Partage d'évangile quotidien
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Va-et-vient

Lun. 26 Avril 2010

Jean 10, 1-10 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. 

« Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. » 

Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. 

C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. 

« Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. » 

 

 

Le bon berger, par He-Qi

 

 

Je suis pour ma part frappé, comme souvent avec Jean, par les glissements sémantiques qu'il opére (lui ou Jésus ?) au cours d'une même péricope : Jésus se présente d'abord comme le pasteur, le bon pasteur évidemment, celui qui passe par la porte, contrairement aux autres (les voleurs, les bandits).

De quelle porte s'agit-il ? La question n'est pas sans importance, puisque aussitôt après l'incise du récit pour expliquer que les pharisiens ne comprennent rien, Jésus reprend, presque sans transition, en se présentant comme la porte, celle par laquelle les brebis accèdent aux verts paturages de la vie 'en abondance', éternelle donc.

Je ne suis pas sûr qu'il faille trop analyser les rapports entre le pasteur et la porte ! Je note que ce genre de procédé, sans doute de la même façon que pour les paraboles, qui a pour effet de désarconner l'intelligence, est vraisemblablement voulu, justement vis-à-vis de ce genre d'intelligence dont font preuve les pharisiens.

Sur le fond, rien n'empêche Jésus d'être à la fois comparable à un pasteur et à une porte, il n'y a que de lire ces deux passages séparément, comme s'ils n'avaient pas de lien entre eux, pour s'en rendre compte. Et les brebis qui savent l'entendre trouveront le salut.

Commenter cet évangile

S
<br /> <br /> Le bon pasteur nourrit et protège ses brebis.<br /> <br /> <br /> David était aussi un pasteur,qui sut affronter l'ours et le lion,pour protéger son troupeau.<br /> <br /> <br /> Jésus connaît bien l'histoire de David,dont il descend,les Pharisiens aussi connaisse cette histoire.<br /> <br /> <br /> Le choix de Jésus est habile,en cela que les Pharisiens,en concurrence politique avec les Saducéens issus de la classe sacerdotale,viennent d'un milieu de petits propriétaires terriens<br /> courageux,travailleurs,mais qui s'aveuglent dans la lettre de la LOI. <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
Bonjour Sagramor, et merci d'intervenir sur ce blog.<br /> <br /> Si je vous comprends bien, vous soulignez que l'habileté de Jésus réside ici dans le choix de l'image du pasteur pour se définir, par rapport à des pharisiens qui, dans leur ensemble, ne peuvent sans doute pas se réclamer de la même ascendance que lui : David. C'est effectivement un rapprochement auquel je n'avais personnellement pas pensé, et que je trouve très pertinent.<br /> <br /> Merci aussi de nous situer qui sont les pharisiens par rapport aux saducéens. Trop souvent nous amalgamons dans notre esprit scribes, pharisiens, saducéens, comme une espèce de tout indifférencié des adversaires de Jésus, et comme s'ils ressortaient tous de la même classe sociale, celle des dirigeants. La faute en incombe en premier aux évangélistes qui ont eu tendance à concentrer leur tir sur les pharisiens, parce que les pharisiens étaient les seuls à rester en concurence avec le christianisme naissant à l'époque de la rédaction des évangiles (au moins pour Matthieu, Luc et Jean).<br /> Nous savons mieux maintenant ce qu'il en était, et notamment que, comme vous dites, les pharisiens dans leur ensemble étaient plutôt issus de la classe moyenne. Ceci dit, rien n'empêchait des membres de la classe sacerdotale d'adhérer, s'ils le souhaitaient, au mouvement pharisien, et il semble bien qu'il y eut quelques cas. Mais c'est un détail qui ne contredit pas la pertinence de votre remarque.