Va-et-vient
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
« Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire.
C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
« Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »
Je suis pour ma part frappé, comme souvent avec Jean, par les glissements sémantiques qu'il opére (lui ou Jésus ?) au cours d'une même péricope : Jésus se présente d'abord comme le pasteur, le bon pasteur évidemment, celui qui passe par la porte, contrairement aux autres (les voleurs, les bandits).
De quelle porte s'agit-il ? La question n'est pas sans importance, puisque aussitôt après l'incise du récit pour expliquer que les pharisiens ne comprennent rien, Jésus reprend, presque sans transition, en se présentant comme la porte, celle par laquelle les brebis accèdent aux verts paturages de la vie 'en abondance', éternelle donc.
Je ne suis pas sûr qu'il faille trop analyser les rapports entre le pasteur et la porte ! Je note que ce genre de procédé, sans doute de la même façon que pour les paraboles, qui a pour effet de désarconner l'intelligence, est vraisemblablement voulu, justement vis-à-vis de ce genre d'intelligence dont font preuve les pharisiens.
Sur le fond, rien n'empêche Jésus d'être à la fois comparable à un pasteur et à une porte, il n'y a que de lire ces deux passages séparément, comme s'ils n'avaient pas de lien entre eux, pour s'en rendre compte. Et les brebis qui savent l'entendre trouveront le salut.


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