Grandeur et servitude
Et tous étaient frappés d'étonnement devant la grandeur de Dieu. « Mettez-vous bien en tête ce que je vous dis là : le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles, elles restaient voilées pour eux, si bien qu'ils n'en saisissaient pas le sens, et ils avaient peur de l'interroger sur ces paroles.
Nous sommes dans le coeur du sujet. Les juifs sont dans une attente messianique qui ne peut pas être séparée de leur pays et de sa souveraineté. Et Jésus n'est pas forcément éloigné de ces conceptions. Ce n'est pas sur cet aspect qu'il se démarque de ses compatriotes. Cette réflexion-là ne viendra que plus tard, par ses héritiers, après cet événement qui est ici rétro-projeté : sa mort, sans restauration du royaume de David.
Mais il y a un point sur lequel Jésus se démarque nettement de la plupart de ses coreligionnaires, c'est sur la relativisation des formes de l'institution religieuse, pour en retrouver l'esprit originel. C'est cette remise en cause du Temple et de ses sacrifices, du Dieu comptable pour retrouver le Dieu d'amour. Cet aspect-là de Jésus ne peut pas vraiment être mis en doute.
Et même si il fallut un Paul pour en extrapoler la conséquence, l'universalité du salut et la déterritorialisation du Royaume, comment nier que le fruit était déjà contenu dans la graine ?


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