Partage d'évangile quotidien
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Les semblables s'attirent

Mer. 18 Avril 2012

Jean 3, 16-22 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. 

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. 

« En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. » 

Après cela, Jésus se rendit en Judée, accompagné de ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait. 

 

 

La nativité, par He-Qi

 

 

voir aussi : Prédestination ?, Aimant divin

On se demande comment le langage gnostique, manichéen, duel, comme celui dont est rempli l'évangile de Jean, peut séduire à ce point tant de gens ! Bien sûr, il est facile à comprendre, il ne demande pas d'effort, les choses sont claires : d'un côté le mal, de l'autre le bien, circulez, il n'y a rien à voir ! Mais justement cette simplification à outrance se heurte très vite à la réalité complexe du monde. Est-ce juste par paresse intellectuelle que des pans entiers de nos comportements restent dominés par le manichéisme ?

Car, même si nous savons nous distancier de ce genre de raisonnements lorsque nous exerçons une activité réfléchie consciente, une grande partie de notre fonctionnement reste sous l'emprise de notre inconscient qui, lui, ne connaît que ces catégories, le bien et le mal. Ce n'est d'ailleurs pas une mauvaise chose quand, par exemple, nous nous écartons spontanément d'une flamme parce qu'elle nous brûle. Mais c'est beaucoup plus dommageable quand une émotion nous submerge et nous fait juger tout en blanc, ou tout en noir, un interlocuteur. Comme s'il pouvait exister des personnes foncièrement et intrinsèquement mauvaises ou bonnes.

C'est l'inconvénient de ce saucissonnage des écritures dans la liturgie. Mais il est vrai que ce peut être aussi un exercice, un apprentissage, pour se forcer à chaque fois à reprendre une perspective plus large, et un entraînement à savoir dépasser les apparences. Oui, en chacun de nous, une part peut vouloir aller vers la lumière, et doit, pour cela, combattre une autre part qui préférerait se contenter de rester, peinarde, dans les ténèbres.

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