Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Lumières des nations

Mer. 16 Mars 2011

Luc 11, 29-32 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération. 

« Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. 

« Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. » 

 

 

L'adoration des mages, par He-Qi

 

 

voir aussi : Signal lumineux, Génération condamnée, Le signe

Ce passage est propre à Luc et Matthieu, ni Jean, ni surtout Marc, ne l'ont. Matthieu réutilise un peu plus loin le concept du 'signe de jonas', en le mentionnant juste, considérant que le premier exposé, proche de celui de Luc que nous avons aujourd'hui, a dû suffire pour populariser l'idée. Mais même l'exposé qu'en fait Luc ne fait pas le parallèle entre les trois jours de Jonas dans le ventre du poisson et les 'trois' jours de Jésus au séjour des morts ! Cette idée, qui a fait l'objet de tant de commentaires, est donc vraiment tardive dans le développement de la méditation chrétienne.

Dans cette même version de Luc, on est frappé par l'alternance Jonas/Salomon/Jonas à nouveau. On a le sentiment que la reine de Saba tombe ici comme un cheveu sur la soupe. Matthieu a préféré grouper à la suite les deux parties sur Jonas, et n'amener Salomon qu'en dernier, ce qui donne un peu plus de cohérence à l'ensemble. On peut donc soupçonner que le parallèle entre les trois jours de Jonas et de Jésus constituent un ajoût ultérieur, à une liste, éventuellement précédemment plus longue, de comparaisons entre la grandeur de Jésus et de nombre de ses prédécesseurs.

Nous frappe alors le fait que les deux comparaisons qu'il nous reste pointent toutes deux sur la reconnaissance du génie juifs par des non-juifs. La reine de Saba, les habitants de Ninive, sont deux exemples où le Dieu des juifs a été reconnu par des non-juifs. C'est certainement la pointe la plus explicite de tout ce passage.

Commenter cet évangile