Etat de grâce
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur. Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie.
Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. »
Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.
On comprend les foules qui voudraient garder chez elles un tel joker. Une assurance-vie qui surpasse tout ce qui s'est jamais fait dans ce domaine. Une source de jouvence gratuite et illimitée. Un passeport direct pour la vie éternelle. On ne peut pas leur reprocher d'avoir voulu retenir Jésus.
On s'étonnerait même qu'elles n'aient pas été plus vindicatives que ça. Moi, à leur place, je lui aurait proposé de l'argent, une rente à vie, nourri logé blanchi, ou je l'aurais menacé, retenu de force sous la contrainte . Une occasion pareille, ça ne se loupe pas. Du moins j'aurais essayé, parce que évidemment avec de tels pouvoirs, il n'aurait eu aucun mal à m'échapper.
Bon, mais voilà ... On a eu un avant-goût du ciel, et maintenant la vie reprend ses droits. Il nous restera le souvenir, comme une belle carte-postale, qu'on se passera de temps en temps de mains en mains : vous vous rappelez quand Jésus était passé chez nous ?
Oui, c'est vrai, quelques uns ont décidé de le suivre, ce jour-là. Mais nous ?


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