Rassemblement contre division
Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l'admiration. Mais certains se mirent à dire : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. » D'autres, pour le mettre à l'épreuve, lui réclamaient un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
« Et si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous.
« Quand l'homme fort et bien armé garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort intervient et triomphe de lui, il lui enlève l'équipement de combat qui lui donnait confiance, et il distribue tout ce qu'il lui a pris. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.
« Quand l'esprit mauvais est sorti d'un homme, il parcourt les terres desséchées en cherchant un lieu de repos. Et comme il n'en trouve pas, il se dit : 'Je vais retourner dans ma maison, d'où je suis sorti.' En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée. Alors, il s'en va, et il prend sept autres esprits encore plus mauvais que lui, ils y entrent, et ils s'y installent. Ainsi, l'état de cet homme est pire à la fin qu'au début. »
voir aussi : Champions de la division, Un royaume sans couture
Petite collection de sentences sur les esprits malins, avec comme point de départ l'accusation que Jésus agirait pour le compte du 'chef des démons'. La phrase qui m'accroche le plus est "celui qui ne rassemble pas avec moi disperse".
Ce 'disperse' rappelle immédiatement l'étymologie du mot 'diable' = celui qui jette au loin, celui qui sépare. En ce sens, on pourrait dire que les démons, les mauvais esprits, ce sont ceux qui séparent, qui isolent les gens, malades ou égarés, du reste de la communauté. On voit mal comment ces principes de force centrifuge pourraient être organisés en une hiérarchie, avec à leur tête un chef !
C'est là le fondement le mieux établi du raisonnement de Jésus : il n'est pas possible qu'un disperseur soit un guérisseur, c'est-à-dire ré-unisse à sa communauté d'origine une personne précédemment mise à l'écart, isolée, par l'un de ces mêmes esprits mauvais. Celui qui guérit est forcément contre les démons, et inversement, les démons sont contre la guérison.
Il y a par contre de fausses guérisons, et de deux sortes.
Il y a des guérisons qui ne sont que partielles, c'est-à-dire que seuls les symptômes les plus apparents ont disparu, mais pas la racine du mal. C'est ce que font le plus souvent les médecines, surtout la notre, occidentale. Parfois avec toutes les apparences de la réussite la plus complète. Mais par dessous la cendre, le feu couve.
Et il y a des guérisons qui sont pires que le mal originel, celles dont parle le dernier paragraphe. Celles-ci ne sont obtenues que parce que le mal a en fait été refoulé encore plus profondément. Le résultat est que les symptômes précédents peuvent disparaître, au moins temporairement, le temps que le foyer remonte vers la surface. Mais ensuite ...
Les guérisons opérées par Jésus n'entraient certainement pas dans le premier cas. Tous les récits que nous ayons donnent une image claire d'un changement complet et radical. Le grabataire est capable de se relever et de partir, tout guilleret, avec son brancard sur le dos, etc...
Pour ce qui est du second cas, c'est à chacun de prendre parti. Personnellement, je sais lequel j'ai pris.


Commenter cet évangile