Evangile de Jean - Traduction et Notes - Claude Tresmontant - Chapitre 10
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| 10. | 1 |
amèn amèn je vous [le] dis celui qui n'entre pas par la porte dans la cour du troupeau mais qui passe par ailleurs en escaladant celui‑là est un voleur et un malfaiteur |
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Nouveau tableau, nouvelle scène, distincts des précédents. Dans la cour : grec aulè, qui traduit l'hébreu hatzir, Exode 27, 9 ; 27, 12 ; 27, 13 ; 27 , 16-19 ; 35, 17 ; 38, 9 ; etc. ; Lévitique 6, 9 ; Nombres 3, 26 ; etc. ; 1 Rois 6, 36 : Puis il bâtit la cour intérieure.. 7, 8 ; 7, 12 ; 8, 64 ; 2 Rois 20, 4 qéré (= à lire, en marge) ; 21, 5 ; 23, 12 ; 1 Chroniques 23, 28 ; 28, 6 ; 28, 12 ; 2 Chroniques 4, 9 : La cour (ou : le parvis) des kôhanim... 7, 7 : Et il consacra, Salomon, l'intérieur de la cour, qui était devant la face de la Maison de YHWH... 20, 5 ; 23, 5 ; 24, 21 : Alors ils conspirèrent contre lui (contre Zacharie) et ils le tuèrent à coups de pierres, sur l'ordre du roi, dans la cour de la Maison de YHWH... 29, 16 ; 33, 5 ; Néhémie 3, 25 ; 8, 16 ; 13, 7 ; Isaïe 1, 12 ; Jérémie 19, 14 ; 26, 2 ; etc. ; Ézéchiel 8, 7 ; 8, 16 ; 10, 3 ; 10, 5 ; 40, 17 ; etc. ; 42, 1 ; etc. ; 43, 5 ; 44, 17 ; etc. ; 45, 19 ; 46, 1 ; etc. ; Psaumes 65, 5 ; 84, 2 ; 84, 11 ; 92,14 ; 96, 8 ; 100, 4 ; 116, 19 ; 135, 2. Dans tous ces textes, et d'autres, hatzir, grec aulè, c'est l'une des cours, — certains traduisent par parvis — du Temple, plus exactement de l'ensemble des constructions qu'en grec on appelle hieron. — Du troupeau : en grec ta probata, pluriel neutre, est la traduction constante du singulier hébreu tzôn, le troupeau de petit bétail, béliers et brebis, boucs et chèvres, etc. Genèse 4, 2 ; 4, 4 ; 12, 16 ; 13, 5 ; 20, 14 ; 21, 27 ; etc. Il s'agit du troupeau qui est le peuple de YHWH, du troupeau dont YHWH est le berger, du troupeau dispersé et qui n'a plus de berger, etc. Michée 2, 12 : Te réunir, je vais te réunir, Iaaqôb, tout entier ! Rassembler, je vais te rassembler, reste d'Israël ! Ensemble je les mettrai comme le troupeau de petit bétail, tzôn... Une Porte ! Et ils sont sortis par elle ! Et il est passé, leur roi, devant leurs faces ! Et YHWH à leur tête ! Isaïe 13, 14 : Comme un troupeau de petit bétail, et il n'y a personne pour rassembler ! Jérémie 13, 20 : Levez les yeux et voyez ceux qui viennent du Nord ! Où est-il donc le troupeau qui t'avait été donné, le troupeau, tzôn, de ta gloire ? Jérémie 23,1 : Hôï, malheur aux bergers qui conduisent à la perdition et qui dispersent le troupeau, tzôn, de mon pâturage, oracle de YHWH ! C'est pourquoi ainsi a parlé YHWH, Dieu d'Israël contre les bergers qui font paître mon peuple : Vous, c'est vous qui avez dispersé mon troupeau, vous les avez chassés, vous n'avez pas veillé sur eux, racine hébraïque paqad, qui a donné paqid, grec episkopos, français évêque, celui qui est chargé de veiller sur le troupeau. Voici que moi je viens vous visiter, toujours la racine hébraïque paqad. Et moi je vais rassembler le reste de mon troupeau, hébreu tzôni, de tous les pays où je les ai chassés... Jérémie 50, 6 : Un troupeau de bêtes perdues, tel était mon peuple. Leurs bergers les avaient égarés... Ézéquiel 34, 2 : Fils de l'homme, prophétise sur (contre) les bergers, ceux qui font paître, participe présent du verbe hébreu raah, faire paître un troupeau — contre les bergers d'Israël ! Prophétise et tu leur diras, aux bergers : Ainsi a parlé le Seigneur YHWH ! Hoï, malheur aux bergers d'Israël, qui sont bergers pour eux-mêmes, qui se font paître eux-mêmes ! Est-ce que ce n'est pas le troupeau qu'ils font paître, les bergers ? Le lait, vous l'avez mangé ; la laine, vous vous en êtes vêtus ; celle qui était grasse, vous l'avez sacrifiée, mais le troupeau, vous ne l'avez pas fait paître ! Celles qui étaient faibles, vous ne les avez pas fortifiées ; celle qui était malade, vous ne l'avez pas soignée ; celle qui s'était brisé un membre, vous ne l'avez pas pansée ; celle qui s'était écartée, vous ne l'avez pas ramenée ; celle qui était perdue, vous n'êtes pas allés la chercher. Mais avec violence vous avez exercé votre domination sur elles, et avec dureté. Elles se sont dispersées, parce qu'il n'y avait plus personne pour les faire paître, et elles sont devenues une proie pour toutes les bêtes sauvages des champs et elles ont été déchirées. Elles ont erré, les bêtes de mon troupeau, sur toutes les montagnes, et sur toute colline élevée, et sur toute la face de la terre. Elles se sont dispersées, les bêtes de mon troupeau, et il n'y a personne pour les rechercher, et il n'y a personne qui s'en soucie. C'est pourquoi, les bergers, écoutez la parole de YHWH... Ézéchiel 34, 11 : Car ainsi a parlé le Seigneur YHWH : Me voici, moi ! Je rechercherai mon troupeau... Je les ferai sortir hors des peuples et je les rassemblerai depuis les pays et je les ferai venir sur leur terre et je les ferai paître sur les montagnes d'Israël... C'est moi qui ferai paître mon troupeau... Celle qui est perdue, je la rechercherai ; et celle qui s'est écartée, je la ferai revenir ; à celle qui s'est brisé un membre, je ferai un pansement ; celle qui est malade, je la fortifierai... Ézéchiel 34, 23 : Et puis je susciterai sur eux un berger unique, rôeh ehad, et il les fera paître : mon serviteur David ! C'est lui qui les fera paître et c'est lui qui sera pour eux le berger ! Et moi, YHWH, je serai pour eux Dieu, et mon serviteur David [sera] prince au milieu d'eux... Vous mon troupeau, troupeau de mon pâturage, vous êtes l'humanité, hébreu adam atem, et moi, je suis votre Dieu, oracle du Seigneur YHWH ! Isaïe 53,6, sans doute postérieur au retour de la captivité de Babylone : Nous tous, comme un troupeau, nous étions dispersés, chacun s'en allait son chemin... Psaume 44, 12 : Tu nous a donnés, comme du troupeau de bêtes bonnes à manger, et parmi les nations païennes tu nous as dispersés... Psaume 74, 1 : Pourquoi, Dieu, rejettes-tu sans fin ? Pourquoi est-elle fumante, ta narine, contre le troupeau de ton pâturage ? Souviens-toi de ta communauté, que tu t'es acquise, jadis... Psaume 77, 21 : Tu as guidé, comme un troupeau, ton peuple, dans la main (par la main) de Môscheh et de Aharôn... Psaume 80, 1 : Berger d'Israël, prête l'oreille ! Toi qui conduis, comme un troupeau, Iôseph... Psaume 95, 7 : Car lui il est notre Dieu, et nous, nous sommes le peuple de son pâturage, le troupeau de sa main ! Aujourd'hui si sa voix vous l'entendez, n'endurcissez pas votre cœur... Psaume 100, 3 : Connaissez que YHWH, c'est lui qui est Dieu ! Lui, il nous a faits, et non pas nous. Son peuple nous sommes, et le troupeau de son pâturage ! Dans tous ces textes et dans beaucoup d'autres, le singulier collectif hébreu tzôn est traduit par le pluriel neutre grec ta probata. Nous restaurons donc l'hébreu qui est sous le grec. Il ne faut pas traduire : les brebis, car il ne s'agit pas plus, ni moins, des brebis que des béliers, des boucs ou des chèvres. Lorsque, dans Jean 10, 1, le Seigneur parle de la porte, de la cour et du troupeau, des centaines de textes hébreux se présentaient à la mémoire de ceux qui l’écoutaient. Nous n'oublions pas que lorsque le Seigneur tenait ces propos, il se trouvait probablement dans l'une des cours de la grande construction appelée en grec hieron. |
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| 10. | 2 |
mais celui qui entre par la porte celui‑là est le berger du troupeau |
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Est le berger du troupeau, en grec poimèn sans l'article, qui traduit l'hébreu rôeh ha-tzôn. Les noms qui sont dans cet état, que les vieux grammairiens ont appelé « construit » (construit avec...), sont déjà déterminés par le mot auquel ils se rapportent, ils ne prennent jamais l'article. Ainsi dans notre cas, roeh, le berger, est construit avec ha-tzôn, du troupeau. C'est pourquoi roeh ne prend pas l'article. Et le traducteur en langue grecque a suivi fidèlement son modèle hébreu. |
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| 10. | 3 |
à celui‑là il ouvre le gardien de la porte et le troupeau entend sa voix et les bêtes de son troupeau il les appelle par leur nom |
| 10. | 4 |
et il les fait sortir lorsqu'il a fait sortir tout le troupeau qui est à lui devant la face des bêtes de son troupeau il marche et son troupeau marche derrière lui parce qu'ils connaissent sa voix |
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Devant la face... Grec emprosthen, hébreu le-phanim. En hébreu tzôn est un collectif, qui signifie un ensemble. C'est pourquoi il est construit avec des termes qui indiquent la multiplicité des éléments de cet ensemble. Constant en hébreu. En grec au contraire, la règle célèbre depuis des générations, ta zôa trechei, énonce que si le sujet est un pluriel neutre — ce qui est le cas ici — le verbe se met ordinairement au singulier, le pluriel neutre étant compris comme un terme collectif singulier. En hébreu : we-ha-tzôn hôlekim aharaiô ki iadeou et-kôlô, et le troupeau, ils vont derrière lui, parce qu'ils connaissent sa voix... |
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| 10. | 5 |
et derrière un étranger ils ne marcheront pas mais ils s'enfuiront loin de sa face parce qu'ils ne connaissent pas la voix des étrangers |
| 10. | 6 |
voilà la comparaison qu'il a dite ieschoua à leurs oreilles mais eux ils n'ont pas connu ce que c'était ce qu'il leur disait |
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Voilà la comparaison... Grec paroimia, traduction de l'hébreu mâschâl, Proverbes 1,1 ; 25,1. Les traducteurs de Matthieu, Luc et Marc utilisent le mot grec parabole pour traduire l'hébreu mâschâl. Le traducteur de Jean ne se sert pas de parabole. Le mâschâl est une comparaison, une analogie, dont le premier terme est une donnée de l'expérience : un homme a planté une vigne, un semeur est sorti pour semer sa semence, une femme a mis du levain dans sa pâte ; le second terme est une réalité non-empirique, mais spirituelle, à laquelle l'intelligence est conduite précisément par la méthode de l'analogie. C'est la méthode constante d'enseignement du rabbi galiléen. Ceux qui ne savent pas effectuer le passage de la donnée empirique à la réalité spirituelle visée, ne connaissent pas le sens du mâschâl. C'est le cas ici. |
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| 10. | 7 |
alors il a recommencé ieschoua et il leur a dit amèn amèn je vous [le] dis c'est moi qui suis la porte du troupeau |
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La Porte du Troupeau de petit bétail : en hébreu anôki schaar ha-tzôn. Il ne faut pas oublier que cette porte existait en réalité, Néhémie 3, 1 : Et il se leva, Eliaschib, le grand prêtre, et ses frères les prêtres, et ils construisirent la Porte du Troupeau, schaar ha-tzôn. Eux, ils la consacrèrent, ils en posèrent les battants... Cette Porte du Troupeau de petit bétail se trouvait au nord du Temple, dans la muraille nord, non loin de l'angle nord-est. C'est cette porte qui est désignée en abrégé, Jean 5, 2 : Il y a, à Ierouschalaïm, près de la [...] du Troupeau, une piscine... Pour dire : C'est moi la Porte du Troupeau, l'hébreu n'a pas besoin du verbe être, inévitable en grec comme en français. |
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| 10. | 8 |
tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des malfaiteurs mais ils n'ont pas écouté leur voix [ceux du] troupeau |
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Tous ceux qui sont venus avant moi, sont des voleurs et des brigands : les savants commentateurs se désolent de voir le verbe grec èlthon, aoriste du verbe grec erchomai, venir, associé avec eisin, présent de l'indicatif du verbe être. En hébreu il n'y a pas de verbe être à cet endroit non plus, et donc la difficulté disparaît. |
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| 10. | 9 |
c'est moi qui suis la porte en passant par moi si quelqu'un entre il sera sauvé il entrera et il sortira et un pâturage il trouvera |
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C'est moi qui suis la porte : sans le verbe être en hébreu, anôki ha-schaar. |
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| 10. | 10 |
le voleur lui n'entre que pour voler pour égorger et pour détruire moi je suis venu pour qu'elle soit à eux la vie et qu'elle soit à eux surabondante |
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Moi je suis venu pour que la vie soit à eux et qu'elle soit à eux surabondante : en hébreu le verbe avoir n'existe pas ici. |
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| 10. | 11 |
c'est moi qui suis le bon berger le bon berger met son âme [dans la paume de sa main] pour son troupeau |
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C'est moi qui suis le bon berger : sans le verbe être en hébreu. Allusion au berger annoncé par les anciens prophètes. Le bon berger met son âme dans la paume de sa main... Expression hébraïque ancienne, Juges 12, 2 : J'ai vu que tu ne m'étais d'aucun secours, alors j'ai mis mon âme dans la paume de ma main, et je suis passé à l'attaque contre les fils d'Ammon... 1 Samuel 19, 5 : il a mis son âme dans la paume de sa main et il a frappé le Philistin... 1 Samuel 28, 21 : Voici, elle a écouté, ta servante, ta voix et j'ai mis mon âme dans la paume de ma main... Job 13, 14 : Pourquoi donc est-ce que j'emporte ma chair dans mes dents et mon âme, je l'expose dans la paume de ma main... Isaïe 53,10 : Si tu exposes son âme... Le traducteur en langue grecque de Jean a traduit l'expression en l'abrégeant, comme il fait souvent. C'était une expression comprise en milieu de langue hébraïque, incompréhensible en milieu de langue grecque. Les variantes dans les manuscrits attestent l'embarras des copistes en présence de cette expression étrange pour eux. |
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| 10. | 12 |
celui qui reçoit un salaire et qui n'est pas le berger il n'est pas à lui le troupeau il voit le loup qui arrive il abandonne le troupeau et il s'enfuit et le loup arrache [les bêtes du troupeau] et il disperse [le troupeau] |
| 10. | 13 |
parce que c'est un homme qui est payé et il ne se soucie pas du troupeau |
| 10. | 14 |
moi je suis le bon berger je connais ceux [de mon troupeau] qui sont à moi et ils me connaissent ceux qui sont à moi |
| 10. | 15 |
de même qu'il me connaît le père moi aussi je connais le père et mon âme je la mets [dans la paume de ma main] pour mon troupeau |
| 10. | 16 |
et un autre troupeau est à moi qui n'est pas issu de cette cour‑ci et ce troupeau‑là je vais le conduire et ma voix ils l'entendront et ils deviendront un seul troupeau et unique [sera] le berger |
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Et un autre troupeau est à moi... Il est raisonnable de supposer que l'autre troupeau auquel fait allusion le Seigneur ici, c'est le grand troupeau des hommes et des femmes venus du paganisme, qui vont entrer dans quelques années, après l'année 36 sans doute, dans l'économie du monothéisme hébreu, dans l'économie de la promesse faite à Abraham, à Isaac et à Jacob. C'est la réalisation du signe de Jonas. Un seul troupeau, un unique berger : c'est le thème que Paul va approfondir et développer dans ses grandes lettres dogmatiques. Ëphésiens 2, 11 : C'est pourquoi souvenez-vous, vous qui étiez alors les nations païennes dans la chair, vous qui étiez appelés l'incirconcision par ceux qui s'appellent eux-mêmes la circoncision, vous étiez en ce temps-là sans Christ, étrangers à la cité d'Israël, étrangers aux alliances de la promesse. Vous étiez sans espérance et sans Dieu dans le monde de la durée présente. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches, dans le sang du Christ. Car lui il est notre paix, lui qui, des deux (parties de l'humanité) a fait un seul (peuple), lui qui a détruit le mur de séparation (entre Israël et les nations païennes)... Par conséquent vous n'êtes plus étrangers, mais vous êtes maintenant concitoyens des saints et de la maison de Dieu, vous êtes bâtis sur le fondement des envoyés et des prophètes. La pierre angulaire, c'est le Christ Jésus. C'est en lui que toute la construction trouve sa cohérence et qu'elle croît pour devenir un Temple saint dans le Seigneur. Et en lui vous aussi vous êtes en construction, avec les autres, pour réaliser un lieu où Dieu demeure, dans l'esprit... On remarque que le nouveau Temple, celui qui remplace le Temple de pierres qui va être détruit, c'est la nouvelle humanité, informée et créée nouvelle par Dieu même, le Corps du Christ. |
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| 10. | 17 |
c'est la raison pour laquelle il m'aime mon père parce que moi je mets mon âme [dans la paume de ma main] afin de la reprendre de nouveau |
| 10. | 18 |
personne ne me la prend de force mais c'est moi qui la mets [dans la paume de ma main] de moi‑même il est en mon pouvoir de la poser [dans la paume de ma main] et il est en mon pouvoir de la reprendre de nouveau ce commandement je l'ai reçu de mon père |
| 10. | 19 |
il y a eu de nouveau division parmi les judéens a cause de ces paroles |
| 10. | 20 |
ils disaient nombre d'entre eux un esprit mauvais est en lui il est fou pourquoi est‑ce que vous l'écoutez |
| 10. | 21 |
mais d'autres disaient elles ne sont pas ces paroles celles d'un homme qui est possédé d'un esprit mauvais et d'ailleurs est‑ce qu'un esprit mauvais peut ouvrir les yeux des aveugles |
| 10. | 22 |
il y a eu alors la fête de hanoukkah à ierouschalaïm c'était l'hiver |
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Nouveau tableau, nouvelle scène, toujours à Jérusalem, et encore dans l'enceinte du Temple. La fête de hanoukkah, en grec ta egkainia, qui n'existait pas dans la langue grecque, à part la traduction de la Bibliothèque hébraïque. Grec de traduction, grec de synagogue. Incompréhensible pour un païen. Deutéronome 20, 5 : Qui est l'homme qui a construit une maison neuve, et qui ne l'a pas inaugurée ? Le verbe hébreu hanak : Qu'il s'en aille et qu'il retourne dans sa maison, de peur qu'il ne meure dans la guerre, et qu'un autre homme ne l'inaugure. Traduction grecque : le verbe egkainizô, grec de synagogue. 1 Rois 8, 63 : Et ils inaugurèrent — toujours le verbe hébreu hanak — la Maison de YHWH, le roi et tous les fils d'Israël. Grec : le même verbe egkainizein, forgé pour traduire le verbe hébreu. 2 Chroniques 7, 5 : Et ils inaugurèrent, hébreu hanak, la Maison de Dieu, le roi et tout le peuple. Grec egkainizein. Psaume 30, 1 : Psaume, chant de l'inauguration de la Maison, schir hanoukat ha-bait, grec ôdès tou egkainismou tou oikou. Nombres 7, 10 : Et ils firent approcher, les princes, pour l'inauguration, hanoukat, de l'autel des sacrifices, au jour où on l'oignit, ils firent approcher, les princes, leur offrande... Grec : egkainismon. Néhémie 12, 27 : Et lors de l'inauguration, hanoukat, de la muraille de Ierouschalaïm, ils recherchèrent les fils de Lévi, de tous leurs lieux, de partout, pour les faire venir à Ierouschalaïm, pour faire l'inauguration, hanoukah, et la joie... Grec : egkainia. 2 Chroniques 7, 8 : Et il fit, Salomon, la fête, en ce temps-là, pendant sept jours, et tout Israël avec lui, quelle grande assemblée ! Et ils firent, au huitième jour, la clôture, car l'inauguration, hanoukat, de l'autel des sacrifices, ils l'avaient faite pendant sept jours, et la fête pendant sept jours... Après le retour de la grande Déportation, lorsqu'ils ont reconstruit le Temple, Esdras 6,14 : Et les anciens parmi les Judéens ont construit et ils ont réussi, selon la prophétie de Aggée le prophète, et de Zacharie... Et ils achevèrent cette Maison... Et ils firent, les fils d'Israël, les prêtres, les lévites, et le reste des fils de la déportation, l'inauguration, hanoukat, de la Maison de Dieu... Grec : egkainia. Daniel 3, 2 raconte que le roi Nabuchodonosor a fait faire une statue en or, et qu'il a fait rassembler les satrapes, les préfets, les gouverneurs, etc., pour procéder à l'inauguration, hanoukat, de la statue. Grec : egkainismon. En 165 avant notre ère, après la profanation du Temple par Antiochus Épiphane, Judas et ses frères montent purifier le Lieu saint et faire une nouvelle inauguration, katharisai ta hagia kai egkainisai, 1 Maccabées 4, 36. La fête de l'inauguration durait huit jours. Nous savons par Flavius Josèphe, Antiquités, XII, VII, qu'on allumait des torches pour illuminer la nuit. Il va sans dire que pour un païen de la fin du ier siècle ou du début du iie, l'expression grecque ta egkainia que nous lisons ici, Jean 10, 22, avait aussi peu de sens que pour un païen d'aujourd'hui. Un signe de plus que la traduction en langue grecque de notre Évangile de Jean était destinée tout d'abord aux frères et aux sœurs des villes du pourtour de la Méditerranée, et non pas aux païens qui n'y pouvaient rien comprendre. La traduction de notre Évangile de Jean est dans la même situation que la traduction en grec de l'Évangile de Matthieu. Ce sont probablement les deux Évangiles les plus anciens, et les deux traductions sont aussi les deux plus anciennes. |
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| 10. | 23 |
il allait et venait ieschoua dans l'enceinte du temple sous le portique de salomon |
| 10. | 24 |
alors ils l'ont entouré les judéens et ils lui ont dit jusques à quand soulèveras‑tu nos âmes [vers toi] si toi tu es celui qui a reçu l'onction dis‑le‑nous ouvertement |
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Les Judéens, comme précédemment. La traduction en langue grecque de notre Évangile s'adresse à des frères et à des sœurs des synagogues du pourtour de la Méditerranée qui ne sont pas Judéens, en ce sens qu'ils ne sont pas natifs du pays de Juda, du royaume ou de l'ancien royaume de Juda, de la Judée, et qu'ils n'y séjournent pas habituellement, ils n'y habitent pas. Ils ne parlent pas la langue du pays de Juda, iehoudit, 2 Rois 18, 26, traduction grecque ioudaïsti. Jusqu'à quand vas-tu soulever notre âme ? Vieille expression hébraïque, incompréhensible pour les païens de la fin du premier siècle de notre ère, comme pour les païens d'aujourd'hui. Deutéronome 24, 14 : Tu ne feras pas de tort au salarié, sakir, au pauvre, ani, à l'indigent, ebiôn qui fait partie de tes frères, ou bien étranger, hébreu ger, grec prosèlutos, qui sera dans ton pays, dans tes portes. Le jour même tu lui donneras son salaire, hébreu sakar, grec misthos, et il ne viendra pas [se coucher] sur lui, le soleil, parce qu'il est pauvre, lui, et que vers cela (vers son salaire) il lève son âme, hou nôse et-napheschô. Les traducteurs en langue grecque n'ont pas osé traduire littéralement. Ils ont donné une approximation : et en lui, dans son salaire, il a son espérance... Osée 4, 8 : Le péché de mon peuple, ils le mangent, et vers leurs fautes, ils élèvent leurs âmes... Proverbes 19, 18 : Corrige ton fils, puisqu'il y a de l'espérance, et vers sa mort n'élève pas ton âme... Psaume 24, 4 : Qui montera à la montagne de YHWH ? Et qui se tiendra debout dans son lieu de sainteté ? Celui qui est innocent, quant aux paumes de ses mains et qui est pur de cœur. Celui qui n'élève pas son âme vers le mensonge... Psaume 25, 1 : Vers toi YHWH, mon âme je l'ai élevée... Psaume 86, 4 : Réjouis l'âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j'ai élevé mon âme... Psaume 143, 8 : Car vers toi j'ai élevé mon âme... |
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| 10. | 25 |
et il leur a répondu ieschoua je vous l'ai dit et vous n'avez pas été certains que c'est vrai les actions que moi j'ai faites au nom de mon père ce sont elles qui attestent en ma faveur |
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Les actions que moi je fais... Comme précédemment, hébreu ha-maasim ascher ani ôseh, les actions que moi j'agis, même racine dans le substantif maaseh et dans le verbe asah. |
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| 10. | 26 |
mais vous vous n'avez pas été certains que cela est vrai parce que vous n'êtes pas de mon troupeau |
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Parce que vous n'êtes pas, ou : vous ne faites pas partie de mon troupeau... Par création, et par le consentement secret de la liberté, certains sont prêts à entendre la parole qui vient de Dieu, soit parmi les fils d'Israël, soit parmi les païens. Certains sont pré adaptés, préparés, à l'intelligence du message nouveau. D'autres ne le sont pas encore. Il existe donc un troupeau qui est virtuellement dessiné, avant même que le message ne lui soit communiqué. C'est ce que l'expérience montre tous les jours, depuis bientôt vingt siècles. |
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| 10. | 27 |
[ceux de] mon troupeau ils entendent ma voix et moi je les connais et ils marchent derrière moi |
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[Ceux de] mon troupeau... En hébreu, nous l'avons vu, tzôn est un singulier collectif, qui commande, comme c'est l'habitude en hébreu, un verbe au pluriel. Ici, le traducteur en langue grecque du document hébreu, a suivi de si près son document, qu'il a mis le verbe au pluriel, alors que le sujet de la proposition, en grec, est un pluriel neutre, ta probata, contrairement donc à la célèbre règle de grammaire ta zôa trechei, qui demande un verbe au singulier. |
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| 10. | 28 |
et moi je leur donnerai la vie de la durée éternelle qui vient et ils ne périront pas dans la durée éternelle qui vient et personne ne les arrachera de ma main |
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La vie de la durée éternelle qui vient, hébreu haii ôlam. Et ils ne périront pas dans la durée éternelle qui vient, hébreu le-ôlam ou ad-ôlam. Et personne ne les arrachera de ma main... Arracher de la main de, expression très fréquente en hébreu ancien, Genèse 32, 12 : Délivre-moi donc de la main de mon frère, de la main d'Esaü... Genèse 37, 21 : Et il entendit, Ruben, et il le délivra de leurs mains... 37, 22 : Afin de le délivrer de leur main... Exode 3,8 : Et je suis descendu pour le délivrer de la main de l'Egypte... Exode 18, 10 : Béni soit YHWH, qui vous a délivrés de la main de l'Egypte et de la main de Pharaon, lui qui a délivré le peuple de dessous la main de l'Egypte... |
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| 10. | 29 |
mon père qui me [les] a donnés est plus grand que tous et personne ne peut [les] arracher de la main de mon père |
| 10. | 30 | moi et mon père nous sommes un |
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Moi et mon père, nous sommes un. En hébreu : ani we-abi ehad anahenou, ou plus simplement encore : ani we-ha-ab ehad. En hébreu de nouveau le verbe être est inutile ici. Il était inévitable en traduction grecque. Ehad est traduit par le neutre grec hen. La distinction ontologique entre Dieu, l'unique Incréé, et l'Homme véritable uni à Dieu véritable, verus homo vero unitus Deo, est marquée. Les deux termes : moi et mon père. L'union et la distinction sont notées. Le traducteur en langue grecque du, ou des documents hébreux, s'est bien gardé de traduire par le masculin heis, et il n'y a pas de variante sur ce point parmi les manuscrits connus. L'inconnu ou les inconnus qui ont traduit Deutéronome 6, 4 : Écoute Israël ! YHWH notre Dieu, YHWH unique ! avaient traduit jadis l'hébreu ehad par le masculin grec heis : kurios ho theos hèmôn kurios heis estin. Dieu est absolument unique, absolument simple, simplex omnino, quatrième concile du Latran, 1215 ; una singularis, simplex omnino et incommutabilis substantia spiritualis, Vatican I, 1870. L'inconnu qui a traduit de l'hébreu en grec Jean 10, 30, ne dit pas que l'union entre Dieu l'unique Incréé, et l'Homme véritable uni à Dieu, celui qui dit « je » et « moi », se termine à, ou aboutisse à un seul individu, en grec le masculin heis. Et le concile œcuménique de Chalcédoine, en octobre 451, a défini solennellement que dans cette union entre Dieu incréé, et l'Homme créé, il convient de distinguer Dieu et l'Homme, ce qui est de Dieu et ce qui est de l'Homme. Et le concile romain de mars 680, ainsi que le concile œcuménique de Constantinople de mars 681, vont définir que dans cette union entre Dieu incréé et l'Homme créé, il convient de distinguer deux volontés naturelles, et deux opérations, deux libertés, unies sans conflit, sans contradiction et sans mélange. |
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alors ils ont ramassé de nouveau des pierres les judéens pour le tuer à coups de pierres |
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et il leur a répondu ieschoua [et il a dit] nombreuses [sont] les actions belles et bonnes que je vous ai montrées qui venaient de mon père à cause de laquelle de ces actions me jetez‑vous des pierres |
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Qui venaient de mon père : certains manuscrits grecs donnent ek tou patros, du père ; d'autres manuscrits grecs ek tou patros mou, de mon père. Mais l'on observe, dans de nombreux cas, que l'hébreu abi, mon père, est traduit en grec par pater, sans le pronom possessif. 2 Rois 2, 12 : Et Elischa le regardait et il criait : Mon père, mon père, hébreu abi abi, char d'Israël et sa cavalerie... Grec pater pater. 2 Rois 13, 14 : Et Elischa fut malade de sa maladie dont il allait mourir, et il descendit vers lui, Iôasch, roi d'Israël, et il pleura sur sa face et il dit : Mon père, mon père, hébreu abi abi, char d'Israël et sa cavalerie... Grec : pater pater... Il est donc très possible, il est même probable que, dans nombre de cas, là où nous lisons dans notre texte grec des Évangiles patèr, sans le pronom possessif, il faille reconstituer l'hébreu abi, mon père, par exemple Jean 10, 17 ; 10, 29 ; 10, 30; 10, 31 ;etc. |
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et ils lui ont répondu les judéens [et ils lui ont dit] ce n'est pas à cause d'une belle et bonne action que nous te jetons des pierres mais à cause d'une parole insolente à l'encontre de dieu et parce que toi qui es un homme tu te fais toi‑même dieu |
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A cause d'une parole insolente à l’encontre de Dieu, grec blasphèmia, qui traduit l'hébreu neatzah, Ézéchiel 35, 12, paroles insultantes ; schalah ou schalou, Daniel 3, 9, traduction grecque Theodotion blasphèmia. Le verbe grec blasphèmein traduit l'hébreu gadaph, 2 Rois 19,6 ; 19,22. Et parce que toi qui es un homme... Le et ici introduit à l'explicitation du « blasphème » de la proposition précédente. Fréquent en hébreu. Nombres 16, 30 : Mais si une création (nouvelle) il crée, Dieu, et si elle ouvre, la terre, sa gueule, et si elle les dévore... Le et introduit à une proposition qui explicite le contenu de la proposition précédente. |
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et il leur a répondu ieschoua [et il a dit] est‑ce qu'il n'est pas écrit dans votre tôrah moi je l'ai dit des dieux [vous êtes] vous |
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Est-ce qu'il n'est pas écrit dans votre Torah... Nous avons restitué l'hébreu Torah qui était sous la traduction grecque nomos, parce qu'ici moins que jamais la traduction française la loi ne convient. L'hébreu Torah signifie, nous l'avons noté, l'instruction, et la normative. Ici le texte cité, c'est le psaume 82, 6 : Vous êtes des dieux, en hébreu elohim atem, sans le verbe être. Le psaume poursuit : et des fils du Très Haut, tous ! Et cependant, comme l'homme, ke-adam, vous mourrez... |
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si ceux‑là il les a appelés dieux ceux à qui la parole de dieu a été adressée alors elle ne peut pas être abolie l'écriture [sainte] |
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Et s'il les a appelés « dieux », ceux à qui la parole de Dieu a été adressée... Le sujet de la proposition : Et s'il les a appelés..., c'est probablement Dieu lui-même qui, dans ce psaume, appelle « dieux » des hommes. Nous sommes en présence d'une construction hébraïque classique du type si... alors. Dans la Bibliothèque hébraïque, c'est le we, qui signifie et, qui exerce souvent la fonction logique que nous rendons par le français alors. Le traducteur en langue grecque a traduit littéralement le we hébreu par le grec kai. La structure logique du raisonnement est simple et claire : si c'est Dieu qui l'a dit, alors cette affirmation qui vient de Dieu ne peut être effacée. Le raisonnement semble être le suivant. Il est écrit dans un livre inspiré de Dieu, dans un livre qui contient une révélation, à savoir dans un psaume : Vous êtes des dieux ! Si Dieu lui-même dans ce psaume appelle « dieux » des hommes, alors il n'y a pas lieu de s'offusquer, ni de crier à l'insulte à l’encontre de Dieu, si j'appelle moi-même Dieu mon propre père. C'est à partir de ce texte, et d'autres, que les Pères de langue grecque ont élaboré la théorie de la teiôsis ou theopoièsis, la théorie de la divinisation de l'homme, qui est la théorie de l'Église. Le but, la finalité ultime de la création, c'est la divinisation de l'Homme nouveau créé, sans confusion des natures, sans confusion des personnes. L'Homme nouveau créé prend part à la vie même de Dieu, après une transformation, après une nouvelle naissance, après une métamorphose, qui fait de lui une nouvelle création. C'est la doctrine exposée par Paul après l'Évangile de Jean et à la suite de l'enseignement communiqué par Jean. C'est la doctrine de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse d'Avila. Et elle ne peut pas être abolie, l'Écriture sainte : le texte du psaume est un texte inspiré par Dieu, donc il a une autorité dogmatique, ontologique, il communique une connaissance qui vient de la part de Dieu. Le but de la création, c'est de faire des dieux, rien de moins. |
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celui que mon père a consacré et qu'il a envoyé dans le monde de la durée présente à celui‑là vous vous dites tu dis des insolences [contre dieu] parce que j'ai dit fils de dieu je suis moi |
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Celui que mon père a consacré... Le texte grec donne ho patèr, le père, mais il recouvre probablement l'hébreu abi, mon père. Jérémie 1,5: Avant que je te forme dans le ventre, je t'ai connu ! Et avant que tu sortes de la matrice, je t'ai consacré ! Prophète pour les nations païennes je t'ai donné d'être ! Celui que mon père a consacré... vous, vous dites... Il est évident que la phrase est anormale en grec, du point de vue grammatical. Cette anomalie s'explique par la construction hébraïque qui commence par le relatif ascher, qui est immuable quel que soit le genre et le nombre, et qui ici doit se traduire par : celui que... Parce que j'ai dit : fils de Dieu je suis, moi... En hébreu : ben elohim ani, ou ben elohim anôki, sans le verbe être, inutile. |
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si je n'agis pas les actions de mon père ne soyez pas certains de la vérité [qui est] en moi |
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Si je n'agis pas les actions de mon père... Comme précédemment, le verbe hébreu asah et le substantif maaseh. |
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mais si j'agis [les actions de mon père] si même vous n'êtes pas certains de la vérité [qui est] en moi de la vérité [qui est] dans ces actions au moins soyez certains afin que vous connaissiez et que vous soyez certains qu'il est vrai qu'en moi [il est] le père et moi [je suis] dans le père |
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Afin que vous connaissiez et que vous soyez certains de la vérité... Isaïe 43, 10 : Vous, vous êtes mes témoins, oracle de YHWH ! Et les serviteurs que j'ai choisis ! Afin que vous connaissiez et que vous soyez certains de la vérité qui est en moi, hébreu le-maan tedeou we-taaminou, et que vous compreniez que c'est moi, ki ani hou. Grec : hina gnôte kaipisteusète kai sunète hoti ego eimi. La certitude objective de la vérité, certitude de l'intelligence, en hébreu émounah, est associée à la connaissance, chez le prophète inconnu qui est l'auteur des oracles réunis à partir de Isaïe 40. Qu'en moi [il est], le père, et moi je suis dans le père : ici le traducteur en langue grecque a suivi le texte hébreu de très près, il n'a pas ajouté en grec le verbe être, qui est inévitable en français pour que la phrase tienne debout, et que nous mettons donc entre crochets. L'immanence réciproque entre Dieu incréé, et l'Homme créé, est enseignée ici. C'est la christologie de saint Paul, Colossiens 2, 9 : Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement. |
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alors ils ont cherché de nouveau à l'arrêter mais lui il s'est échappé de leurs mains |
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et il s'en est allé de nouveau de l'autre côté du iarden dans le lieu où se trouvait iôhanan au commencement lorsqu'il plongeait [les gens dans l'eau] et il est resté là |
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Et il s'en alla de nouveau de l'autre côté du Jourdain, hébreu eber ha-iarden. Celui qui a écrit cette proposition n'est pas à Éphèse, ni à Alexandrie, ni à Rome. Il est à Jérusalem. |
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et nombreux [sont ceux qui] sont venus vers lui et ils ont dit iôhanan n'a fait aucun signe mais tout ce qu'il a dit iôhanan au sujet de celui‑ci c'était la vérité |
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et nombreux [sont ceux qui] ont été certains de la vérité [qui est] en lui en cet endroit |
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