Lumière et jugement
Jésus, lui, affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé ; et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
« Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
« Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j'ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m'a envoyé, m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ;
« et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l'a dit. »
Jean est bien le plus mystique des quatre évangélistes. C'est ce qui rend sa compréhension encore plus difficile que pour les trois autres. Il est celui qui affirme avec le plus de force la divinité de Jésus, et pourtant ici encore, on aurait tort de ne pas suffisemment prêter attention aux nuances.
Certes, les grandes affirmations de Jésus en 'Je suis ...', ici '... la Lumière', tendent à accréditer cette origine divine de Jésus. Mais aussitôt nous le voyons prendre soin d'expliquer que pour autant le jugement ne lui appartient pas : il n'est pas venu pour juger. Le juge, c'est la parole du Père, dont il n'est que le porte-parole.
Cette déclaration précède immédiatement la dernier repas, qui chez Jean consiste dans le lavement des pieds de ses disciples. Pour résumer le paradoxe, on pourrait dire que Jésus n'est signe de Dieu qu'en ce qu'il est totalement dépossédé et offert à ce Dieu.


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