Trop facile
Jésus monta en barque, traversa le lac et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voilà qu'on lui apportait un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, quelques scribes se disaient : « Cet homme blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés...» alors, il dit au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi. »
L'homme se leva et rentra chez lui. En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
'un tel pouvoir aux hommes' : voilà une conclusion qui pose question. On s'attendrait à trouver plutôt 'un tel pouvoir à cet homme (Jésus)', qui serait mieux cohérent avec l'objectif principal d'un évangile : montrer que Jésus est le Christ. Mais c'est bien un pluriel que Matthieu a mis ici.
Cette généralisation est un indice de ce que, comme nous le rapportent les Actes des Apôtres, les signes ne se sont pas arrêtés avec la mort de Jésus. Ces 'hommes' au pluriel disent que, dans la communauté de Matthieu en tout cas, des signes, du même genre que ceux qui s'accomplissaient par Jésus, continuaient de s'accomplir par ses disciples.
Sur l'ensemble de cet épisode, comme pour celui des possédés hier, Matthieu est tellement schématique qu'on ne comprend presque plus l'histoire. Je doute d'ailleurs que, si on ne connaissait pas les versions de Marc (2, 1-12) ou Luc (5, 17-26), on y comprendrait quoi que ce soit. Mais rien que pour cette finale, qui lui est propre, je trouve qu'il aurait été dommage que sa version n'ait pas été conservée.


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