Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Silence, ça pousse !

Lun. 30 Juillet 2012

Matthieu 13, 31-35 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. » 

Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. » 

Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C'est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines. 

 

 

Saint François, par He-Qi

 

 

voir aussi : Secrets bien gardés, Révélations secretes

Nous avons ici une explication du pourquoi des paraboles bien plus probante que celle donnée peu de temps auparavant. Non, les paraboles n'ont pas comme objectif de cacher mais bien au contraire de révéler. Et, nous dit le passage d'aujourd'hui, de révéler tout, même des choses qui étaient toujours restées cachées, "depuis les origines". Comment est-ce possible, a-t-on envie de dire.

On aurait tort de comprendre ici une allusion à une connaissance secrète, ésotérique, un savoir volontairement protégé et réservé aux seuls initiés. Ces choses ne sont pas cachées par elles-mêmes, par leur nature. Elles sont au contraire bien visibles, en évidence, trop en évidence sans doute. C'est notre regard, notre ouïe, nos sens, nos intelligences, qui y sont fermées. Là est le problème.

Les paraboles ne sont donc pas destinées à nous empêcher de voir et d'entendre. Au contraires, c'est parce que nous sommes empêchés de voir et d'entendre, que Jésus utilise des paraboles. Le genre de connaissance auquel donnent accès les paraboles n'est en effet pas du type intellectuel. On sort de l'analytique, du scientifique, auquel nous condamne notre intelligence discursive.

Les paraboles sont un outil du même ordre que les associations d'idées, le symbolisme, les rêves. Elles nous donnent accès à notre inconscient, à ce qui nous est caché et qui pourtant nous détermine plus sûrement que tous les dressages et toutes les éducations. On comprend quel contre-sens on fait quand on prétend donner une explication unique à une parabole. Une parabole a autant de significations que de personnes qui la reçoivent.

Jésus n'a pas inventé le concept de parabole. Peut-être est-il le premier à s'en être servi de façon aussi généralisée dans son enseignement. Il s'est effectivement très vite rendu compte, dans son ministère, que ce qu'il avait à dire ne passait pas, principalement d'ailleurs parce qu'il ne voulait pas se cantonner à un petit cénacle élitiste.

Le dit cénacle s'est empressé de récupérer ces paraboles au service de son propre discours, autant qu'il le pouvait. Ainsi, typiquement, de la parabole du semeur que nous voyions ces derniers jours. Mais d'autre ont su résister à toutes les tentatives, comme celles d'aujourd'hui. Ne sentez-vous pas la force que fait naître en vous cette plus petite des graines qui devient une plante si grande qu'elle sert même de maison pour les oiseaux du ciel ?

Commenter cet évangile