Partage d'évangile quotidien
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Au fond des yeux

Ven. 14 Septembre 2012

Luc 6, 39-42 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il leur dit encore en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. 

« Qu'as-tu à regarder la paille dans l'oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton oeil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton oeil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'oeil de ton frère. » 

 

 

La femme surprise en adultère, par He-Qi

 

 

voir aussi : Penser d'abord à soi, Jugement éclairé

Nous continuons sur le thème de l'amour du prochain. Après l'introduction magistrale, hier, avec l'amour des ennemis, fondé sur l'amour que nous porte le Père à tous, indifféremment, et donc le respect de la présence du Père en l'autre, en son sein, voici un aspect complémentaire de la question. L'amour du prochain, fut-il notre ennemi, suppose de ne pas juger la personne elle-même, seulement ses actes. Eh bien ! même ce jugement des actes, nous dit Jésus, nous devons apprendre à le relativiser.

Suivre ce précepte est en même temps un chemin pour apprendre l'amour inconditionnel. Il y a évidemment des actes qui sont clairement répréhensibles, à savoir, d'une manière générale, tout ce qui fait violence à l'autre. Il y a alors un tort avéré, même s'il peut être, le cas échéant, plus délicat de le mesurer, d'en évaluer un ordre de grandeur. Mais observons comment nous sommes quand nous sommes braqués sur le tort qu'un autre nous a fait. Nous sommes remplis de ce tort. Non seulement nous ne voyons plus en l'autre que l'auteur du méfait, oubliant toutes ses qualités éventuelles, mais en plus nous sommes persuadés que nous serions incapables du même méfait, et par la même occasion, de tout méfait, quel qu'il soit.

Nous le savons bien, en ces cas là, nous sommes dans un état anormal, exagéré. Eh bien ! voilà deux moyens de reprendre contact avec la réalité. Chercher en l'autre au-delà de ce qui nous semble son abomination absolue, et chercher en soi en-deçà de ce qui nous semble notre perfection absolue. Il y a une raison très concrète à ce deuxième moyen, si nous souhaitons sincèrement aider un 'ennemi' à se 'convertir'. C'est que nous avons besoin de connaître notre propre aptitude à commettre le mal pour avoir un point d'ancrage de base dans notre dialogue avec lui. Un être parfait est, de par sa nature, dans l'incapacité radicale d'aider un être imparfait. La véritable perfection n'est pas tant de ne jamais commettre d'erreur que de savoir, le plus souvent et le plus rapidement possible, les reconnaître. Celui qui se croit parfait, voilà l'aveugle !

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