Partage d'évangile quotidien
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Plan de table

Sam. 2 Novembre 2013

Luc 14, 7-11 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il disait aux invités une parabole. Ayant remarqué comment ils élisent les premiers sofas, il leur dit : 

« Quand tu es invité par quelqu'un à des noces, ne t'attable pas au premier sofa de peur qu'un homme plus honorable que toi ait été invité par lui ; et celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : "Donne-lui la place !" Et alors tu commencerais avec honte à tenir la dernière place. 

« Mais quand tu as été invité, va t'allonger à la dernière place, en sorte que ton hôte vienne et te dise : "Ami, monte plus haut !" Alors ce sera pour toi une gloire en face de tous tes commensaux. 

« Tout homme qui se hausse sera humilié et qui s'humilie sera haussé. » 

 

 

Abraham et les trois anges, par He-Qi

 

 

voir aussi : La valse des honneurs, Des hauts et des bas, Chaises musicales, Sous le regard des autres

Les "invités" sont ceux du repas auquel a pris part Jésus dans le passage d'hier, c'est la suite de ce repas. Ça ne va d'ailleurs pas s'arrêter là, puisque les passages que nous verrons lundi et mardi sont encore censés se passer au cours de ce même repas. Hier, Jésus a donc guéri devant toute l'assemblée un hydropique. Aujourd'hui, il s'adresse aux invités, lundi, il parlera spécialement au maitre de maison, et enfin mardi il racontera une parabole, de nouveaux pour tous. Nous avons ainsi un ensemble de recommandations, rassemblées par Luc, sur les manières de se comporter autour du thème du repas, mais on comprend clairement, surtout avec la parabole finale, qu'au-delà du simple repas terrestre, c'est le repas céleste, les noces du Royaume, qui sont visées, ce Royaume qui nous a été annoncé par la guérison de l'hydropique.

En lisant dans cette perspective les recommandations que nous avons aujourd'hui, comment ne penserions-nous pas à l'attitude constante des disciples tout du long du ministère de Jésus ? "Ils choisissent les premières places" : nous nous rappelons particulièrement de Jacques et Jean – ou de leur mère, selon la version – réclamant de se voir placés à gauche et à droite de Jésus dans le Royaume (Marc 10, 37, Matthieu 20, 21), ce qui, pour eux, signifiait concrètement d'être les premiers ministres du futur gouvernement. Et si ce sont ces deux-là qui ont 'osé' les premiers, les autres étaient bien sur la même longueur d'onde, s'offusquant alors de s'être faits couper l'herbe sous le pied ! Or il se trouve que justement Luc, par charité envers les disciples mais peut-être aussi par souci prosélyte d'en présenter une image honorable, n'a pas voulu rapporter cet épisode peu glorieux, et il n'est pas impossible qu'il nous ait construit ce repas à la place, en pensant à ces ambitions qui les animaient.

Dans le cadre d'un repas 'terrestre', aller se placer volontairement à la toute dernière place, ne traduirait le plus souvent qu'une fausse modestie, une hypocrisie retorse, avec pour seul but véritable celui d'attirer l'attention du maître de maison sur soi. Celui qui agirait ainsi se montrerait aussi orgueilleux que celui qui irait se placer à la première. La seule attitude juste, dans un tel contexte, est d'évaluer honnêtement son rang (ce que tout un chacun est normalement capable de faire à peu près correctement) et d'en tirer les conséquences. C'est s'agissant des seules noces du Royaume que cette recommandation est parfaitement adéquate. Là, effectivement, personne ne peut s'évaluer lui-même, ou alors seulement ceci : que nous en sommes tous au même point, ni plus, ni moins ! Nous sommes tous les derniers à nous présenter au festin, et ce qui, en nous, mérite d'y siéger, ne vient pas de nous mais de Lui...

Oui, ce qui en nous "se hausse", ce qui se glorifie de lui-même, n'a pas sa place dans le Royaume, cela sera non seulement humilié, mais même laissé à la porte du repas de noces. Mais ce qui naît et croît en nous quand "nous nous humilions", quand nous oublions notre petit moi contingent et périssable, cela sera élevé à la plus haute place, puisque c'est l'œuvre de Dieu lui-même.

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