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Ven. 23 Août 2013

Matthieu 22, 34-40 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Les pharisiens entendent qu'il a muselé les sadducéens. Ils se rassemblent en groupe, et l'un d'eux, un homme de loi, l'interroge pour l'éprouver : « Maître, quel est le grand commandement dans la loi ? »  Il lui dit : « “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence.“ Tel est le grand et premier commandement.  Le deuxième lui est semblable : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” À ces deux commandements toute la loi est suspendue, et les prophètes. » 

 

 

Le bon samaritain, par He-Qi

 

 

voir aussi : Deux en un, La loi pour les nuls, Toute la loi

C'est un passage où on peut comprendre que ceux qui vont condamner Jésus sont les sadducéens et non les pharisiens. Jésus a "fermé la bouche" ou "réduit au silence" les sadducéens, disent de nombreuses traductions. Il leur a en fait "cloué le bec", littéralement il leur a "passé une muselière". Le verbe φιμόω (phimoó) a effectivement le sens courant de "fermer la bouche", mais son origine étymologique (phimos : une muselière) lui donne une dimension beaucoup plus forte que ἐπιστομίζω (epistomizó, qui vient de stoma : la bouche, d'où "fermer la bouche"). Jésus s'est rendu maître des sadducéens, comme s'ils n'étaient que des animaux domestiques qui devront désormais lui obéir. On comprend qu'ils vont lui en vouloir. Les pharisiens, leurs adversaires héréditaires, sautent sur l'occasion : Jésus serait-il de leur côté ?

Nous voici donc dans une discussion 'rabbinique'. Ce n'est pas parce que les pharisiens sont les champions de l'observance des plus de six cent commandements recensés dans la Torah qu'ils les mettent tous sur le même plan ! Au contraire, le principe de savoir distinguer des priorités, d'ordonnancer leurs importances respectives, est au cœur du raisonnement pharisien. C'est sur ce principe qu'ils se basent pour déduire les comportements à adopter face à des situations non prévues explicitement dans la Loi. La question posée ici à Jésus est en quelque sorte le b.a. ba, le premier article du petit catéchisme du bon pharisien : quel est le plus grand commandement ? Et Jésus, qui a reçu son instruction religieuse des pharisiens, n'a évidemment aucune difficulté à répondre que le premier de tous les commandements est d'aimer Dieu. Puis il enchaîne avant qu'on le lui demande : le deuxième commandement est d'aimer son prochain. Cependant, il ajoute une petite touche de son cru et qui est loin d'être sans conséquences : ce deuxième commandement est "semblable" au premier.

Si cette discussion avait été une discussion réelle, il est certain que, sur cette 'innovation' de Jésus, les débats se seraient engagés à n'en plus finir. On imagine bien que, du seul point de vue strictement juridique, considérer que ces deux commandements sont de même importance, ou opter pour la prééminence de l'amour de Dieu sur l'amour du prochain (la position des pharisiens), est lourd de conséquences. Ce qui est remarquable, ici, c'est que c'est Matthieu seul qui a cette précision de Jésus. Chez Marc, Jésus énumère les deux commandements à la suite l'un de l'autre (Marc 12, 29-31 : "le premier est..., le deuxième..."), sans justifier pourquoi il parle du second alors qu'on ne lui en demandait qu'un. Luc, pour sa part, a créé un nouveau commandement qui regroupe les deux (Luc 10, 27 : "tu aimeras le Seigneur ... et ton prochain"), ce qui va dans le même sens que Matthieu, mais de manière moins explicite. Matthieu, donc, a volontairement souligné ce qui est, en fait, un point central du message de Jésus. Car, derrière ce qui pourrait sembler une nuance (deuxième commandement, ou premier ex-æquo ?), c'est un changement complet de théologie qui est en réalité en jeu. Dire que l'amour du prochain est équivalent à l'amour de Dieu, c'est dire que Dieu ne se trouve pas en-dehors des hommes, c'est le passage d'un Dieu extérieur au Dieu intérieur, c'est toute la notion du Père que Jésus cherche à révéler.

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O
Dieu ,personne ne l'a jamais vu ....<br /> A la limite ,on pourrait dire que, pour Jésus ... Dieu est l'autre ,le prochain . Cela simplifierait bien des &quot;images &quot; attribuées à Dieu .<br /> Aimer son prochain comme soi-même reviendrait à aimer Dieu .<br /> D'où le Règle d'Or :<br /> <br /> Bouddhisme : « Ne blesse pas les autres de manière que tu trouverais toi-même blessante. » - Udana-Varga 5:18 (environ -500)<br /> ----------<br /> Christianisme : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » Jésus de Nazareth (environ -5/32 ) (Mt 22. 36-40), Mathieu 7:12, 22:39, Luc 6:31, Luc 10:27<br /> ----------<br /> Confucianisme : « Ce que tu ne souhaites pas pour toi, ne l’étends pas aux autres. » - Confucius (environ -551 - -479)<br /> -----------<br /> Hindouisme : « Ceci est la somme du devoir ; ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent. » Mahabharata (5:15:17) (Environ -500<br /> -----------<br /> Islam : « Aucun d’entre vous ne croit vraiment tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » Mahomet (570-632), Hadith 13 de al-Nawawi.<br /> ----------<br /> Jaïnisme : « Rien qui respire, qui existe, qui vit, ou qui a l’essence ou le potentiel de la vie ne devrait être détruit ou dirigé, ou subjugué, ou blessé, ou dénié son essence ou son potentiel.<br /> ----------<br /> Le Judaïsme : « Tu ne te vengeras pas, ou tu ne porteras aucun grief contre les enfants de ton peuple, tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis le seigneur. » Torah, Lévitique 19:18. (environ -1280/-650). Cette règle est ainsi présentée par Hillel (vers le début de l’ère chrétienne) : « Ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît, ne l’inflige pas à autrui. C’est là toute la Torah, le reste n’est que commentaire.<br /> ----------<br /> Taoisme : « Regarde le gain de ton voisin comme ton propre gain, et la perte de ton voisin comme ta propre perte » T’ai Shang Kan Ying P’ien, « Le sage n’a pas d’intérêt propre mais prend les intérêts de son peuple comme les siens. Il est bon avec le bon ; il est également bon avec le méchant, car la vertu est bonne. Il est croyant avec le croyant ; il est aussi croyant avec l’incroyant, car la vertu est croyante. » - Dao De Jing (environ 600 av. J.-C), Chapitre 49<br /> ------------<br /> Zoroastrisme : « La nature est bonne seulement quand elle ne fait pas aux autres quoi que ce soit qui n’est pas bon pour soi-même. » - Dadistan-i-Dinik 94:5 (environ -700
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A
Oui !!!-)<br /> Dieu n'est pas ailleurs que dans nos prochains.<br /> On peut cependant encore ajouter, comme dans la citation du jaïnisme que tu donnes, qu'il est aussi en toute vie, ce qui implique ici nos responsabilités vis-à-vis de la création qui sont tellement d'actualité<br /> Mais c'est ça : si on prétend obéir à Dieu alors qu'on cause un tort à qui que ce soit ou à quelque partie de la création, on est menteur.<br /> Dieu n'est pas ailleurs que dans la création, mais ne pas oublier que nous faisons aussi partie de cette création, qu'à ce titre il est aussi en nous, où nous pouvons (et devons) le trouver aussi !