Partage d'évangile quotidien
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On se l'arrache

Sam. 23 Janvier 2010

Marc 3, 20-21 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger. 

Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. » 

 

 

Le jugement de Salomon, par He-Qi

 

 

Ces deux petites phrases campent le décor d'une nouvelle scène qui va se poursuivre sur les deux jours suivants (deux jours de découpage liturgique catholique, pas de l'histoire racontée).

Après avoir choisi les douze donc, Jésus nous est de nouveau montré dans une de ces scènes villageoises où la foule se presse autour de lui dans une maison. Vraisemblablement opère-t-il alors guérisons et exorcismes, ce qui nous vaudra (lundi) une controverse avec des scribes sur l'origine de son pouvoir sur les démons, suivie (mardi) d'une mise au point de Jésus sur sa famille.

Ne nous y trompons pas, derrière la formulation atténuée, la famille de Jésus présente ici, la première, le même argument que les scribes : "il a perdu la tête" signifie la même chose que "il est possédé".

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D
<br /> "il a perdu la tête" signifie la même chose que "il est possédé".<br /> <br /> surprenant ! .......<br /> <br /> <br />
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A
A mon sens, que la famille de Jésus préfère dire &quot;il a perdu la tête&quot; plutôt que &quot;il est possédé&quot;, est du même ordre que des parents de nos jours qui préféreraient dire de leur grand adolescent que &quot;il est fatigué&quot; plutôt que &quot;il est en dépression&quot;, vis-à-vis de voisins ou autres personnes non intimes.<br /> Il y a aussi une autre nuance que l'on pourrait souligner. Les esprits qui s'emparent d'une personne, selon les conceptions de l'époque, ne sont pas tous aussi malins les uns que les autres. Un épileptique est possédé par un esprit, mais la malignité de cet esprit, qui se 'contente', visiblement, d'essayer de faire du mal à son hôte à intervalles réguliers, est moindre que la malignité de celui qui, par exemple, fait proférer à son hôte des blasphèmes à longueur de journée.<br /> Quand la famille de Jésus dit qu'il a perdu la raison, cela sous-entend bien qu'un esprit s'est emparé de lui, mais dans leur idée, espérons-le, pas avec la même gravité que ce dont vont l'accuser les scribes. Reste qu'en construisant ainsi son récit, en juxtaposant l'opinion de la famille de Jésus avec l'accusation des scribes, Marc veut souligner que la famille de Jésus se range du même côté que les scribes et les pharisiens, du côté de ceux qui ne croient pas en lui.
A
<br /> Déraisonnable. C'est effectivement "déraisonnable" (sans préjudice pour le rapport entre "folie" et "possession") de se prodiguer au point de n'avoir plus même la possibilité de se nourrir.<br /> Et pourtant, cet aspect montre bien l'Urgence de l'instant.<br /> Et Paul va reprendre ce thème de la Folie indispensable : "Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie<br /> de la prédication.(1 Cor 1.21)".<br /> Plus tard, les Fols en Christ, ces ascètes byzantins ou russes, entrèrent<br /> aussi dans la déraison pour montrer à leurs contenporains que leur (notre) prétendue civilisation chrétienne n'en avait que le nom : suivre le Christ est toujours un peu déraisonnable.<br /> <br /> <br />
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