Degré zéro de la parabole
Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s'approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l'ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
« De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »
voir aussi : La parabole pour les nuls
Le traitement que fait Matthieu de l'explication de la parabole n'aide pas à l'apprécier. Rien que de lire cette énumération de 'ceci c'est cela', on sent l'ennui nous envahir. On a l'impression d'un tableau technique, des équivalences scientifiques. Tel n'est certainement pas le fonctionnement attendu d'une parabole. Nous sommes dans une interprétation de relecture à l'époque de Matthieu, où la communauté des chrétiens pour laquelle il écrit a besoin de se rassurer sur la justesse de sa position au milieu des adversités.
Pour moi, c'est un massacre. Je me suis expliqué ici déjà sur le mode d'action d'une parabole, entre autres que c'est justement son mystère qui est le levier de son efficacité. Le moins que l'on puisse dire est que, si on suit Matthieu, il n'y reste plus la moindre parcelle de flou ! Essayons donc de nous focaliser sur ce qui dépasse de l'explication à proprement parler de la parabole. Retenons par exemple cette image des justes qui "resplendiront comme le soleil" dans le royaume.


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