Evangile de Jean - Traduction et Notes - Claude Tresmontant - Chapitre 7
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et après cela il allait et venait ieschoua dans la galilée car il ne voulait pas aller et venir dans la judée parce qu'ils le recherchaient les judéens pour le mettre à mort |
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Et après cela, grec kai meta tauta, hébreu we-aharei ken... Genèse 23,19 ; ou bien wa-iehi aharei ha-debarim ha-elleh Genèse 48, 1 ; ou encore we-ahar, Exode 5,1; aharei ken, Exode 11,1. Il ne voulait pas aller et venir en Judée... Les habitants de la Galilée sont les Galiléens. Les habitants de la Samarie sont les Samaritains. Les habitants de la Judée sont les Judéens. On voit de nouveau l'erreur qu'il y avait à traduire le grec ioudaioi, qui est une transcription de l'hébreu ha-iehoudim, par le français moderne « juif », qui comporte pour nous Français en cette fin du xxe siècle, de tout autres connotations. Et, comme nous l'avons déjà noté, les « juifs » d'Alexandrie, d'Athènes, de Corinthe, ou de Rome, étaient tout aussi « juifs » que leurs frères de la Judée, mais ils n'étaient pas Judéens dans le sens géographique précis et déterminé qui est celui de notre document. |
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| 7. | 2 |
et elle était proche la fête des judéens a fête des huttes de branchages |
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Elle était proche la fête des Judéens... la fête des huttes de feuillages, ou de branchages... Lévitique 23, 34 : Au quinzième jour, en ce septième mois, [c'est] la fête des huttes, hag ha-soukôt, pendant sept jours, pour YHWH. Au premier jour, convocation sainte. Tout travail servile, vous ne ferez pas... Dans des huttes vous habiterez pendant sept jours. Tous ceux qui sont nés en Israël, ils habiteront dans des huttes, afin qu'elles connaissent, vos générations, que dans des huttes j'ai fait habiter les enfants d'Israël, lorsque je les ai fait sortir du pays d'Egypte... L'expression hébraïque hag ha-soukôt est traduite en grec par eortè skènôn. Le mot grec qu'utilise le traducteur de Jean, c'est skènopègia, action de dresser une tente. Le verbe skènopègeô signifie : planter une tente. Le mot grec skènè, la tente, traduit le plus souvent l'hébreu ôhel, Genèse 4, 20 ; 12, 8 ; 13, 3 ; etc. Le mot grec skènopègia traduit l'hébreu soukah, pluriel soukôt, Deutéronome 16, 16 : Trois fois dans l'année, il ira voir, tout ce qu'il y a de mâle chez toi, la face de YHWH ton Dieu dans un lieu qu'il choisira : lors de la fête des matzôt, lors de la fête des semaines, et lors de la fête des huttes, hébreu ha-soukôt, grec en tè eortè tes skènopègias. Deutéronome 31, 10 ; Zacharie 14, 16 ; etc. Néhémie, 8, 14 : Et ils trouvèrent écrit dans la Torah qu'il avait ordonné, YHWH, par la main de Môscheh, que, hébreu ascher, ils demeureront, les enfants d'Israël, dans des huttes lors de la fête, au septième mois. Et que, ascher, ils feront entendre et ils feront passer une voix (une proclamation) dans toutes les villes et dans Jérusalem, pour dire : Sortez dans la montagne et ramassez des feuillages d'olivier et des feuillages d'arbre à huile, et des feuillages de myrte et des branches de palmier et des feuillages d'arbre touffus, pour faire des huttes, comme il est écrit. Alors ils sortirent, tout le peuple, et ils rapportèrent [des branchages] et ils se firent des huttes, chacun sur sa terrasse, et dans leurs cours, et dans les cours de la Maison de Dieu, et sur la place de la Porte des Eaux, et sur la place de la Porte d'Ephraïm... |
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| 7. | 3 |
et alors ils lui ont dit ses frères lève‑toi et va‑t'en d'ici au pays de iehoudah afin que tes disciples aussi voient les actions que tu agis |
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Ses frères, grec adelphos, hébreu ah. Genèse 13, 8 : Il dit, Abram, à Loth : Qu'il n'y ait donc pas de querelle entre moi et entre toi, et entre mes bergers et entre tes bergers, car des hommes frères nous [sommes]. Genèse 13, 11 : Et ils se séparèrent, chacun en s'éloignant de son frère. Genèse 29, 15 : Et il dit, Laban, à Iaaqôb : Est-ce que, parce que mon frère tu es, toi, tu vas me servir gratuitement ? Genèse 31, 56 : Et il dit, Iaaqôb, à ses frères... Genèse 31, 54 : Et il appela ses frères pour manger du pain, et ils mangèrent du pain... Pour désigner le frère, au sens où nous l'entendons, nous Français, en cette fin du xxe siècle, l'hébreu utilise l'expression : frère, fils de ta mère, Deutéronome 13, 7. Une sœur au sens français actuel se dit : une sœur, fille de son père, Deutéronome 27, 22. Juges 8, 19 : Mes frères, fils de ma mère,... Juges 9, 1 ; 9, 18 ; etc. Cf. Matthieu 46 ; Luc 8, 19 ; Marc 3, 31. Liste des frères de Ieschoua, Matthieu 13, 55 ; Marc 6, 3 ; Actes 1,12 ; 1 Corinthiens 9, 5 ; Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, xi ; III, xii ; III, xix ; III, xx. Iaaqôb, le frère du Seigneur, Galates 1, 19. C'est lui qui sera le paqid de la qehila de Jérusalem, jusqu'à sa mise à mort en 62, Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, ix. Hegesippe, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, XXIII. Les actions que tu agis... Même jeu sur la communauté de racine, en hébreu, du substantif dérivé du verbe asah, avec le verbe lui-même, ou du substantif dérivé depaal, avec son verbe. La traduction grecque ne rend pas la communauté de racine. Hébreu et-ha-maasim ascher atah ôseh, le complément d'objet reprend un mot de la même racine que le verbe. |
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| 7. | 4 |
car aucun homme ne fait quelque chose dans le secret s'il désire être connu puisque tu fais tout cela fais‑toi donc connaître au monde de la durée présente |
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Aucun homme ne fait quelque chose dans le secret, s'il cherche à être connu : construction hébraïque, littéralement : Il ne fait pas, un homme, une chose, hébreu dabar, dans le secret, et il cherche à être connu... Le we hébreu est utilisé pour désigner des fonctions logiques telles que, ici, la conjonction si. |
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| 7. | 5 |
car même ses frères n'étaient pas certains de la vérité [qui est] en lui |
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Car même ses frères... On pourrait aussi traduire : Car ses frères non plus n'étaient pas encore certains... |
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| 7. | 6 |
et alors il leur a dit ieschoua mon temps n'est pas encore venu mais votre temps à vous est toujours prêt |
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Mon temps, en grec kairos, traduction de l'hébreu et, probablement. Mais le grec kairos pouvait aussi traduire l'hébreu qetz, la fin. Genèse 6, 13 : la fin de toute chair (de tous les êtres vivants) est venue devant ma face... Les LXX ont traduit : la fin de tout homme, kairos pantos anthrôpou. Et dans ce cas-là, il faudrait traduire : ma fin n'est pas encore venue... |
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| 7. | 7 |
il ne peut pas vous haïr le monde de la durée présente mais moi il me hait parce que moi j'atteste contre lui que ses actions sont mauvaises |
| 7. | 8 |
vous vous montez à la fête mais moi je ne monterai pas à cette fête parce que mon temps n'est pas encore accompli |
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Parce que mon temps n'est pas encore accompli. Hébreu : parce que mon temps n'est pas encore rempli, du verbe maie, être plein, pour un récipient ; remplir ; au passif, être rempli ; à la forme piel, intensive, remplir, remplir la main, remplir les jours, Isaïe 65, 20 ; remplir une demande, une promesse, une prophétie, etc. |
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| 7. | 9 |
il a dit cela et lui il est resté dans la galilée |
| 7. | 10 |
mais lorsqu'ils sont montés ses frères à la fête alors lui aussi il est monté non pas d'une manière manifeste mais en secret |
| 7. | 11 |
les judéens le cherchaient dans la fête et ils disaient où est‑il [donc] celui‑là |
| 7. | 12 |
et la contestation à son sujet était grande dans la foule du peuple les uns disaient il est bon les autres disaient non mais il égare le peuple |
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Et la contestation... Le mot gogusmos ici utilisé traduit l'hébreu telounôt, dérivé du verbe hébreu loun, et signifie : contestation, protestation violente, émeute, et non pas « murmure » ni encore moins « chuchotements »... Exode 16, 2 : Et ils se mirent à protester violemment, à se soulever toute l'assemblée des enfants d'Israël, contre Môscheh et contre Aharôn, dans le désert... Exode 16, 7 ; 16,8 ; 16,12 ; 17, 3 ; etc. Nombres 14,27 ; etc. Non, mais il égare le peuple... Accusation extrêmement grave. Michée 3, 5 : Ainsi a parlé YHWH contre les prophètes qui égarent (ou trompent) mon peuple... C'est le verbe grec planein qui est utilisé ici, comme dans Jean 7, 12, pour traduire l'hébreu taah, égarer, s'égarer, se perdre. Isaïe 3, 12 : Mon peuple ! Ceux qui te dirigent t'égarent, et la voie de tes chemins ils brouillent. Encore le verbe grec planein dans la traduction. Jérémie 23,13 : Et parmi les prophètes de Samarie, j'ai vu quelque chose de stupide. Ils ont prophétisé par le baal et ils ont égaré mon peuple, Israël. Toujours le verbe grec planein dans la traduction. Jérémie 23, 32 : Me voici contre les prophètes qui prophétisent des rêves de mensonge, oracle de YHWH, qui racontent des histoires et qui égarent mon peuple, et moi je ne les ai pas envoyés et je ne leur ai pas donné d'ordre... Ézéchiel 13, 2 : Fils de l'homme, prophétise contre les prophètes d'Israël qui prophétisent, et tu diras à ceux qui prophétisent à partir de leur propre cœur... Hoï, malheur sur les prophètes stupides qui vont après leur propre esprit, sans avoir rien vu ! 13,10 : Parce qu'ils ont égaré mon peuple en disant : Paix ! et il n'y a pas de paix... Le prophète qui trompe le peuple doit être mis à mort, Deutéronome 13,6. |
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| 7. | 13 |
cependant personne ne parlait de lui ouvertement à cause de la peur des judéens |
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Par peur des Judéens... Nous sommes à Jérusalem, capitale de la Judée. Personne ne parlait ouvertement au sujet du rabbi galiléen, par peur des Judéens, les habitants de la Judée. |
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| 7. | 14 |
alors [qu'on était] déjà au milieu des jours de la fête il est monté ieschoua au temple et il enseignait |
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On en était déjà au milieu des jours de la fête... La fête des huttes de branchages dure, rappelons-le, une semaine, avec un huitième jour de clôture, Lévitique 23, 34 ; Nombres 29, 35. Nous en sommes donc environ au quatrième jour. Il est monté au Temple : en grec le hieron, qui désigne l'ensemble des édifices, parvis et portiques, groupés dans l'enceinte générale, tandis que le naos désigne le Temple proprement dit, L. H. Vincent, Jérusalem de l'Ancien Testament, 467. |
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| 7. | 15 |
ils s'étonnaient donc les judéens et ils disaient comment celui‑ci connaît‑il les lettres puisqu'il n'a pas étudié |
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Comment celui-ci connaît-il les lettres... En grec ta grammata. Dans la langue grecque naturelle, gramma, du verbe graphô, creuser, graver, écrire, signifie tout d'abord le caractère gravé, sur la pierre, le bois, d'où : lettre, au pluriel les lettres de l'alphabet ; grammata didaskein, enseigner les lettres de l'alphabet — par suite, texte écrit, lettre que l'on envoie —. Le mot grec gramma, pluriel ta grammata, traduit l'hébreu miketab, ce qui est écrit, la lettre qui est écrite, le caractère qui est écrit, du verbe katab, écrire. Exode 39, 30 ; Et ils firent la lamelle (littéralement : la fleur) du diadème de sainteté, en grec petalon, en or pur, et ils gravèrent sur elle, en caractères gravés avec un sceau : consacré à YHWH. Le mot hébreu que nous avons traduit par : caractères, miketab, c'est lui qui est ici traduit en grec par grammata. Le grand prêtre était marqué du sceau sur lequel était écrit le saint tétragramme. Lévitique 19, 28 : Et une entaille, pour une âme (de mort), vous ne la mettrez pas sur votre chair, et des inscriptions, hébreu ketôbet, toujours du verbe katab, vous ne mettrez pas sur vous, traduction grecque grammata. Mais dans d'autres textes le grec gramma traduit l'hébreu sepher, le rouleau du Livre. Josué 15, 15 : Et il monta, en partant de là, vers (ou : contre) les habitants de Debir. Et le nom de Debir était autrefois Qiriath Sepher, c'est-à-dire, en traduction française, la ville du Livre, traduction grecque polis grammatôn. De même Josué 15, 16 ; Juges 1, 11 ; 1, 12. Le grec grammata traduit l'hébreu he-sepher : Isaïe 29, 11. Dans le livre d'Esther, ta grammata traduit d'abord l'hébreu dabar, la parole communiquée par écrit, par lettres, Esther 4, 3. Puis, Esther 6, 1 : grammata traduit l'hébreu sepher, le rouleau du Livre. Esther 6,2 : ta grammata traduit l'hébreu katoub, ce qui est écrit, l'écrit. Esther 8, 5 ta grammata traduit l'hébreu ha-sepharim, les livres. Esther 8, 10, ta grammata traduit encore sepharim, des rouleaux que l'on expédie pour transmettre des messages. Dans le premier livre d'Esdras, dont il ne nous reste que la traduction en langue grecque, 1 Esdras 3, 8, to gramma signifie évidemment le texte écrit ; de même 3, 13 ; 3, 14. Dans le livre de Daniel 1, 4 le grec grammata traduit l'hébreu sepher : Des jeunes gens en qui il n'y avait aucun défaut, beaux à voir, intelligents en toute sagesse, connaissant la connaissance, et intelligents dans la connaissance, et en qui il y avait la capacité de se tenir dans le palais du Roi et d'apprendre [à lire] le Livre, hébreu sepher, grec grammata, et la langue, hébreu leschôn, grec dialekton (ou : glôssan) des Chaldéens. Luc 16, 6 : Montre-moi ta reconnaissance de dettes écrite, grec ta grammata, assieds-toi et écris vite... De même Luc 16, 7. Actes 26, 24, Festus s'écrie en s'adressant à Paul ; Tu es fou, Paul ! Les longues études que tu as faites, les livres nombreux que tu as lus, grec polla grammata, t'ont conduit à la folie ! Actes 28, 21, Paul vient d'arriver à Rome, sans doute en février de l'année 60. Les frères de la communauté juive de Rome lui disent : Nous n'avons pas reçu de lettres, de textes écrits, grec grammata, à ton sujet, ou contre toi, en provenance de la Judée. En 61 ou 62, peu avant de mourir, Paul écrit de Rome à Timothée, dans une seconde lettre, 2 Timothée 3, 15 : Quant à toi, reste, demeure dans ce que tu as appris, dans ce que tu sais maintenant, car tu sais de qui tu l'as appris. Depuis ta petite enfance tu connais les saintes écritures, ta hiera grammata, ces écritures qui peuvent te donner la sagesse, pour le salut, par la certitude de la vérité qui est dans le Christ Jésus. La question est de savoir si ces saintes écritures, dont parle Paul ici, sont la Torah et les prophètes, qui peuvent conduire Timothée jusqu'à l'intelligence du Christ, ou bien s'il s'agit des nouvelles écritures saintes, à savoir les Évangiles. Dans le livre des Actes 4, 13, les chefs, les princes, les anciens, les hommes du Livre, sôpherim en hébreu, grammateis en grec, le grand prêtre Hannan, Qaïapha et un certain Iohanan et Alexandre, après avoir écouté Schiméon, surnommé Kêpha par son maître, sont très étonnés parce que Pierre et son compagnon, qui s'appelait aussi Iohanan, sont agrammatoi, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas fait d'études de théologie dans les Livres saints. Dans notre texte Jean 7, 15, le sens est donc probablement : Celui-ci, Ieschoua ha-nôtzeri, il n'a pas fait d'études régulières avec un maître. Comment connaît-il donc les écritures, les saintes Écritures, les écrits, hébreu sepher. Matthieu 6, 29 et Marc 1, 22 relèvent le même étonnement de la part des auditeurs de la première heure : Et il advint, lorsqu'il eut terminé, Ieschoua, de dire ces paroles, ils étaient stupéfaits, les gens de la foule, à propos de son enseignement, et de sa manière d'enseigner. Car il les enseignait comme s'il avait autorité, et non pas comme les sôpherim, les hommes du Livre. Les sôpherim, traduction grecque grammateis, enseignaient en partant des Livres saints. Ils faisaient un commentaire des Livres saints. Ils faisaient l'exégèse des Livres saints. Le rabbi galiléen, lui, enseigne de source. La source ou l'origine radicale de l'information est en lui, elle habite en lui. « Le père est en moi et moi je suis dans le père. ». Il n'enseigne donc pas à partir des saintes Écritures, mais il communique un enseignement nouveau qui vient de Dieu même. |
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| 7. | 16 |
alors il leur a répondu ieschoua et il a dit ce que j'enseigne ne vient pas de moi mais de celui qui m'a envoyé |
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Ce que j'enseigne ne vient pas de moi... La logique de la controverse est claire. Les auditeurs du rabbi s'étonnent qu'il enseigne et qu'il connaisse les saintes Écritures, alors qu'il n'a pas fait les études régulières. Il répond : ce que j'enseigne ne vient pas de moi. Ce que j'enseigne vient de Dieu. Il communique donc une nouvelle information créatrice, dont la source ou l'origine radicale est Dieu lui-même. C'est à cause de cette nouveauté de l'enseignement, à cause de ce développement de la révélation, qu'il entrera, qu'il est entré, en conflit avec ceux qui s'en tenaient aux révélations antérieures. |
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| 7. | 17 |
si quelqu'un veut faire sa volonté il connaîtra au sujet de ce que j'enseigne si cela vient de dieu ou bien si moi je parle en tirant [cela] de mon propre coeur |
| 7. | 18 |
celui qui parle en tirant [ce qu'il enseigne] de son propre cœur recherche sa propre gloire mais celui qui recherche la gloire de celui qui l'a envoyé celui‑là est véridique et il n'y a pas d'injustice en lui |
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Et l'injustice n'est pas en lui. Psaume 92, 16 : pour annoncer qu'[il est] droit, YHWH, mon rocher, et [il n'y a] pas d'injustice en lui, traduction grecque kai ouk estin adikia en auto, comme dans Jean 7,18. |
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| 7. | 19 |
est‑ce que môscheh ne vous a pas donné l'instruction et la norme et personne d'entre vous ne fait [ce qui est prescrit dans] la norme pourquoi cherchez‑vous à me tuer |
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Est-ce que ce n'est pas Môscheh qui vous a donné la Torah ? La question est de savoir s'il faut lire, avec nos éditions imprimées, qui comportent des signes de ponctuation, une proposition interrogative. Ou bien s'il faut lire une proposition affirmative : Ce n'est pas Moïse qui vous a donné la Torah ! Sous-entendu : c'est Dieu qui vous a donné la Torah ! Comme précédemment, Jean 6,32 : Amèn amèn je vous le dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel, mais c'est mon père qui vous donne le pain qui provient des cieux, le pain véritable ! Les manuscrits anciens, nous le rappelons, ne comportaient pas de signes de ponctuation. Si cette seconde interprétation était la bonne, alors la logique de la pensée serait : Ce n'est pas Moïse, c'est Dieu lui-même qui vous a donné la Torah dans le désert lorsque vous êtes sortis d'Egypte. Et pourtant, aucun d'entre vous ne fait ce qui est prescrit par la Torah. Pourquoi cherchez-vous à me tuer ? Il ne faut pas oublier, de nouveau, que nous avons affaire ici à une suite de notes, qui ne sont pas nécessairement rattachées les unes aux autres par un lien logique étroit. Les propos ont été entendus, relevés, notés, rapportés, sans qu'ils se soient immédiatement suivis les uns les autres. |
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| 7. | 20 |
et il a répondu le peuple un esprit mauvais est en toi qui donc cherche à te tuer |
| 7. | 21 |
et il a répondu ieschoua et il leur a dit une seule action j'ai agi et tous vous êtes dans l'admiration |
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Une seule action j'ai agie : de nouveau l'association du verbe hébreu asah, faire, agir, et du substantif dérivé maaseh, l'action, à moins que ce ne soit l'association du verbe hébreu paal et du substantif dérivé. |
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| 7. | 22 |
voilà pourquoi c'est môscheh qui vous a donné la circoncision non pas qu'elle provienne de môscheh mais elle vient des pères et même le jour du schabbat vous circoncisez l'homme |
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Non pas qu'elle provienne de Môscheh... On peut se demander de qui est cette incise. Du Seigneur lui-même ? Du rédacteur de l'Évangile ? Du traducteur ? Et même le jour du schabbat : non traduit dans notre texte grec, mais seulement transcrit en caractères grecs, comme si tout le monde comprenait le sens de ce mot hébreu, ce qui était vrai pour les frères des synagogues, ce qui n'était pas vrai pour des païens qui venaient d'entrer dans une église chrétienne. |
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| 7. | 23 |
si la circoncision il la reçoit l'homme un jour de schabbat afin qu'elle ne soit pas déliée l'instruction de môscheh contre moi vous vous mettez en colère parce que l'homme tout entier je l'ai guéri en un jour de schabbat |
| 7. | 24 |
ne jugez pas selon ce que voient les yeux mais le jugement juste voilà ce que vous devez juger |
| 7. | 25 |
ils ont dit alors certains de ceux qui habitaient à ierouschalaïm celui‑ci n'est‑il pas celui qu'ils cherchent à faire mourir |
| 7. | 26 |
et voici qu'ouvertement il parle et ils ne lui disent rien est‑ce que véritablement ils ont reconnu les chefs que celui‑ci il est celui qui a reçu l'onction |
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chefs : traduction approximative. Le grec archontes peut traduire l'hébreu sar, Genèse 47, 6 ; etc., nasi, Genèse 25, 16 ; etc., rôsch, Nombres 1,4; etc. Le mot chef en français d'aujourd'hui est un peu trop militaire pour notre contexte. Il s'agit des hautes autorités, des responsables de la nation. Que c'est lui celui qui a reçu l'onction : en grec christos, du verbe chriô, oindre, qui traduit l'hébreu maschah, oindre. Notre texte grec ici donne christos, c'est-à-dire la traduction grecque du mot hébreu qui signifie : celui qui a reçu l'onction de l'huile. Nous faisons donc comme le traducteur en langue grecque du document hébreu primitif, nous traduisons son texte du grec en français, par une lourde périphrase, parce qu'en français « le oint » n'est pas compris des enfants des écoles, ni euphonique. |
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| 7. | 27 |
mais celui‑là nous savons d'où il vient tandis que le maschiah lorsqu'il viendra personne ne saura d'où il vient |
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Mais celui-ci nous savons d'où il vient. Le oint lorsqu'il viendra, personne ne saura d'où il est : on saisit le conflit entre une représentation mythologique du meschiah, une conception fantastique, et la réalité, le fils de l'homme, enfant de la femme, né dans un milieu précis, à une date précise. |
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| 7. | 28 |
alors il a crié dans l'enceinte sacrée du temple et il a enseigné ieschoua et il a dit ainsi vous me connaissez et vous savez d'où je viens et [cependant] je ne suis pas venu de moi‑même mais il est véridique celui qui m'a envoyé celui que vous vous ne connaissez pas |
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Il a crié alors dans le Temple : en grec le hieron, à l'intérieur de cet ensemble de constructions qui entourent le Temple proprement dit, le naos. Ainsi vous me connaissez... Deux interprétations possibles de cette proposition. 1. Le Christ confirme la vérité de ce que vient de dire le peuple : Oui, il est vrai que vous me connaissez et que vous savez d'où je viens. 2. Le Christ reprend la phrase qu'il a entendue sous forme d'exclamation et d'une manière ironique : Ainsi donc vous prétendez me connaître et savoir d'où je viens ! La seconde interprétation nous paraît la plus vraisemblable. Car de fait ni le peuple, ni personne à ce moment, ne connaissait l'origine, au sens ontologique du terme, du Christ. D'ailleurs la suite des paroles du Seigneur confirme cette seconde lecture. Et [cependant] je ne suis pas venu de moi-même... en hébreu : de mon propre cœur, mi libbi, de ma propre initiative. Vous ne pouvez pas en réalité me connaître ni savoir d'où je viens, puisque vous ignorez quelle est mon origine, au sens ontologique du terme. Vous ne savez pas que je ne suis pas venu de ma propre initiative, mais qu'en réalité c'est Dieu qui m'envoie vers vous. |
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| 7. | 29 |
moi je le connais parce que c'est de lui que je suis [issu] et c'est lui qui m'a envoyé |
| 7. | 30 |
alors ils ont cherché à l'arrêter mais personne n'a mis la main sur lui parce qu'il n'était pas encore venu son temps |
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Parce qu'il n'était pas encore venu son temps : le mot grec hôra traduit le plus souvent l'hébreu et, qui signifie le temps, et non pas l'heure, au sens français du terme aujourd'hui. |
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| 7. | 31 |
de parmi le peuple nombreux furent certains de la vérité [qui est] en lui et ils disaient celui qui est oint de l'huile sainte lorsqu'il viendra est‑ce qu'il fera davantage de signes que celui‑ci n'en fait |
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Celui qui est oint de l'huile sainte... De nouveau notre traducteur a traduit en grec le mot hébreu dérivé du verbe maschah, oindre, au lieu de le transcrire simplement en caractères grecs. Nous faisons comme lui, nous traduisons en français le participe grec christos. |
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| 7. | 32 |
et ils ont entendu les perouschim le peuple qui discutait ainsi à son sujet et ils ont envoyé les prêtres et les perouschim des valets afin de l'arrêter |
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Les perouschim : notre traducteur a simplement transcrit, en caractères grecs, le terme hébreu tel qu'il se prononçait alors ; il ne l'a pas traduit. Nous faisons comme lui, nous transcrivons en caractères français le terme hébreu, et nous avons déjà donné en note la traduction probable mais non pas certaine : les séparés, ceux qui sont à part, ceux qui ne font pas comme les autres, ceux qui se séparent pour atteindre une perfection plus grande, une plus grande pureté rituelle, etc. Qui discutait, et même violemment : grec gogguzein, que nous avons déjà rencontré précédemment, et qui signifie protester, contester violemment, s'insurger contre, etc. Et ils ont envoyé, les prêtres et les perouschim... En grec archiereis, qui signifie littéralement : les chefs des prêtres. Mais on peut observer Lévitique 4, 3 ; Josué 22, 13 ; 24, 33 ; 1 Rois 1, 25 ; 1 Chroniques 15,14; que le grec archiereus traduit tout simplement l'hébreu kôhen. Les kôhanim sont les sacrificateurs, que nous appelons en français les prêtres. Il n'y a donc pas lieu de multiplier imprudemment dans le quatrième Évangile l'appellation de grand prêtre. Les prêtres et le groupe des pharisiens, c'est-à-dire en somme les Sadducéens et les pharisiens. Mais notre quatrième Évangile ne nomme jamais les Sadducéens. |
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| 7. | 33 |
alors il a dit ieschoua encore un peu de temps avec vous je suis et je m'en vais vers celui qui m'a envoyé |
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Encore un peu de temps avec vous je suis : le je suis inutile en hébreu, et donc absent de l'hébreu. |
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| 7. | 34 |
vous me chercherez et vous ne me trouverez pas et là où je serai moi vous vous ne pouvez pas venir |
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Là où je serai, eimi présent de l'indicatif en grec, mais en hébreu le verbe être est ici inutile et donc absent ; le traducteur en langue grecque a dû ajouter le verbe être absent de l'hébreu. Hébreu probable : wou-ba-ascher ani scham, traduction littérale : et là où toi, là ! |
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| 7. | 35 |
alors ils se sont dit les judéens chacun à son compagnon où donc celui‑ci va‑t‑il aller que nous ne puissions pas le trouver est‑ce que c'est dans [les pays de] la dispersion des grecs qu'il va aller et enseigner les grecs |
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Alors ils se dirent, les Judéens, chacun à son compagnon : vieille expression hébraïque que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois. Est-ce que c'est dans [les pays de] la dispersion des Grecs qu'il va aller pour enseigner les Grecs ? La question est de savoir si, dans cette proposition, dans cette question que se posent les Judéens, il s'agit dans leur pensée, d'un enseignement que le rabbi galiléen pourrait apporter aux Grecs, c'est-à-dire aux païens, aux incirconcis, ou bien aux frères et aux sœurs des synagogues dispersés sur tout le pourtour de la Méditerranée, et qui sont aussi appelés « Grecs » parce qu'ils vivent dans des pays où l'on parle le grec, de même qu'aujourd'hui les Juifs de France, d'Allemagne, d'Espagne, peuvent être appelés « Français », « Allemands » « Espagnols » en Israël. La seconde hypothèse nous paraît la plus probable. Il est peu vraisemblable que les Judéens se soient demandé si le rabbi galiléen allait enseigner les païens. L'hypothèse était exclue autour de l'année 30. C'est précisément le signe de Jonas qui n'est pas encore réalisé, et qui va se réaliser à partir de l'année 36. Par contre il n'est pas absurde de supposer que les Judéens se soient demandé si le rabbi galiléen n'allait pas enseigner les frères et les sœurs des synagogues du pourtour de la Méditerranée, où l'on parlait la langue grecque. C'est précisément ce que va faire Schaoul-Paulos à partir de l'année 44. Le mot grec diaspora est la traduction de l'hébreu gôlah, ou galout,araméen galoutah. |
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| 7. | 36 |
quelle est donc cette parole qu'il a dite vous me chercherez et vous ne me trouverez pas et aussi là où je serai vous ne pouvez pas venir |
| 7. | 37 |
et il advint dans le jour qui venait après le grand [jour] de la fête il se tenait debout ieschoua et il a crié et il a dit si quelqu'un a soif qu'il vienne vers moi et qu'il boive |
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Dans le jour suivant, ou : le jour d'après... grec en tè eschatè hèmera, hébreu be-iôm ha-aharôn, qui signifie bien : le jour qui vient après, et non pas : le dernier jour. Cela n'exclut pas d'ailleurs qu'il s'agisse de fait du dernier jour, mais ce n'est pas ce que dit le texte. Le grand jour, le jour le plus important, était sans doute le septième jour de la fête des huttes de branchages, qui était clôturée par un huitième jour, le dernier. Le septième jour de la fête des huttes fut appelé jour de hôschana, parce que l'on criait : Hôschiah na, sauve-donc ! Psaume 118, 25. |
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| 7. | 38 |
celui qui est certain de la vérité [qui est] en moi comme le dit l'écriture des fleuves de son ventre s'écouleront [des fleuves] d'eaux vivantes |
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D'eaux vivantes : hébreu les eaux vivantes, maïm haiim. Isaïe 12, 2 : Voici le Dieu de mon salut, hébreu el ieschouati. J'aurai pleinement confiance et je ne serai plus terrorisé. Car ma force et mon chant, c'est YHWH ! Il a été pour moi le salut, lischoua. Vous puiserez des eaux dans la joie, en les tirant des sources du salut, mi-maainei ha-ieschoua. |
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| 7. | 39 |
cela il le disait au sujet de l'esprit qu'ils allaient recevoir ceux qui sont certains de la vérité [qui est] en lui car il n'était pas encore [communiqué] l'esprit parce que ieschoua il n'avait pas encore été glorifié |
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Cela il le disait au sujet de l'esprit... Commentaire soit du rédacteur du texte hébreu, soit du traducteur, soit des deux ensemble. L'esprit saint, hébreu ruah ha-qôdesch. Car il n'était pas encore communiqué... Certains manuscrits donnent : car il n'était pas encore, l'esprit, ou plus exactement : il n'y avait pas encore d'esprit. D'autres manuscrits donnent : d'esprit saint. D'autres manuscrits : l'esprit n'était pas encore donné. D'autres : l'esprit saint donné... D'autres enfin : l'esprit saint sur eux... Ces variantes nombreuses attestent la difficulté devant laquelle se trouvaient les interprètes de ce texte. Bien entendu, ce texte ne signifie pas que le saint esprit n'existait pas encore, puisque le saint esprit, c'est Dieu lui-même qui est esprit. Ce texte signifie évidemment que le saint esprit, à savoir l'esprit de Dieu, à savoir Dieu lui-même qui est esprit, n'avait pas encore été communiqué à la communauté comme il va l'être, avec surabondance, comme des fontaines jaillissantes, à partir du jour de la Pentecôte, Actes 2, 4 : Et ils furent remplis, tous, de l'esprit saint et ils commencèrent à parler en d'autres langues, comme l'esprit leur donnait de les prononcer. La difficulté qu'ont rencontré les plus anciens interprètes de ce texte provient sans doute de nouveau de ce que dans le texte hébreu primitif il n'y avait pas le verbe être, qui se trouve dans notre traduction grecque. Il n'y avait pas non plus d'article devant ruah, comme il n'y a pas d'article devant pneuma. Le plus vraisemblable c'est l'hébreu ein ruah, pas d'esprit ! De même que nous lisons Psaume 14, 1 ein elohim, pas de Dieu ! Ein rôani, Isaïe 47, 10, il n'y a personne pour me voir. Ein rôeh, 1 Samuel 26, 12, il n'y a pas de voyant. Ein ôd, Isaïe 45, 5, il n'y a personne d'autre. Ein Iônatan, 1 Samuel 14, 17, pas de Jonatan ! Iôseph einenou, Genèse 42, 36 : Plus de Joseph ! Ki ein isch, Exode 2, 12 : qu'il n'y avait personne. Ein kôî hadasch tahat ha-schamesch, Qohélet, 1, 9, il n'y a rien du tout de nouveau sous le soleil ! Dans tous ces cas, en hébreu, le verbe être est inutile. Le traducteur en langue grecque l'a ajouté dans sa traduction, à cause des exigences de la langue grecque, d'où les difficultés des interprètes ultérieurs. |
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| 7. | 40 |
parmi les gens de la foule du peuple il y en a qui ont entendu ces paroles et ils ont dit celui‑ci il est véritablement le prophète |
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Parmi la foule, il y a des gens qui ont entendu... Traduction littérale et mot à mot du texte grec : De la foule donc ayant entendu ces paroles, ils dirent... C'est une construction hébraïque traduite en grec. Exode 16, 27 : Et il advint, lors du septième jour, ils sortirent (sous-entendu : des gens) du peuple, pour ramasser (du man) et ils ne trouvèrent pas... De plus et comme d'habitude le traducteur en langue grecque a transformé la première proposition, qui était à l'indicatif, en une proposition régie par un participe grec. Nous avons restauré, comme d'habitude aussi, la construction initiale. Celui-ci, il est vraiment le prophète... Le prophète attendu depuis des siècles, Deutéronome 18, 15 : Un prophète pris du milieu de toi, pris d'entre tes frères, tout comme moi, il suscitera pour toi, YHWH ton Dieu ! Celui-là, vous l'écouterez... Deutéronome 18,18 : Un prophète je susciterai pour eux pris du milieu de leurs frères, comme toi, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai... |
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| 7. | 41 |
d'autres ont dit celui‑ci il est celui qui a reçu l'onction d'autres ont dit est‑ce qu'il est possible que de la galilée il vienne celui qui a reçu l'onction |
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Celui qui a reçu l'onction... Notre traducteur a traduit le mot meschiah en grec, christos. Nous faisons comme lui, nous traduisons christos en français. L'onction dont il s'agit est à la fois l'onction royale, sacerdotale et prophétique. Le oint par excellence est celui qui récapitule sur sa tête cette triple onction, ou du moins cette onction qui lui confère la triple dignité royale, sacerdotale et prophétique. |
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| 7. | 42 |
est‑ce que l'écriture ne dit pas que c'est de la semence de dawid et de beit lehem le village où était dawid que doit venir celui qui a reçu l'onction |
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De la semence de David... 2 Samuel 7, 12 : Lorsqu'ils seront remplis, tes jours, et que tu te seras couché avec tes pères, alors je susciterai ta semence après toi, celle qui sortira de tes parties intimes, et je rendrai ferme sa royauté. C'est lui qui bâtira une maison pour mon nom et je rendrai ferme le trône de sa royauté pour la durée éternelle à venir. Moi, je serai pour lui un père, et lui, il sera pour moi un fils... Psaume 89, 4 : J'ai conclu une alliance avec celui que j'ai choisi, je l'ai juré à David mon serviteur : Pour la durée éternelle à venir j'ai instauré ta semence, et j'ai construit pour les générations et les générations ton trône... Et de Beit-Lehem... Michée 5, 1 : Et toi, Beit-Lehem (maison du pain) Ephratah (l'ancien nom de Bethléem, Genèse 35, 19)... c'est de toi que, pour moi, sortira [celui qui sera] celui qui domine en Israël... Et ses origines depuis le temps de jadis, depuis les jours de la durée passée... |
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| 7. | 43 |
il y a donc eu division dans le peuple à cause de lui |
| 7. | 44 |
certains voulaient parmi eux l'arrêter mais personne n'a jeté les mains sur lui |
| 7. | 45 |
ils sont donc revenus les valets vers les prêtres et vers les perouschim et ceux‑ci leur ont dit pourquoi est‑ce que vous ne l'avez pas amené ici |
| 7. | 46 |
et ils ont répondu les valets jamais dans la durée passée un homme n'a parlé comme parle cet homme |
| 7. | 47 |
alors ils leur ont répondu les perouschim est‑ce que vous aussi vous avez été trompés |
| 7. | 48 |
est‑ce que l'un des chefs a été certain de la vérité en lui ou bien l'un des perouschim |
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Est-ce que l'un des chefs... Comme précédemment, la traduction les chefs n'est pas heureuse. Il s'agit des notables, des gens importants, de ceux qui gouvernent, qui dirigent, qui sont supposés savoir, qui font l'opinion, en ce temps-là comme aujourd'hui. |
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| 7. | 49 |
mais ce peuple qui ne connaît pas la tôrah ce sont des maudits |
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Mais ce peuple qui ne connaît pas la Torah... L'expression hébraïque qui se trouve sous le mot grec ochlos, le peuple, c'est am ha-aretz, le peuple du pays, le peuple de la terre. Cette vieille expression hébraïque désigne tout d'abord l'ensemble du peuple hébreu, le peuple tout entier, Ezéchiel 12, 19 ; 22, 29 ; etc. L'expression am ha-aretz désigne ensuite le peuple pour autant qu'il est distingué des rois, des princes et du clergé. Jérémie 1, 18 : Et moi, voici que je t'ai établi aujourd'hui en ville fortifiée, en colonne de fer, en murailles d'airain, sur tout le pays, pour les rois de Juda, pour ses princes, pour ses prêtres, et pour le peuple du pays, wou-le-am ha-aretz. Le peuple est donc ici distingué du roi, de l'aristocratie et du clergé. De même Jérémie 34, 19 ; 37, 2 ; 44, 21 ; Ezéchiel 7, 27 ; etc. Dans Esdras 10, 2, l'expression hébraïque am ha-aretz désigne les populations païennes : Nous avons commis un crime contre notre Dieu, nous avons pris des femmes étrangères, prises parmi les peuples du pays... Esdras 10, 11 : Séparez-vous des peuples du pays, me-ammei ha-aretz. De même Néhémie 10, 31 ; 10, 32. L'expression am-ha-aretz se trouve transposée — Esdras 6, 21 — en cette autre expression : les peuples, les nations païennes qui sont maintenant dans le pays. Et ils mangèrent les enfants d'Israël qui étaient revenus de la déportation, et tous ceux qui s'étaient séparés de l'impureté des peuples (païens) du pays, mi-thoumeat gôï-ha-aretz... Ces diverses expressions peuvent nous mettre sur la voie pour comprendre ce qu'étaient les perouschim, les séparés : ceux qui se séparaient du peuple du pays, du peuple ignorant et en grande partie païen, pour acquérir la pureté, la connaissance et la justice. On notera aussi que l'expression hébraïque am ha-aretz désigne, en partie, le peuple des paysans, et celui des ouvriers et artisans, de même que le français païen provient du latin paganus, qui désigne les gens qui habitent les villages et la campagne. On aperçoit peut-être mieux le conflit entre le rabbi galiléen Ieschoua et les perouschim, puisque manifestement le rabbi galiléen s'est mis, on pourrait presque dire par naissance, dans le camp des gens du pays, du petit peuple et qu'il n'a pas pour les techniques de la séparation et de la pureté rituelle toute la considération que les perouschim souhaitaient. Que l'on songe au système des castes dans l'Inde. Mutatis mutandis, les séparés, les perouschim voulaient maintenir et fortifier une distinction entre les purs et les impurs. Le rabbi galiléen s'est placé délibérément dans le camp des hors castes, des tschandala. |
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| 7. | 50 |
alors il leur a dit naqdimôn c'est lui qui était venu voir [ieschoua] auparavant il est l'un d'entre eux |
| 7. | 51 |
est‑ce que notre loi juge l'homme si on n'a pas tout d'abord entendu de sa bouche [ce qu'il a à dire] pour qu'on sache ce qu'il a fait |
| 7. | 52 |
alors ils lui ont répondu et ils lui ont dit est‑ce que toi aussi tu fais partie [de cette clique] de la galilée scrute [les écritures] et tu verras que de la galilée il ne s'est pas levé de prophète |
| 7. | 53 | et ils sont retournés chacun dans sa maison |
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Et ils sont retournés chacun dans sa maison... A partir de ce verset, nombres de manuscrits anciens — le plus grand nombre — ne comportent pas la page qui suit : l'histoire de la femme qui a été surprise avec un homme qui n'était pas son mari. Deux hypothèses se partagent les critiques. 1. Cette histoire a été ajoutée tardivement. 2. Ce passage a été retranché très anciennement. Augustin, dans un ouvrage précisément consacré au mariage et à l'adultère, De conjugiis adulterinis, II, 6, VII, écrit que certains, dont la foi était faible, ou plus exactement ennemis de la foi véritable, ayant peur que l'on ne tire de cette page une raison d'excuser leurs femmes infidèles, l'ont retirée de leurs manuscrits. Le fait est que l'on ne trouve pas cette page citée par les Pères de langue grecque, Origène, saint Jean Chrysostome, Théodore de Mopsueste, Cyrille d'Alexandrie, etc. |
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