De père inconnu
« Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
« Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »
voir aussi : Toi en moi, et moi en eux
L'unité dans l'esprit est une conséquence directe, évidente, de l'origine divine. Si nous sommes de Dieu, et que nous nous y maintenons, alors nous sommes forcément uns dans nos diversités. La réciproque est donc vraie aussi, comme le dit le texte d'aujourd'hui : en constatant, en comprenant, l'unité de ceux qui sont de Dieu, ceux qui ne le sont pas seront amenés à le devenir. Et plus cette unité sera parfaite, c'est-à-dire plus nous serons de Dieu, plus le témoignage sera éclatant. Être né de Dieu implique la responsabilité de l'être toujours mieux.
L'origine divine que Jésus a manifesté de manière particulièrement contrastée pour les hommes de son milieu et de son temps, explique l'idée de conception virginale. Étant donné qu'à cette époque on considérait que la semence du père contenait à elle seule le futur bébé, le rôle de la mère n'étant que de fournir les conditions nécessaires à la croissance de cette semence, — exactement comme la terre pour les graines qui lui sont confiées et qui contiennent à elles seules toute la future plante — , dire que Marie fut enceinte par l'opération du Saint Esprit revenait à dire que Jésus était fils de Dieu.
L'ennui de ce genre de symbole, c'est qu'il mine tout l'édifice, le vidant de son essence. Si Jésus était vraiment né 'charnellement', physiologiquement, de Dieu, alors nous ne pourrions en aucune manière le considérer comme notre frère en humanité. Un gouffre s'ouvre entre lui et nous. Il n'est plus qu'un de ces innombrables demi-dieux dont sont remplies les mythologies des peuples de ces temps. À force de vouloir affirmer la divinité de Jésus, on finit par tuer son humanité !


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