est la transcendance de Dieu,qui nous est supérieur et extérieur. L'horizontalité,c'est Dieu que nous pouvons découvrir à l'intérieur de nous. Par conséquent,il est<br /> fondamental de bien saisir l'offre d'une doctrine religieuse,pour mieux appréhender notre propre religion,sans être dévoyé par les similitudes. Cela se traduit,pour revenir à notre débat,par la<br /> voie chrétienne qui passe par la réduction de notre égoîsme,au profit de notre prochain;la voie boudhiste qui est un anéantissement de l'ego. C'est deux voies ne sont pas exclusives l'une de<br /> l'autre,l'on peut-être Chrétien et Boudhiste,l'Eglise l'admet.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> @ Anon : suis-je caricatural à propos du bouddhisme ? Après tout, c'est possible : je n'ai aucune prétention à bien connaître cette approche.<br /> Toutefois, dans ce que j'ai croisé à ce propos, je n'ai jamais été frappé par la place qu'aurait la "personne". En effet, en lien avec la doctrine de la réincarnation, une personne souffrant ou<br /> en galère peut tout-à-fait être considérée comme vivant les justes conséquences de sa précédente incarnation. Aussi, lui venir en aide n'est pas forcément recommandé, dans la mesure où cela<br /> risque de l'empêcher de "purger" son karma. Si toutefois on lui vient en aide, le bénéfice est considéré se reporter sur la personne qui aide. D'autre part, ce que nous considérons comme la<br /> "réalité" (et en particulier les notions de "joie" et de "douleur") est considéré comme "illusion ("maya") dans le bouddhisme, et le but de la démarche bouddhiste est de se libérer de cette<br /> illusion pour parvenir à un état d'équanimité (ou, pour prendre un terme grec que l'on retrouve dans la démarche monastique du "désert", en particulier dans la mouvance d'Evagre le pontique,<br /> "d'apathéia").<br /> Enfin, l'objectif du chrétien est de vivre en "communion" (peut-être faudra-t-il que je revienne un jours sur cette notion de "communion) avec Dieu qui se découvre comme "être personnel", ce qui<br /> est très éloigné du "Grand océan" bouddhiste.<br /> Ceci étant dit sans préjudice pour ce que le bouddhisme peut avoir d'intéressant par ailleurs.<br /> Mais, à tout prendre, je trouve le rapprochement entre le texte de ce jour et le bouddhisme un peu forcé.<br /> A ce propos, il me semble que les livres de Dennis Gira (en particulier "le lotus ou la croix" que j'ai lu il y a quelques années, ainsi qu'un autre, il me semble, dont je ne me souviens plus le<br /> titre) sont d'une assez bonne pertinence, en ce qu'il ne se positionne ni en opposition de principe, ni en démarche fusionnante qui gommerait les divergences…<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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A
P.S. : nous autres chrétiens occidentaux, avons souvent ce arrière-plan plus ou moins conscient que nous pouvons sauver le monde malgré lui, moyen en quoi nous faisons en général plus de tort que de bien. Mais je crois que tu sais bien de quoi je parle.
A
Cher Albocicade, je suis évidemment moi aussi dans cette position de Dennis Gira : ni opposition, ni fusion.<br /> <br /> Sur ta question de la notion d'aide dans le bouddhisme par rapport au karma, je ne la trouve pas choquante si elle est bien comprise. Nous sommes capables de comprendre, nous aussi, que face à des personnes en difficulté matérielle, une aide directe peut se justifier dans l'urgence, mais que pour le long terme, il vaut mieux leur donner les moyens de s'assumer elles-mêmes.<br /> Face maintenant à des personnes en difficulté psychologique, nous savons aussi que nous ne pouvons pas résoudre leurs problèmes à leur place, seulement les assister, si possible, pour trouver elles-mêmes leur(s) solution(s).<br /> <br /> Je pense que la notion de karma ne dit ni plus ni moins que ça.
A
<br /> <br /> Certes, les "logiques du dépassement" et du "désaisissement" sont des aspects communs du christianisme et du boudhisme. Disons même que c'est un bien commun à toute pensée altruiste et/ou<br /> ascétique.<br /> <br /> <br /> Toutefois, il s'agit là de mode de démarche, et non d'objectif : je peux me déplacer en scooter ou en camion (n'y voir aucune allusion à un "petit " ou un "grand véhicule"), cela ne préjuge en<br /> rien du but de mon voyage : est-ce pour aller voir un sublime paysage, un parent très cher, ou encore fuir une situation pénible ?<br /> <br /> <br /> De sorte que je rejoins partiellement Sagramor lorsqu'il met en vis-à-vis "l'abandon des désirs" et "l'amour du prochain". Mais à mon sens, la césure est plus profonde : le boudhisme entend faire<br /> entrer l'adepte dans un "Grand Tout d'absence de souffrance", alors que le Christ appelle à une rencontre, à une relation avec son Père...<br /> <br /> <br /> Ceci dit, cette notion de dépouillement volontaire, qui est un des aspects de la vie chrétienne (peut-être pas l'aspect le plus vécu en général, j'en conviens) se trouve excellemment mise en<br /> valeur par St François d'Assise (Fioretti, chap VIII)<br /> <br /> <br /> Enfin, notons qu'à ce propos, Théophile d'Antioche écrit ...<br /> <br /> <br /> (non, là je plaisante !)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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A
Tout en re-précisant que mon propos n'est pas de dire que toutes les religions (ou démarches philosophiques) se valent, il me semble quand même, Albocicade et Sagramor, que vous faites une sacrée impasse : vous ne retenez du bouddhisme que cette soi-disant extinction de la personne, dont je ne suis pas sûr qu'elle lui soit aussi intrinsèque qu'on le dit en général, pour l'opposer à l'altruisme du christianisme. Ce faisant vous oubliez toute la dimension de compassion infinie envers toute créature, qui elle est au moins tout autant avérée, sinon plus, dans le bouddhisme que dans le christianisme.
S
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Cher CHRISTOPHOROS,<br /> <br /> <br /> Boudha et Jésus ont des enseignements,qui ne se rejoignent pas.<br /> <br /> <br /> L'abandon des désirs,contre l'amour de son prochain.<br /> <br /> <br /> Une gymnastique physique et mentale,face à une métaphysique et une morale.<br /> <br /> <br /> Un Nirvana,qui n'est pas notre Paradis.<br /> <br /> <br /> Un désengagement du monde,un engagement pour le monde de nos frères.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   L'enseignement de Jésus,vient de trés loin,il est dans le Zohar,le "livre des merveilles",il se résume en trés peu de mots:<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       "Etre vainqueur de notre propre égoîsme.".<br /> <br /> <br /> <br />
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A
Cher compagnon de la Queste,<br /> je vois que vous avez fini par résoudre, ô combien élégamment, le problème de l'affreuse banalité de mon pseudonyme !<br /> <br /> Je ne cherche pas à mélanger les différentes voies qui mènent au Seigneur, je relève seulement parfois leurs similitudes, au moins d'aspect, et il ne me semble pas que ma remarque ici était injustifiée. Mais je ne commettrais pas l'erreur de confondre la sensibilité de la seule tradition johannite avec la plénitude de la révélation en Jésus-Christ.<br /> Je trouve en outre que, dans votre désir de bouter au loin ces traditions étrangères sinon étranges, vous forcez un peu excessivement le trait : réduire la pratique de la méditation à de la 'gymnastique physique et mentale' (pour le physique, d'ailleurs, ne s'agirait-il pas plutôt de l'hindouisme ?) !<br /> A moins que vous ne soyez aussi un ardent partisan de la fermeture des Carmels, je préfère penser que c'est votre destrier qui avait pris les rênes.